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Publié par Le Mantois et Partout ailleurs

Trop, c'est trop: entre les lignes d'Aubry par Daniel Schneidermann

La tribune de Martine Aubry dans Le Monde, décryptée me semble-t-il très justement par Daniel Schneidermann dans [Arrêt sur images]

Il y a les apparences, et la réalité. En apparence, c'est une charge contre Valls et Hollande, signée Martine Aubry, qui squatte toutes les antennes depuis hier. La démolition du code du travail après la déchéance de nationalité et les milliards au MEDEF : trop c'est trop ! Pas nous, pas ça ! claironne ce texte, étrangement co-signé par l'aubrysphère et quelques cache-sexe écolo-intellos. Sonne le réveil de la vraie gauche lilloise, contre la droite hollando-vallsienne. "La charge d'Aubry contre Hollande et Valls" : c'est le titre du commentaire des éminents spécialistes du Monde. Il imprime la tonalité générale.

Un grand sursaut d'indignation politico-morale : l'image est séduisante. Mais comme toujours avec les coups de billard entre éléphants solfériniens, il faut dénicher, entre les lignes, les savants calculs, et les arrière-pensées (pas si) cachés.

A lire de plus près la prose aubryenne, il apparait que Valls y est singulièrement plus malmené que Hollande. Ce dernier n'y est jamais attaqué nommément -hommage lui est même rendu pour la réaction "digne et forte" de la France, après le 13 Novembre- tandis que Valls, pour son "indécent discours de Munich" anti-Merkel, y est taillé en pièces. C'est dans les politiques menées "depuis deux ans" (et pas quatre) que Aubry ne trouve "ni réforme, ni social". La déchéance de nationalité ? Une sorte de piège, dans lequel Hollande se serait laissé prendre, en en"émettant l'idée" à Versailles, constatent les signataires sur un ton splendidement neutre. Et sans jamais rappeler que ce piège, Hollande s'y est fourré tout seul, comme un grand, pour piéger la droite sarkozyenne.

Alors ? Alors seule la suite confirmera -ou non- un des scénarios esquissés par ce texte : une fracassante démission de Valls après un potentiel échec du projet El Khomri à l'Assemblée, et la nomination d'Aubry à Matignon pour tenter, en quelques mois, la reconquête par Hollande d'une hypothétique virginité de gauche. Désolé de troubler la fête, en cherchant les petits calculs là où la plupart de mes confrères dissèquent une authentique indignation politico-morale. Mais c'est une clé de lecture qui, malheureusement, fonctionne plus souvent.

 

TROP C'EST TROP : entre les lignes d'AUBRY [Arrêt sur Images]
Pris sur le blog de Commun commune

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