"La France aux racines chrétiennes", dixit urbi et orbi le pape Léon XIV à Paris. Ah bon?
Certes, combien de communes françaises n'ont pas d'église sur leur territoire, preuve indiscutable de la religion catholique omniprésente dans les villes et dans les campagnes. Alors quand débutent les racines chrétiennes de la France?
En 313, l'empereur Constantin 1er accorde la liberté de culte à toutes les religions sans faire du christianisme la religion de l'Etat. Mais l'esclavage, pilier économique et social de l'Empire, n'est pas aboli. Pour autant, un maître peut affranchir son esclave devant un évêque. Mais la législation préserve toujours les barrières de classe. L'égalité chrétienne spirituelle ne se traduit pas par l'égalité civile et les mariages sont interdits entre Romains libres et esclaves.
En 380, l'empereur Théodose 1er proclame le christianisme unique religion officielle de l'Empire et réprime tous les autres cultes. L'esclavage agricole de masse évolue au profit du servage. Le paysan, considéré comme personne libre, reste attaché à la terre qu'il cultive pour un maître. Ce dernier achète ou vend sa terre avec ses serfs.
L'histoire considère Clovis 1er, un Germain et donc un immigré dans notre bonne terre de France, comme premier roi chrétien en se faisant baptiser à Reims vers 496. Sa conversion lui permet d'obtenir l'appui du clergé omnipotent dans le quotidien des populations gallo-romaines, assujetties à l'église chrétienne, et d'étendre son pouvoir sur une grande partie de la Gaule.
Mais l'abolition du servage en France ne se déroule que de manière progressive du XIIe siècle jusqu'à la Révolution française par des actes dans les propriétés royales et des affranchissements locaux. Le roi de France est monarque absolu chrétien de droit divin et l'Eglise le premier des ordres, devant la noblesse et bien sûr le tiers-état.
Dans cette monarchie de droit divin, Louis XIV promulgue le Code noir, légitimant l'esclavage dans les colonies et réduisant les esclavagisés au statut de biens meubles. La Révolution française abolit l'esclavage en 1794. Mais Napoléon Bonaparte le rétablit en 1802.
Finalement, après la révolution de 1848, le gouvernement provisoire de la 2e République signe le décret d'émancipation des esclaves.
Mais dans les colonies de la France aux racines chrétiennes, les indigènes ne sont pas considérés comme citoyens français, y compris en Algérie divisée pourtant en deux départements de la France.
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