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Publié par Le Mantois et Partout ailleurs

La Retirada, février 1939: ¿Dónde están ustedes ? ("Où êtes-vous ?")

En février 1939, talonnés par les troupes fascistes du général Franco, des milliers de républicains catalans franchissent la frontière française des Pyrénées-Orientales. Les premiers d’un immense fleuve de misère de plus de 450 000 personnes, civils et militaires, hommes, femmes et enfants.

Le 26 janvier 1939, le front républicain de Catalogne a cédé et Barcelone a été prise par les fascistes. C'est le début de la fin de la guerre d'Espagne. Elle débuta en juillet 1936 par le coup d'état militaire de généraux fascistes contre la République espagnole de Front populaire, légalement issue des urnes.

Le 1er avril, vainqueur, le général Franco se déclare Caudillo de toute l'Espagne. Il fut aidé militairement et financièrement par l'Allemagne nazie et l'Italie Mussolinienne. Le gouvernement français de Front populaire du socialiste Léon Blum avait proclamé sa non-intervention.

La Retirada signifie à la fois retraite au sens militaire et aussi exode massif d'une population civile, entremêles pour franchir les Pyrénées en cet hiver 1939, pour sauver leur peau d'un ennemi qui ne fait pas de quartier.

Parce que des courriers lui parviennent, des appels de familles séparées, perdues dans la cohue, L'Indépendant, journal des Pyrénées-Orientales, ouvre une rubrique sur une page: ¿Dónde están ustedes ? "Où êtes-vous ?". En quelques jours, de deux colonnes, elle occupe deux pages. Cinq personnes sont employées au dépouillement d’un immense courrier, à son classement, à sa traduction en français, à la transmission des lettres aux intéressés.

Au terme de cinquante-trois jours, près de cent pages d’appels de quelques lignes ont été publiées, soit plusieurs centaines de milliers de noms. Elles sont distribuées dans les camps d'internements des Pyrénées-Orientales, ou la République française a emprisonné à la va-vite les républicains espagnols réfugiés, à l'intérieur des barbelés. Les pages sont aussi affichées au bon soin des préfectures et sous-préfectures de toute la région.

Le 3 avril, dans un courrier L’Indépendant, le Comité international de la Croix-Rouge "rend hommage au magnifique travail réalisé par votre journal et ses collaborateurs" auxquels il exprime ses "plus chaleureuses félicitations". La mission humanitaire de L’Indépendant prend fin le 4 avril. La Croix-Rouge internationale prend le relais.

A Narbonne, sous-préfecture de l'Aude, mon grand-père Eudaldo Casas, dirigeant local du syndicat anarchosyndicaliste catalan, la CNT, confédération nationale du travail, en prend connaissance.

A suivre...

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