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Publié par Le Mantois et Partout ailleurs

Aincourt gardienné par la police et la gendarmerie française, jamais par les bnazis occupants

Aincourt gardienné par la police et la gendarmerie française, jamais par les bnazis occupants

Marc Chevalier, préfet de Seine-et-Oise, dans une proclamation du 22 octobre 1940, dit collaborer avec les forces d'occupation nazies et met en garde les "mauvais Français" qui agiraient contre. Il paraphe la loi pétainiste sur le statut juif. Le 5 octobre 1940, sous sa gouverne, le sanatorium d'Aincourt, réquisitionné, devient un camp d'internement pour les indésirables selon Vichy, c'est à dire les militants du PCF et les dirigeants de l'ex-CGTU fichés par la police avant la guerre comme communistes. Le commissaire Andrey, des Renseignements généraux, est le directeur du camp d'Aincourt.

Le camp ferme ses portes en septembre 1942, la Résistance communiste prenant de plus en plus d'importance dans le Mantois et en région parisienne. Le camp, toujours sous la gouverne du préfet Marc Chevalier, devient alors une école pour les GMR, groupe mobile de réserve, unités paramilitaires chargées de combattre la Résistance et de pourchasser les juifs.

Plus de 1 000 hommes, femmes et enfants connurent les barbelés du camp d'Aincourt et leurs gardiens, gendarmes et policiers français armés par l'occupant nazi. Toutes les juives périrent dans les camps de la mort nazis. 7 hommes, distraits d'Aincourt par la police française ou la gestapo, furent fusillés au Mont-Valérien comme otages. D'autres, transférés dans d'autres camps, car "communistes dangereux", furent également exécutés par les Allemands après un tri opéré par l'administration française. D'autres, encore, périrent en déportation, toujours comme otages.

Mais que devient Marc Chevalier à la Libération, préfet pétainiste et collaborateur, patron du camp d'internement d'Aincourt ?

Le 11 janvier 1943, Marc Chevalier est nommé au Conseil d’État. Pétain avait défini ainsi le rôle de cet organisme de Vichy: « Le Conseil d’Etat entend non se borner à un geste, mais accomplir un acte. Vous restituez une tradition morte depuis le grand empereur dont le nom est inséparable de notre institution ; à un tel témoignage de confiance, comment ne répondriez-vous pas, non du bout des lèvres, mais du fond du cœur, par une promesse de fidélité. » En conséquence, les conseillers prêtent serment au Chef de l'Etat français.

Pour services rendus au régime, Marc Chevalier est décoré de l'ordre de la Francisque.

Le 25 mai 1944, l’officier SS Helmut Knochen, chef de la police allemande en France, écrit au général Von Stupnagel, commandant militaire de la France, pour qu’il conseille au régime de Vichy des Français collaborateurs dont le Conseiller d’état Marc Chevalier, « un fonctionnaire de métier » comme « secrétaire général au ministère de l’intérieur. »

Marc Chevalier  est suspendu du Conseil d’État le 8 septembre 1944. Mais il est mis à la retraite comme préfet que le 31 octobre 1944. C'est à dire qu'il conserve sa retraite de haut-fonctionnaire.

Il ne sera jamais condamné pour ses activités vichystes et collaborationnistes. En 1946, blanc comme neige donc, il est élu maire de Daillecourt dans la Haute-Marne. Son nom figure sur le fronton de la mairie pour des travaux accomplis comme magistrat municipal en 1952.

On le retrouve plus tard chef d'entreprise dans le Midi et il décède comme le plus paisible des hommes à Nice en 1976.

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