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Publié par Le Mantois et Partout ailleurs

Première Guerre mondiale: des "Morts pour la France" en Russie soviétique

Tel est le cas de Robert Fusier, maraîcher à Chars, sur le canton de Magny-en-Vexin, autrefois dans l'arrondissement de Mantes, de la classe 1915 avancée d'un an à 1914, à cause des hécatombes dans l'armée française. 

Et le 19 décembre 1914, à 19 ans et quelques mois, il rejoint le 8e Bataillon de chasseurs. Promu caporal en 1916, au moment de son engagement en Russie, il est titulaire de trois Croix de guerre avec palme, étoile d’argent et étoile de bronze. Mais pourquoi être engagé en Russie?

Après le traité de paix de Brest-Litovsk, le 3 mars 1918, entre la jeune république soviétique et les empires d'Allemagne, d'Autriche-Hongrie, de la Turquie et de leurs alliés, depuis Abbeville, le 2 mai 1918, le Conseil de guerre suprême interallié décide l’envoi d’un corps expéditionnaire en Russie pour le 1er juillet. Il faut récupérer avoirs financiers et stocks d’armements entreposés en Russie quand le Tsar combattait avec les Alliés. Subsidiairement, on escompte dégager la Légion tchèque qui luttait avec les armées tsaristes, pour la ramener sur le front en France.

Ce corps expéditionnaire est formé par la France, la Grande-Bretagne, les USA, l'Italie, la Pologne, le Japon et la Serbie. Il va donc combattre directement l'Armée rouge soviétique et a pour allié les Russes blancs qui tiennent à restaurer le régime tsariste. 

Versé dans le 21e Bataillon de marche du 23e d’infanterie coloniale, le caporal français se retrouve donc en Russie. Après de petits succès, le 21e Bataillon de marche s'avance et s’accroche durablement avec les soldats soviétiques revenus en nombre. Robert Fusier meurt de ses blessures le 15 aout 1918 à Sélets-Koé. Il est inhumé sur place à 150 kilomètres d’Arkhangelsk et déclaré « Mort pour la France », comme le souligne son livret militaire. Le contingent français avait débarqué dans le port d'Arkhangelsk, chassé le petit contingent soviétique, la ville rendue aux Russes blancs et tenant lieu d'ambassades pour les Alliés en cette partie nord de la Russie. Voir Arkhangelsk sur la carte.

Cette expédition militaire des Alliés s’étendra jusqu’en 1920. Mais des soldats français rembarquent en février 1919 par suite de défaites militaires. Le détachement français est aussi miné par des mutineries, notamment parmi les marins de la Mer noire, le 58e d’infanterie ou le 21e Bataillon de marche d’infanterie coloniale. En décembre 1919, la politique française d’intervention militaire en Russie est définitivement liquidée.

Finalement, occultée par la victoire des Alliés lors de la Première Guerre mondiale, cette intervention militaire fut un échec cuisant pour la diplomatie des vainqueurs et leurs forces armées.

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