La bataille du rail est engagée
Toutes les organisations syndicales des cheminots appellent à manifester ce mardi 10 mai 2016 à Paris. Amplifions le rapport de force obtenu par la dernière grève à la SNCF. "La bataille est engagée", écrit Gilles Garrel, secrétaire général de la CGT-Cheminots. Et aussi cela:
Les fauves médiatiques s’acharnent sur les cheminots : mensonges, inepties, tous les coups sont permis pour nous livrer à la vindicte populaire.
C’est le patronat, et surtout la direction de la SNCF, qui refusent de négocier sur la base de propositions construites par la CGT et validées par les autres syndicats. Ce sont nos dirigeants qui contournent la loi au quotidien, qui poussent au crime nombre d’encadrants et qui ne respectent pas plus les textes réglementaires que la vie et la santé des cheminots. Mais les coupables désignés sont ceux qui n’acceptent pas de voir régresser leurs droits, qui défendent leurs « conquis » sociaux dans l’intérêt de la qualité et de la sécurité du service public ferroviaire fret et voyageurs.
Comme le suggère le projet de loi « El Khomri », il faudrait que les salariés acceptent la détérioration de leurs conditions de travail, la précarité et l’insécurité sociale, le gel des salaires et les destructions d’emploi alors, qu’en toute impunité, grands patrons et actionnaires s’emplissent les poches et pillent la Nation en cachant l’argent gagné sur notre dos au Panama. Ce gouvernement n’accepte pas la rébellion de la jeunesse. Main dans la main avec le Medef, il méprise la mobilisation des salariés. Sa seule réponse est la répression. Dans les combats engagés pour un Code du travail du XXIe siècle et une réglementation du temps de travail de haut niveau applicable à tous les cheminots, la CGT est force de propositions et à la pointe de l’action syndicale. Cette place incontournable est intolérable aux yeux des gouvernants du pays, du patronat et des médias à leur solde.
La légitimité de notre lutte de juin 2014 pour une autre réforme du système ferroviaire est aujourd’hui démontrée. Les cheminots mesurent la trahison. Le fruit de leur travail est englouti par les filiales Géodis, Kéolis et autre Ouibus. Il sert à financer une dette que les cheminots subissent. Nos dirigeants gèrent la SNCF comme une multinationale sacrifiant l’entreprise publique et ses salariés sur l’autel du business aux quatre coins du monde. Ce sont les usagers du rail et les cheminots qui payent la note de cette stratégie mortifère.
L’État se désengage de ses responsabilités sur les infrastructures ferroviaires et abandonne des pans entiers du territoire. Le gouvernement se plie aux injonctions libérales de Bruxelles en saccageant notre bien commun. Il nous appartient de nous engager, de mener la bataille des idées partout. Le moment est venu de construire et d’amplifier la mobilisation, de renforcer notre CGT. Notre victoire est à portée de main, allons la chercher !
Gilbert Garrel, secrétaire général.