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Publié par Le Mantois et Partout ailleurs

Arrivée du Paris-Rouen à Mantes-la-Jolie

Arrivée du Paris-Rouen à Mantes-la-Jolie

En mai 1843, le Paris-Rouen inaugural s'arrête en gare de Mantes-Station. La compagnie est dirigée par le banquier français Charles Lafitte et le britannique Edouard Blount. Son but principal: faire commercer l'Angleterre depuis le port de Southampton vers Paris, via le Havre et Rouen.

En conséquence, les ingénieurs britanniques font poser des rails aptes à supporter de très lourdes charges. Rapidement, les Britanniques vont être majoritaires parmi les actionnaires et Edouart Blount dirige ce qui deviendra la Compagnie des chemins de fer de l'Ouest.

Des financiers britanniques rachètent des terrains à proximité du chemin de fer. William Buddicom, industriel anglais, fait construire la cité des cheminots sur le village de Gassicourt, première cité ouvrière; elle se nommera longtemps cité Buddicom. Le même construit des ateliers ferroviaires à Sotteville-lès-Rouen pour fabriquer locomotives, wagons de marchandises et voitures voyageurs loués à prix d'or au Paris-Rouen. Le Britannique vend terrains et installations à la Compagnie de l'Ouest avec une plus-value conséquente.

Il en demeure cependant actionnaire et dirige d'autres sociétés privés de chemins de fer en France. Il a été nommé Chevalier de la Légion d’Honneur par le roi Louis-Philippe "en remerciement des services rendus à la France".

Et mon poème retenu dans le magazine de septembre 2026, le Dévorand, revue littéraire des cheminots:

 

1843 : le Paris-Rouen

 

Sur un chantier des ombres se faufilent

Avant qu'un train ne les lèche et défile.

Mais qui prête attention à leurs visages

Bleuis de peine, mal-aimés, sans âge ?

 

Au passage du monstre qui déboule,

Ils ont tangué comme pris par la houle.

Pourtant, dans leur vertige, naît un sourire,

Une belle idée qui semble tout dire.

 

Voyagez bourgeois, banquiers et tribuns,

Sans un regard sur nous, gens du commun !

Mais il n'empêche et voici notre foi :

Un jour sera, nous reprendrons la voie.

 

Alors, gens du labeur, petits, sans-grade,

Toute la vie sans aucune échappade,

Nous tous, qui valaient moins qu’une piastre,

Sèmerons le rêve pris dans les astres.

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