Overblog Tous les blogs Top blogs Politique Tous les blogs Politique
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Archives

Publié par Le Mantois et Partout ailleurs

Ce n'était pas dans les médias people aux ordres. Mais Louise Michel décédait à Marseille le 9 janvier 1905

Son corps fut ramené à Paris où ses obsèques eurent lieu le 21 janvier. Sa dépouille, qui parcourut la capitale de la gare de Lyon au cimetière de Levallois, fut suivie par une foule immense estimée à 120 000 personnes.

Fille naturelle, Louise Michel naquit au château de Vroncourt le 29 mai 1830. Sa mère, domestique au service d'une famille de petite noblesse ouverte aux idéaux républicains. 

En dépit de cette naissance bâtarde, Louise Michel reçoit une éducation libérale -dans le bon sens du terme- et l'instruction que peu d’enfants de sa condition pouvait espérer.  La jeune femme décide  de devenir institutrice. Ses premiers échanges avec Victor Hugo, auquel elle confie ses tourments, datent de cette période, correspondance qui se poursuivit jusqu’à la mort de l'écrivain.

Elle est reçue à l’examen d'institutrice en septembre 1852. Elle ouvre une école « libre »  à Audeloncourt (Haute-Marne), expliquant son choix par son refus « de prêter serment à l’Empire » comme se devaient le faire les fonctionnaires de Napoléon III. Elle signe dans L’Écho de Haute Marne ses premiers poèmes, dans lesquels se dessine peu à peu son activisme pour l'insoumission et la justice sociale. 

Confrontée à la misère sociale, Louise Michel écrit au préfet de Haute-Marne afin «de créer un bureau de bienfaisance, des chantiers et des ateliers publics, car le pain manque».

En 1855, elle monte à Paris pour mieux combattre le Second Empire. En même temps, elle lutte pour l'émancipation des femmes. 

Préoccupée par la misère, elle cofonde en 1867 la « Société des Équitables de Paris », coopérative de consommation. Elle fréquente les milieux blanquistes et est suivie de près par la police.

Le 12 janvier 1870, les funérailles du journaliste Victor Noir, assassiné par Pierre Bonaparte, deviennent une manifestation rassemblant 150.000 Parisiens et Parisiennes, dont Louise Michel.

Louise Michel participe activement à la Commune de Paris, n'hésitant pas à faire le coup de feu contre les soldats versaillais. Elle échappe à la semaine sanglante du 21 au 28 mai 1871. Mais elle se livre aux Versaillais en échange de sa mère arrêtée à sa place. Elle est emprisonnée à Satory, près de Versailles. Après son procès, elle est incarcérée 20 mois en Haute-Marne, puis déportée en Nouvelle-Calédonie, le 10 août 1873.

Débarquée le 10 décembre 1873 à Nouméa, elle s’intéresse au monde et la culture kanak. Elle prend fait et cause pour la grande révolte kanak de 1878 durement réprimée, répression à laquelle des communards, contre remise de peine, participent.

Sa « déportation dans une enceinte fortifiée » commuée en déportation simple, Louise Michel redevient institutrice à Nouméa.

Le 11 juillet 1880, avec l’amnistie générale décrétée, Louise Michel revient en France. Son arrivée en gare de Paris-Saint-Lazare, le 9 novembre 1880, est triomphale, avec une foule de plusieurs milliers de personnes. Flanquée en permanence de policiers chargés de sa surveillance, elle sillonne la France pour la cause anarchiste et révolutionnaire.

 Le 9 janvier 1882, elle est condamnée à quinze jours de prison pour outrage à agent. En juin 1883, elle est lourdement punie lors de la manifestation de chômeurs de plus de 15 000 personnes aux Invalides, suivie du pillage de quelques boulangeries. Elle est accusée de  « complot contre la sûreté de l’État » considérant que la manifestation aurait pu déboucher sur une insurrection. Louise Michel est emprisonnée le 15 juillet 1883, sans pouvoir se rendre aux obsèques de sa mère. Elle écope de six années de détention assorties de dix années de haute surveillance policière.

Le 8 janvier 1886, une grâce présidentielle lui rend la liberté. Mais elle refuse carrément de quitter la prison, mettant l’administration pénitentiaire dans l’embarras.

Le 14 août 1886, de nouveau condamnée à quatre mois de prison pour son discours lors un meeting de soutien aux mineurs de Decazeville, en compagnie de Jules Guesde et de Paul Lafargue.  En novembre, elle bénéficie d’une remise de peine. 

En 1890, elle se rejoint la campagne internationale pour la préparation du 1er mai. Elle intervient à Reims, Lyon et Vienne où, le 29 avril, elle en appelle à la révolte. Un mandat d’amener est donc lancé contre elle.

Accusés de « provocation directe par discours proférés dans les réunions publiques à des actions de crimes et délits », Louise Michel comparaît en Cour d’assises. Cependant, une mise en liberté provisoire est ordonnée à son l’endroit. Mais à son habitude, elle refuse de bénéficier d’un traitement de faveur.

Le 31 mai, elle est officiellement informée de sa libération sur un non-lieu. Elle casse alors tout dans sa cellule et un médecin ordonne son internement psychiatrique. Devant la ferveur populaire en sa faveur, Louise Michel est libérée par le ministre de l'Intérieur. Après de multiples déclarations contre cette prétendue grâce ministérielle, elle entame une nouvelle tournée de conférences en France et en Europe. Elle participe au Congrès international socialiste de Londres en juillet 1896.

En janvier 1902, elle tombe gravement malade et une première pneumonie faillit lui être fatale. Elle trouve cependant la force de poursuivre sa tournée en France. Finalement, ardente dans son activisme politique, très affaiblie, elle décède à Marseille le 9 janvier 1905.

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article