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Publié par Le Mantois et Partout ailleurs

PRIS DANS LE MAGAZINE BELGE LE VIF

PRIS DANS LE MAGAZINE BELGE LE VIF

L'armée soviétique n'y découvre que quelques milliers de prisonniers, mais aussi toutes les installations de la barbarie nazie et le vaste complexe militaro-industriel du camp. En effet, conscients de l'arrivée imminente des troupes soviétiques, désireux d'effacer les traces de cette barbarie criminelle, Himmler, le chef de la SS avait ordonné l'évacuation d'Auschwitz. Mais l'arrivée rapide de l'Armée rouge n'a pas permis son évacuation totale.

Depuis le 18 janvier 1945, quelque 75.000 prisonniers ont donc été déportés vers d'autres camps, plus à l'ouest. Durant ces marches de la mort, les prisonniers mourront par milliers, abattus par les SS ou morts d'épuisement, de froid et de faim. Moszek Zolty, ouvrier juif polonais, arrêté par la police française à Mantes-la-Jolie en 1943, puis déporté à Auschwitz, connaîtra le camp de Sachsenhauser, puis celui de Mauthausen-Gusen, en Autriche, où il trouvera la mort, quelques jours avant la libération de ce camp par l'armée américaine.

On  ne le répètera jamais assez, avec l'extermination programmée par l'Allemagne hitlérienne des Juifs et des Tsiganes, des milliers et des milliers de déportés, femmes et hommes, étaient également astreints à des travaux forcés jusqu'à la mort pour l'économie de guerre allemande et le patronat allemand qui a soutenu Hitler jusqu'au bout. Pour autant, Auschwitz fut le but ultime nazi pour l'extermination totale des populations juives européennes.

Dès l'approbation de la "Solution finale", lors de la Conférence de Wannsee en janvier 1942, quatre chambres à gaz pouvant tuer 6.000 Juifs chaque jour sont installées à Auschwitz.

Extraits de mon livre Les Juifs oubliés de Mantes-la-Jolie 1940-1944:

     La "solution finale". C’est par cet euphémisme que les nazis programment leur volonté génocidaire à l’encontre de toutes les populations juives vivant en Europe. Les recherches historiques n’ont pas déterminé quand l’ordre émanant du Führer du IIIe Reich a été donné. Mais le 20 janvier 1942, quinze hauts fonctionnaires du parti nazi et de l'administration allemande se réunissent dans une villa de Wannsee, dans la banlieue de Berlin, pour mettre en œuvre ce qu'ils dénomment "la Solution finale à la question juive".

     Sont présents : le général SS Reinhard Heyrich, directeur de l'Office central de sécurité du Reich, principal adjoint du SS-Reichführer Heinrich Himmler ; le général SS Heinrich Müller, chef de la Gestapo ; le lieutenant-colonel SS Adolf Eichmann, chargé des questions juives dans l’Office central de sécurité ; le colonel SS Eberhard Schöngarth, commandant à Cracovie de la RSHA pour le gouvernement général de Pologne ; le major SS Rudolf Lange, commandant des Einsatzkommando[1] déployés en Lettonie à l'automne 1941 ; le major-général SS Otto Hofmann, chef du Bureau central pour la race et le peuplement. Sont également présents à Wannsee : le secrétaire d'État à la Justice Roland Freisler ; le directeur ministériel à la chancellerie du Reich, Wilhelm Kritzinger ; le secrétaire d'État aux Territoires occupés de l’Est Alfred Meyer et le directeur du cabinet ministériel Georg Leibrandt ; le secrétaire d'État aux Affaires étrangères Martin Luther ; le secrétaire d'État à l’Intérieur Wilhelm Stuckart ; le secrétaire d'État au Plan quadriennal Erich Naumann ; le secrétaire d'État Josef Bühler, gouverneur-adjoint du gouvernement général de Pologne et le secrétaire d'État à la chancellerie du Reich Gerhard Klopfer. Ils ne délibérèrent pas du bien fondé d'un tel plan, mais des modalités d'application d'une décision déjà prise au plus haut niveau du régime nazi.

     Reinhard Heydrich[2] annonce que dans toute l’Europe, y compris dans les nations neutres, "au cours de la solution finale, les Juifs devront être mobilisés pour le travail sous une forme appropriée. En grandes colonnes de travailleurs, séparés par sexe, les Juifs aptes au travail seront amenés à construire des routes dans ces territoires, ce qui sans doute permettra une diminution naturelle substantielle de leur nombre. Pour finir, il faudra appliquer un traitement approprié à la totalité de ceux qui resteront, car il s'agira évidemment des éléments les plus résistants, puisque issus d'une sélection naturelle, et qui seraient susceptibles d'être le germe d'une nouvelle souche juive, pour peu qu'on les laisse en liberté".

 

[1] Einsatzkommando : police militaire nazie chargée de la mise en œuvre de la Shoah.

[2]  Mémorial de la Shoah. Paris.

 

     Maurice Libster, ouvrier-tailleur, juif et polonais, est arrêté par la police française à Mantes-la-Jolie, le 29 octobre 1942. il sera le premier des Juifs de cette ville à être transféré à Drancy, puis déporté à Auschwitz, pour y être gazé dès son arrivée, le 11 novembre 1942.

     Il était né en Pologne, le 1er janvier 1899 à Oswiecim. Tragique retour en sa terre natale : c’est là que les nazis édifient en 1940 Auschwitz I, puis Birkenau en novembre 1941, puis Auschwitz III en 1942 pour les travaux forcés en faveur de l’industriel allemand IG Farben.

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