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Publié par Le Mantois et Partout ailleurs

EN VENTE DANS LES BONNES LIBRAIRIES

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A MANTES-LA-JOLIE

Début août 1914, Mantes-sur-Seine, sous-préfecture de Seine-et-Oise. Pas de garnison dans ses murs et donc aucun défilé militaire en ville, fleurs au fusil.

Les journaux locaux, Journal de Mantes et Petit Mantais, ont beau prédire une victoire française très proche, comme le claironnent le gouvernement et l’Armée, un sentiment de bonheur n’étreint pas la population civile. Qui n’a pas un fils, un époux, un père, un frère, un fiancé ou un parrain, mobilisé pour partir à la guerre ?

 D’ailleurs, les conscrits mantais de la classe 1913, photographiés à l’issue du conseil de révision, l’ultime en temps de paix, les déclarant apte au service militaire, ne débordent pas d’enthousiasme. Et le Journal de Mantes, avant de se figer dans une fibre patriotique, d’écrire : « Quel serrement de cœur, quelle angoisse douloureuse pour ceux qui restent quand le mardi 4 août la dernière étreinte d’adieu consomme la cruelle séparation ! Quand les reverrons-nous ? Les reverrons-nous ? »

Dès le 10 août 1914, passent les premiers trains de blessés en gare de Mantes-Embranchement. La section militaire des infirmier-brancardiers, stationnée à Vernon, arrivent à Mantes par le premier train spécial de Normandie.

Le 21 août, s’arrête en gare le premier convoi sanitaire : 150 blessés du combat de Dinant, en Belgique. C’est la Croix-Rouge, dans l'infirmerie en gare, qui leur prépare une collation. 17 autres trains de blessés passent dans la nuit. Le lundi, deux trains s’arrêtent à Mantes à « 5 heures et 8 heures du soir ». Un convoi de 400 blessés n’en part qu’après un stationnement impromptu de plus de deux heures. A 4 heure du matin, toujours des soins et des collations par les « dames de la Croix-Rouge ». Tous ces trains se dirigent vers Rouen.

Ce même lundi, à 6 heures du matin « un convoi de 700 blessés » reçoit « les soins les plus empressés à la halte-repas de Mantes ». A 8 heures, le train reprend sa route vers Rennes. 130 prisonniers allemands blessés, dont 2 officiers, sont signalés par la presse. Quatre, soignés à l’hôpital auxiliaire n° 19, décèdent et sont enterrés au carré militaire du cimetière Duhamel de Mantes-la-Jolie.

C’est encore la Croix-Rouge française qui gère l’hôpital auxiliaire n° 19 dans l’école des filles réquisitionnée de Mantes-sur-Seine ; les médecins militaires sont venus prêter main-forte.

Le 23 août, arrive en gare une foule de réfugiés belges. Une centaine de locomotives de Belgique engorge le triage. A bord, des mécaniciens et chauffeurs, parfois avec leurs familles, ravitaillés par les cheminots de la cité Buddicom.

La population s’alarme. La Belgique, pays neutre, est-elle occupée par les Allemands ? Les nouvelles ne sont pas bonnes. Auguste Goust, député-maire de Mantes, a fait placarder, le 16 août, l’ordre de réquisition du riz, du lard, de la paille, de l’avoine, du seigle, de l’orge, du maïs, du son, du blé et de la farine. Et ces soldats du 18e régiment d’infanterie territoriale, qui viennent surveiller l’infrastructure ferroviaire, rappellent à bien des esprits l’occupation par l’Armée, lors de la grève générale des cheminots en 1910.

Début septembre, les Mantais perçoivent la canonnade des combats de l’Ourcq et de la Marne. Le 4 septembre 1914, les armées allemandes atteignent le canton de Luzarches en Seine-et-Oise. Le 9 septembre, quatre soldats français décèdent à l’hôpital auxiliaire n° 19 de Mantes.

Et les renforts normands, qui montent vers le front, croisent en gare de Mantes-Embranchement les convois de blessés revenant vers l’arrière après la sanglante bataille de la Marne.

(Extrait de mon ouvrage)


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