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Publié par caroleone

Cet article est reposté depuis une source devenue inaccessible.

Ce très beau message aux peuples, par la voix du poète Pablo.

Puis ce bouquet nommé Mamita pour vous souhaiter une belle semaine, pleine de bonnes choses, de sentiments profonds et de bons moments partagés.

Et puis encore "Mi patria" de Quilapayun, parce que c'est beau et que c'est la chanson qui doit accompagner ce texte de Pablo.

Bises de Caro à tous les camarades

La lettre

Ainsi fut. Et ainsi sera. Dans les montagnes
calcaires, et sur la rive
de la fumée, dans les fabriques,
il est un message écrit sur les murs
et que le peuple seul peut voir.
La sueur et le silence ont tracé
les lettres transparentes. Elles sont là, écrites.
Tu les as forgées, peuple, sur ta route
et les voici, là, sur la nuit
comme le feu brûlant et caché de l'aurore.

Entre, peuple, sur les rives du jour.
Avance comme une armée, rassemblé,
frappe la terre avec tes pas
et ta sonore identité.
Que ton chemin soit uniforme
comme la sueur dans la bataille
ou, dans la poussière, le sang
du peuple fusillé dans les chemins.

Sur cette clarté on verra
naître la ferme, la ville, la mine,
et sur cette unité, comme la terre
ferme et germinatrice, on a placé
la permanence créatrice, le germe
de la cité nouvelle pour les vies.
La lumière des métiers maltraités, la patrie
façonnée par des mains métallurgiques,
l'ordre sorti des pêcheurs comme
un bouquet de la mer, les murs construits
par l'ample vague des maçons,
des écoles céréales, des armatures
d'usines par l'homme érigées.
La paix qui rentre de l'exil, le pain
partagé, l'aurore, le sortilège
de l'amour terrestre, bâti
aux quatre vents de la planète.

Pablo Neruda, Les fleurs de Punitaqui, Le chant général

La lettre - Pablo Neruda

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