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Publié par Le Mantois et Partout ailleurs

Le gouvernement socialiste et la droite au Conseil régional d'Île-de-France autorisent la SNCF à privatiser dans une logique de dumping social

Jeudi 15 septembre 2016 a eu lieu, à Noisy le Sec, l’inauguration officielle du site de maintenance des rames du futur tram-train T11 express qui reliera en juillet 2017 la gare d’Epinay-sur Seine à celle du Bourget en longeant la ligne de grande ceinture au nord de Paris. Mais la direction de la SNCF n’avait pas pris la décision de façon unilatérale de sous-traiter l’exploitation de la ligne à une filiale créée pour l’occasion fin 2015 : TRANSKEO.

 

Premier tronçon d’une liaison de rocade (Tangentielle nord) qui doit relier à terme les gares de Sartrouville à Noisy le Sec, ce projet va permettre d’améliorer sensiblement les conditions de transports de banlieue à banlieue sans passer par Paris.

Impulsée par l’autorité organisatrice des transports en Ile-de-France (le STIF) et les collectivités, cette création est une bonne nouvelle pour les habitants du nord et de l’Est Parisien et pour l’aménagement du territoire. Elle contribuera aussi à la désaturation de certaines lignes de transport actuelles.

L’exploitation de ce tram-train a été confiée à la SNCF, cette ligne relevant du réseau ferré national.

La CGT pourrait s’en féliciter si la direction de la SNCF n’avait pas pris la décision de façon unilatérale de sous-traiter l’exploitation de la ligne à une filiale créée pour l’occasion fin 2015 : TRANSKEO.

En procédant ainsi, la SNCF, via son groupe (KEOLIS), organise sa propre concurrence en misant sur le dumping social et la privatisation de fait d’une desserte ferroviaire qui lui a été pourtant confiée.

Les futurs salariés de cette filiale ne seraient effectivement pas soumis aux droits sociaux en vigueur pour les cheminots à statut au cadre permanent de la SNCF. Les règles définissant les métiers, en particulier pour les conducteurs, seraient ainsi contournées pour imposer la polyvalence et la flexibilité. La qualification professionnelle et la sécurité des circulations seront les seuls leviers de productivité.

La SNCF, au nom du moins disant social, met tout le monde devant le fait accompli : les usagers, les élus, le STIF, les cheminots. Il s’agit d’un comportement inadmissible d’une direction qui se croit tout permis.

Pour le coup, l’argument de la concurrence ne tient pas puisque il n’y a pas d’appel d’offres sur cette ligne comme sur l’ensemble du réseau ferré national. Voilà qui illustre, de façon éclatante, l’adhésion des dirigeants de l’entreprise publique à l’idéologie libérale qui porte tellement atteinte au service public ferroviaire. La SNCF est publique, cela lui confie des droits mais aussi des devoirs vis-à-vis des institutions et des populations.

Pour la CGT, il faut stopper cette tentative de dumping social (une première sur le réseau ferré francilien) au risque d’encourager d’autres recours à la filialisation pour les lignes de tram-trains, comme nous le pressentons concernant la ligne T4.

La Fédération CGT des Cheminots exige que la direction de la SNCF abandonne ce projet de filialisation décidée unilatéralement, en catimini au mépris de tous sans aucune concertation.

La Fédération CGT des Cheminots demande à l’autorité organisatrice (STIF) de réagir rapidement en exigeant de la SNCF qu’elle respecte ses engagements en assurant elle-même l’exploitation de cette ligne, avec des cheminots recrutés au statut, formés aux métiers et permettant un service public de qualité et en toute sécurité pour les futurs usagers.

SNCF: la privatisation du rail en Ile de France.

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