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Publié par Le Mantois et Partout ailleurs

Macchu Pichu et le caniveau par Jean Ortiz

C’est ahurissant ! Qu’ont-ils fait de Jaurès ? C’est ahurissant ! La situation relève du retournement total, du monde à l’envers, du cynisme le plus total.

Un président et un premier ministre étiquetés « socialistes », « droits dans leurs baskets », mènent « la guerre sociale » contre les travailleurs. Ils les voudraient dociles, soumis, moutonniers. Aucun gouvernement « socialiste » ne sera jamais allé aussi loin dans la tentative de casser le syndicalisme de classe, le mouvement social, quitte à laisser derrière lui un champ de ruines, à naufrager les siens. Jadis, « l’ennemi» c’était le grand patronat. Aujourd’hui, cette « gauche de droite» roule pour lui. Elle se bouscule pour le servir, pour obtenir son investiture présidentielle. Jadis, « l’ennemi » c’était l’exploiteur. Aujourd’hui, c’est l’ouvrier, surtout l’ouvrier conscient, syndiqué.

« J’irai jusqu’au bout !», forfantise le faux brave Manuel Valls, le menton guerrier, en érection, bravacheur, et « inflexible ». « Tenir ! ». Face aux petits, aux précaires, aux ouvriers, à la jeunesse, aux travailleuses taillables et corvéables à merci, aux enseignants... Il en faut du courage ! Et du coup rage !  En croyant nous faire peur, le fier-à-bras se ridiculise, s’enfonce.

Au bout de quoi ? Du reniement, de la trahison, de la forfaiture, de l’impopularité ? Voilà ce qu’ils entendent par « dialogue social ». La génuflexion ou le 49-3 !! « A genoux sinon on cogne ! ». Et plus les jours passent, plus ils enragent, les matamores. La situation leur échappe. La « base socialiste » ne sait plus à quel saint se vouer. Les Français ne veulent pas de cette « loi travail » d’inspiration pétainiste. Ils n’en veulent pas : un point c’est tout !

Malgré les gênes, les « blocages », « les queues » fantasmées, la « pénurie » de carburant, dramatisée à l’excès, notre peuple refuse toujours le dynamitage du code du travail, de ce pilier social protecteur. Faut-il que la colère déborde pour que la majorité des citoyens résiste autant au pilonnage mensonger, à la phénoménale intox !

MM. Hollande, Valls, Macron, Cambadélis, ne supportent pas que les sondages restent favorables à la lutte, au mouvement ; elle, il, s’enracine, dure, déferle par vagues, se renouvelle, s’élargit. Après plus de deux mois « vent populaire » debout , c’est du quasi-ment jamais vu ! Pas besoin de « grande marche » pour prendre le pouls des Français !

Alors, la meute aboie. Que peut faire d’autre un chien qu’aboyer ? Il faudra un jour se pencher sur la démocratisation de ce « latifundium médiatique » étouffant, manipulateur, lobotomiseur, monopolistique et abêtissant. Pour les héritiers de « La Voix de son maître », l’affrontement actuel relèverait du « machiavélisme » de la CGT, de ses « arrière-calculs électoraux », de sa « radicalité », de son « jusqu’auboutisme »... Bref, elle se saignerait aux quatre veines, se donnerait entièrement, pour des calculs boutiquiers, étriqués, hégémoniques... Et blabla, blabla, blabla venimeux, répugnant. On passe du Macchu Pichu, des journées « Debout », au caniveau le plus politicard.

Cela me rappelle ce qu’écrivaient les journaux latino-américains du temps des dictatures... Haro permanent sur le « complot », la « subversion », la « chienlit », « l’ennemi intérieur», les « communistes », les « moscoutaires ».

Et la meute, en ce joli printemps 2016, de publiciter les « flexibles », de bénir « les bons, les  gentils », ceux qui « contestent avec modération », ceux qui se cantonnent à l’aménagement, à la marge, de l’ordre social. A la marge ou crève. Avec cette « gauche » là, on n’a pas besoin de droite, aime à répéter mon ami bastidien. Et mon Serge Pey de poète préféré, lui, les maudit de ses mots dits en rafales sublimes. Macchupichesques.

Avec Hollande, Valls et Macron nous ne sommes encore qu’en « dicta-molle », mais, mais... çà cogne déjà très dur ! Très dur sur les victimes de leur politique médéfisée.

Dicta-molle ou Dictadure, elles restent le même outil des classes dominantes, afin de préserver leur système. A n’importe quel prix.

Du haut de son âge, le père Hugo lançait, avec force lucidité: « Nous ne voulons pas les pauvres soulagés ; nous voulons la misère abolie » . Abolie ! Retrait, retrait ! Macchu Pichu et/ou le caniveau !

Source: les chroniques latines de Jean Ortiz

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