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Publié par Le Mantois et Partout ailleurs

J'entends parler d'union de la gauche pour sauver la France du péril d'extrême droite. J'ai même lu que, par la faute du Parti communiste allemand qui n'avait pas voulu d'une alliance avec les sociaux-démocrates, Hitler était arrivé au pouvoir. Rappel sur l'histoire d'Allemagne.

Le 9 novembre 1918, alors qu'une révolution secoue le pays dirigé par Guillaume II, le chancelier impérial et cousin du kaiser remet le pouvoir à Friedrich Ebert, le chef de la social-démocratie, le SPD. Celui-ci avait voté les crédits de guerre et chassé du Parti les adhérents opposés à la guerre dont Rosa Luxembourg et Karl Liebknecht en 1917. La république de Weimar est née du nom de la ville où elle est proclamée.

L’Allemagne croule sous les soldats et les blessés revenant du front. Elle est en proie à la famine, à la pauvreté et au chômage.

Le 29 octobre, le commandement militaire avait ordonné une sortie à la flotte allemande pour continuer un combat perdu d'avance. Les équipages de deux navires se mutinent. L'armée arrête plus de 1000 marins. Les mutineries de Kiel se transforment rapidement en révolte nationale s'étendant aux bassins industriels et aux grands centres urbains. Marins, soldats et ouvriers pactisent avec les mutins. On élit des Conseils ouvriers. Ceux-ci prennent le pouvoir civil et militaire dans de nombreuses villes. Le 7 novembre, la révolution atteint Munich.

Le capitalisme et la bourgeoisie prennent peur.

Friedrich Ebert dirige le Conseil des commissaires du peuple, Il est donc le président de la République. Le 10 novembre 1918, Friedrich Ebert pactise avec le haut-commandement de l'armée pour rétablir l'ordre. Les corps-francs, volontaires civils et militaires, soutenus par l'armée, organisent une répression féroce qui fait de nombreux morts. Les Spartakistes de Rosa Luxembourg et de Karl Liebknecht sont pourchassés et réprimés. Le 29 décembre 1918, Philipp Scheidemann, autre figure de la social-démocratie, devient chancelier d'Allemagne. En janvier 1919, grâce toujours aux corps-francs, le gouvernement social-démocrate écrase la révolte de Berlin. Rosa Luxembourg et Karl Liebknecht sont assassinés. Leurs assassins sont jugés par un tribunal militaire qui les gracie et leur inflige des peines légères. Dans les mois suivant, les autres tentatives de révolte sont également réprimées dans le sang.

Auparavant, le 30 décembre 1918, se créait le Parti communiste allemand. Mais la répression de janvier et mars 1919 a conduit à l'assassinat de nombreux militants et des principaux dirigeants du parti. Un fossé de sang et de haines s'est forgé entre le Parti communiste et les sociaux-démocrates. Il ne peut que s'aggraver quand, lorsqu'un chancelier n'est pas social-démocrate, le SPD est dans les combinaisons gouvernementales. Ainsi, en août 1923, il fait partie du gouvernement de coalition droite-socialiste.

1918: l'Allemagne social-démocrate de Weimar

Affiche de propagande social-démocrate en 1932. Contre Papen (droite), Hitler et Thälmann (Parti communiste).

Le 30 janvier 1933, le jour de l'arrivée au pouvoir de Hitler, les communistes lancent un appel à la grève générale et à des manifestations de masse, qui sont suivis partout en Allemagne. Les nazis réagissent en procédant à des arrestations, des perquisitions et des rafles.

Hitler, chancelier, ouvre le premier camp de concentration, le 21 mars 1933, à Dachau. Il est réservé tout d'abord aux communistes.

Hans Beimler (1895-1936), militant et député communiste, y est enfermé le 22 mars. Il parvient à s'évader le 8 mai 1933, en tuant l'un de ses gardiens nazis. Il écrit le premier témoignage sur les camps nazis "Im Mörderlager Dachau" (été 1933). Theodor Eicke, le premier chef de ce camp dit alors ne jamais "faire acte de charité à l’égard des ennemis de l’Etat... Tout sentiment de pitié... serait indigne d’un SS". Pourchassé par la Gestapo, Hans Beimer réussit à se réfugier à Prague, puis à Zurich. Combattant des Brigades internationales, il meurt le 1er décembre 1936 pendant la guerre civile d'Espagne.

Hans Beimier faisait partie du bataillon Thälmann, du nom du secrétaire du Pc allemand arrêté par les nazis le 3 mars 1933, trois jours avant les élections générales. Conduit à l'isolement complet, il mourra en 1944 dans le camp d'extermination de Buchenvald.

 

"Quand ils sont venus chercher les communistes,
Je n'ai rien dit,
Je n'étais pas communiste.

Quand ils sont venus chercher les syndicalistes,
Je n'ai rien dit,
Je n'étais pas syndicaliste.

Quand ils sont venus chercher les juifs,
Je n'ai pas protesté,
Je n'étais pas juif.

Quand ils sont venus chercher les catholiques,
Je n'ai pas protesté,
Je n'étais pas catholique.

Puis ils sont venus me chercher,
Et il ne restait personne pour protester."

Poème de Martin Niemöller.

Arrêté en 1937, il est interné au camp de concentration de Sachsenhausen. En 1941, il est transféré au camp de Dachau. Libéré en 1945.

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