De plus en plus inquiet sur le verdict des urnes, le candidat de la droite est prêt à toutes les manipulations, y compris les plus grossières,
n’hésitant pas à se contredire ou énoncer des contre-vérités constatables par tous les électeurs.
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« Mais que dit-il (François Hollande) quand Tariq Ramadan ose appeler à voter pour (lui) ? (…) C’est monstrueux ! Voilà un homme qui appelle à voter pour
François Hollande ! » TF1, le 25/04.
Sauf que personne n’en a trouvé trace et que Tariq Ramadan lui-même – au passage, citoyen helvétique ne disposant pas du droit de voter en France – a catégoriquement démenti, renvoyant
même les deux candidats dos à dos. François Hollande a dénoncé « mensonges » et « amalgames », ajoutant : « Je n’ai pas à me justifier quand un individu peut dire qu’il n’aime pas le pouvoir
sortant. »
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« Non, non, je n’ai pas dit “vrai travail”. » TF1, le 25/04.
L’image est pourtant passée et repassée sur toutes les chaînes, et il est très facile de la retrouver sur le Web. Interrogé par des journalistes lors d’un rassemblement à Paris, le
23 avril, le président sortant avait annoncé un rassemblement au Trocadéro :
« Le 1er Mai, nous allons organiser la fête du travail, la fête du vrai travail. »
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« Il y a un appel des mosquées, qu’évoque l’hebdomadaire Marianne, en faveur
de François Hollande. » France Inter, le
26/04.
Marianne dément. En faisant mine de dénoncer « l’appel des mosquées », le président candidat, constate Marianne, veut faire oublier qu’il a lui-même tenté de rallier le vote des musulmans.
Par ailleurs, plusieurs responsables de l’islam en France ont souligné qu’à aucun moment, n’avait été envisagé un quelconque appel à voter pour l’un ou l’autre des
candidats.
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« Je pense qu’il peut y avoir, chez
certains dirigeants du Front national, notamment Jean-Marie Le Pen,
une dimension xénophobe. Mais pas
chez sa fille
Marine. Je n’ai pas
entendu ceci chez elle. » France Inter, le 26/04.
La candidate de l’extrême droite, Marine Le Pen, a précisé à plusieurs reprises qu’il n’y a pas de différences entre ses positions et celles de son père, Jean-Marie. Son programme, diffusé
avant le premier tour, est d’ailleurs truffé de prises de position xénophobes. Florilège : « L’immigration est source de tensions. » « L’immigration met à mal notre identité nationale. »
« Réaffirmation de notre modèle républicain et de ses valeurs contre le multiculturalisme… »
Et il faut ajouter à ce triste palmarès (pas exhaustif du tout), l'affirmation du président de la République et patron de l'Ump qu'il n'y avait eu aucune alliance de la
droite avec l'extrême droite. C'est oublier, hier, les conseils régionaux, dans le Languedoc-Rousillon ou en Rhône-Alpes, dirigés avec l'appui du Fn. Et au même moment où Nicolas Sarkozy
proférait cette contre vérité, Gérard longuet, son ministre de la Défense, membre de l'Ump, dans un long interview à Minute, feuille d'extrême droite, déclarait que Marine Le Pen pouvait
être un interlocuteur...
Et les porte-flingues de l'Ump ont beau jouer les vierges effarouchées et dire que cette initiative du ministre de la Défense est sans valeur, comment les croire? Sous le régime de Nicolas
Sarkozy (qui a pour conseiller spécial un ancien rédacteur de Minute), comment avaler qu'un ministre de cette importance peut aller, de son propre chef, garnir des colonnes dans une
feuille d'extrême-droite...
Gérard Longuet au temps de l'extrême droite, ce qui lui vaudra une comdamnation (à gauche, pour une fois, avec des lunettes)