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Publié par Le Mantois et Partout ailleurs

Je ne vais pas ici vous parler des aboyeurs privés et publics qui accusent la SNCF de rage pour mieux l'offrir aux intérêts du capital. Chacun, avec tout son esprit, peut écouter la radio, lire la presse ou regarder la télé depuis que le rapport Spinetta tente d'asséner le coup de grâce au rail public français. Ma chronique de ce jour vise le Monde, ce journal dit de référence et lu par l'intelligentsia toujours bien au chaud dans sa tour d'ivoire et en dehors du mauvais quotidien subi par le plus grand nombre.

Son édito du 17  février 2018 ne souffre d'aucune ambiguïté. Il est ouvertement dans le camp des forces de l'argent et du palais de l'Elysée:"SNCF : le pari de la réforme. Editorial. Le rapport Spinetta sur « l’avenir du ferroviaire » souligne une évidence : le système est à bout de souffle et attendre pour agir ne ferait qu’aggraver la situation." Et plus loin: "Le document remis le 15 février par l’ex-patron d’Air France au premier ministre décrit avec lucidité une situation que nul ne peut plus ignorer, celle d’un système ferroviaire à bout de souffle, maintenu sous oxygène par un Etat qui n’en a décemment plus les moyens."

Et sur le statut des cheminots, pour les nouveaux embauchés "la suppression de la garantie de l'emploi à vie  et d’augmentations automatiques des salaires en dehors de toute logique économique". Ben oui, l'emploi à vie, voilà ce qui fait tâche dans la France capitaliste et bonjour à la précarité qui nous sauvera dans le marché libre et non faussé!

Enfin, la rédaction du Monde félicite ouvertement le représentant du capitalisme à l'Elysée d'engager cette réforme nécessaire au rail français.

Rappel historique: Le Satut des cheminots  n'est pas une accumulation d'avantages que les gouvernements auraient offert aux travailleurs du rail. Il découle principalement de 1912, suite à la grève générale des cheminots de 1910. Et les autres droits conquis le furent par les luttes afin de répondre à la contrainte de service public dans laquelle les agents de la SNCF travaillent ou sont d'astreinte 365 jours par an, de jour comme de nuit. Et les augmentations salariales sont dues par l'ancienneté dans un grade et passée un nombre d'années, plus d'augmentation, comme dans nombre de conventions collectives de droit privé. Mais là aussi, il faut détruire ce carcan là. De plus, afin de financer le régime des cheminots, le taux global des cotisations sociales est de 79% contre 68% pour le régime général.

Pour autant, la période d'essai au chemin de fer dure une année. S'il quitte la SNCF, le cheminot ne perçoit pas les allocations de chômage et la grille actuelle de rémunération place plus de 3 000 cheminots (sur 148 000) à un niveau de rémunération inférieur au Smic.

Mais Le Monde est bien le journal de référence de la pensée unique. Il n'en informera pas son lectorat.

Par contre le rapport Spinetta détruit le rail public français avec le schéma ci-dessous contenu dans ledit rapport. Et l'année 2016 a marqué les 10 ans de l'ouverture à la concurrence du fret ferroviaire. Depuis 2006, 8 000 cheminots de ce secteur ont été supprimés et 80,1% des marchandises sont transportées aujourd'hui par la route, contre 15,6% par le rail et 4,3% par le fluvial.  Bonjour à l'écologie. Mais il est vrai que le Marché unique fut créé pour le capitalisme lors du Traité de Rome en 1957 et que les forces de l'argent gouvernent l'UE.

Le 22 mars 2018, la manifestation des cheminots à Paris, et avec eux les défenseurs de l'intérêt public, vont faire entendre une toute autre voix pour le progrès social et la souveraineté nationale.

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