Lo païs que vol viure Le pays qui veut vivre
Des lecteurs ont souhaitaient que ma prose d'hier en occitan soient traduites en langue d'oïl. Aujourd'hui, les paroles françaises de Claude Marti, natif de l'Aude, chanteur occitan engagé depuis toujours: Lo païs que vol viure
Es lo ciprès quilhat
La Corbièra salada
Es lo vilatge mort
La tèrra abandonada.
Vos vau parlar d'un païs
Que vol viure
Vos vau parlar d'un païs
Que moris.
La tèrra la coneissètsz
Es la vòstra, amics
Es la teuna, vinhairon.
Tu me disiás ma maire:
« Ont vas viure mon filh ? »
Tu me disias ma maire:
« N'i a tant que son partits ! »
E Marcelin Albert
E la Comuna de Narbona
E los qu'an tuats los Crosats
E Marcelin Albert
E la Comuna de Narbona
Totis los qu'an cantat: Libertat !
Ma maire me rementi
Tot çò que disiás
Vòli cantar lo vent
Que parla en lenga d'òc
E Marcelin Albert
E la Comuna de Narbona
E los qu'an tuats los Crosats
E Marcelin Albert
E la Comuna de Narbona
Totis los qu'an cridat: Libertat !
Vos ai parlat d'un païs
Que vòl viure !
C'est le cyprès dressé
C'est la Corbière au goût de sel
C'est le village mort
La terre à l'abandon.
Je vais vous parler d'un pays
Qui veut vivre
Je vais vous parler d'un pays
Qui meurt.
La terre, vous la connaissez
C'est la vôtre, amis
C'est la tienne, vigneron.
Tu me disais, ma mère :
« Où vas-tu aller vivre, mon fils ? »
Tu me disais, ma mère:
« Il y en a tant qui sont partis ! »
Et Marcelin Albert
Et la Commune de Narbonne
Ceux que les Croisés ont tués
Et Marcelin Albert
Et la Commune de Narbonne
Tous ceux qui ont chanté: Liberté !
Je me souviens, ma mère
De tout ce que tu me disais
Je veux chanter le vent
Qui parle en langue d'oc
Et Marcelin Albert
Et la Commune de Narbonne
Ceux que les Croisés ont tués
Et Marcelin Albert
Et la Commune de Narbonne
Tous ceux qui ont crié: Liberté !
Je vous ai parlé d'un pays
Qui veut vivre !
Marcelin Albert, petit cafetier et vigneron d'Argelies dans l'Aude, considéré comme le meneur de la Révolte du Midi en 1907. Reçu par Clemenceau, chef du gouvernement et ministre de l'Intérieur, il a la naïveté d'accepter 100 francs pour payer son billet de retour en train.
Clemenceau donne sa version aux journalistes de la presse politique en mettant particulièrement en exergue l'histoire du billet de 100 francs. De retour dans l'Aude, le comité de défense désavoue son président Marcelin Albert et le traite de vendu. Ce qui n'était absolument pas fondé.
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