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Publié par Le Mantois et Partout ailleurs

  Oui, toi qui n'aimes pas les étrangers présents sur le sol de la patrie des droits de l'Homme, ne te fatigue pas à lire ces lignes, tu ne les comprendras pas.

 

  Le 8 mai 1945, l'Allemagne nazie capitulait sans condition. La France recouvrait la liberté, après tant de barbaries commises sur son sol. Mais dès le début de l'Occupation et du régime fasciste de Pétain, la Résistance s'est levée pour combattre la bête immonde et dans ses rangs, nombre d'étrangers prirent les armes et entrèrent, aux côtés de leurs frères Français, dans la clandestinité.

  Le goupe Manouchian fut l'un de ces groupes armés étrangers qui tombèrent sous le feu des soldats hitlériens. Cette photo de quelques uns de ce groupe, prise par l'armée allemande avant leur exécution:

  Ils furent furent fusillés au Mont-Valérien le 21 février 1944.

  Les nazis avaient placardé Paris d'affiches rouges contre ceux qui qualifiaient de terroristes.

 

Aragon leur a dédié ce poème: L'Affiche Rouge


Vous n'avez réclamé la gloire, ni les larmes,
  Ni l'orgue, ni la prière aux agonisants.
Onze ans déjà ! Que cela passe vite onze ans...
Vous vous étiez servis simplement de vos armes :
  La mort n'éblouit pas les yeux des Partisans.
Vous aviez vos portraits sur les murs de nos villes,
  Noirs de barbe et de nuit, hirsutes, menaçants.
L'affiche qui semblait une tache de sang,
  Parce qu'à prononcer vos noms sont difficiles,
  Y cherchait un effet de peur sur les passants.
Nul ne semblait vous voir Français de préférence,
  Les gens allaient sans yeux pour vous le jour durant,
  Mais à l'heure du couvre-feu des doigts errants
  Avaient écrit sous vos photos MORTS POUR LA FRANCE.
Et les mornes matins en étaient différents
Tout avait la couleur uniforme du givre,
  A la fin février pour vos derniers moments,
Et c'est alors que l'un de vous dit calmement :
  Bonheur à tous,
  Bonheur à ceux qui vont survivre !
  Je meurs sans haine en moi pour le peuple allemand...
  Adieu la peine et le plaisir.
  Adieu les roses, Adieu la vie, adieu la lumière et le vent !

  Marie-toi, sois heureuse, et pense à moi souvent,
  Toi qui vas demeurer dans la beauté des choses,
  Quand tout sera fini plus tard en Erivan.
  Un grand soleil d'hiver éclaire la colline :
  Que la nature est belle et que le cœur me fend !
  La justice viendra sur nos pas triomphants...

  Ma Mélinée, ô mon amour, mon orpheline !

  Et je te dis de vivre et d'avoir un enfant...

Ils étaient vingt et trois quand les fusils fleurirent
  Vingt et trois qui donnaient leur cœur avant le temps
  Vingt et trois étrangers, et nos frères pourtant
  Vingt et trois amoureux de vivre à en mourir
  Vingt et trois qui criaient "LA FRANCE !" en s'abattant...

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