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     Tannerie001Les tanneries travaillent à partir des peaux de bête. Elles se situent dans Mantes, sur un bras forcé de la Vaucouleurs. Les tanneurs et leurs familles logent dans des masures contiguës à leurs ateliers autant insalubres. Une humidité ambiante recouvre ce quartier sur lequel se greffe la puanteur des peaux séchant dans les caves après avoir macéré dans des fosses à tan presque une année.  Au moment de leur plus grande production, 75 fosses étaient utilisées. Tous les rejets se déversent dans la Seine et la polluent, au point d'en émouvoir le Conseil général de Seine-et-Oise. Pourtant, en 1891, le Journal de Mantes évoque ce quartier "comme l'un de ceux qui conserveront durant des siècles, peut-être, leur antique et pittoresque cachet". En réalité, les tanneries vont toutes fermer après la première Guerre mondiale. Logements et ateliers, ruinés par l'humidité, devront être démolis et les fosses ou les caves comblées. Ne subsiste de cette industrie qu'une rue baptisée "des Tanneries".

     Dérivées directement de la culture du chanvre, les corderies fabriquent les traits des voitures et charrettes des cultivateurs, les mèches de fouet, les attaches des bestiaux ou les ficelles d'horloge. Elles ne se composent que d'un artisan cordier et de son compagnon. Exception, la corderie installée dans le village de Gassicourt, forte d'une cinquantaine d'ouvriers qui fabriquent à plus grande échelle toutes sortes de cordes et de cordages.

     Mais la première et la plus ancienne des activités dérivées de l'agriculture est celle des métiers à tisser et de la filature des textiles, organisée à demeure ou dans de petits ateliers d'une dizaine d'ouvriers au plus. Les hommes perçoivent de 1F à 1F,50 à la journée, les femmes et les enfants 60 centimes. Turgot, contrôleur-général de Louis XVI a particulièrement recommandé le travail des enfants "dans leur intérêt à se procurer des ressources pour vivre. Et puis, la filature leur procurera du travail qui ne surpasse point leur adresse".

     En 1874, M. Dubois fonde une fabrique d'abord de cannes, puis aussi de manches d'ombrelles et de parapluies. 200 hectares de bois vont être consacrés à la fabrication de 800 000 de ces objets. 30 ouvriers sont payés à raison de 0F,35 de l'heure; 35 ouvrières sont rémunérées à la tâche entre 2F et 2F,50 par jour. Le Journal de Mantes signale que M. Dubois admet pour ses vieux ouvriers une participation aux bénéfices.