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Publié par Le Mantois et Partout ailleurs

Après l’exception culturelle, sauvons la chasse aux Roms, une autre tradition française

Publié le 29 Juin 201

En qualifiant la France de « réactionnaire », Monsieur Barroso, Président de la Commission Européenne a provoqué un concert de protestations dans toute la France. Les politiques de gauche comme de droite se lèvent tous comme un seul homme pour protester contre cette attaque insupportable qui vise la patrie des droits de l’homme, de Johnny Hallyday et de la baguette.

Dans une inter­view à l’International Herald Tribune, Barroso déclare : « Certains (de ceux qui défen­dent l’excep­tion cultu­relle) disent être de gauche, mais ils sont en fait extrê­me­ment réac­tion­nai­res ». La France n’est pas citée nom­mé­ment, mais tout le monde aura com­pris. La classe poli­ti­que fran­çaise est en état de choc. « Ces propos sont abso­lu­ment cons­ter­nants. Ils sont inac­cep­ta­bles » déclare la minis­tre de la culture. « Je ne veux pas croire que le pré­si­dent de la Commission euro­péenne ait pu tenir des propos sur la France qui seraient ainsi for­mu­lés », déclare François Hollande.
Même la fille Le Pen bondit sur l’occa­sion : « Les insul­tes du pré­si­dent de la Commission euro­péenne contre la France, qua­li­fiée de réac­tion­naire par José Manuel Barroso, confir­ment la vio­lence du sys­tème euro­péen qu’on impose aux Français et aux peu­ples d’Europe contre leur gré ». Marine Le Pen qui défend les rap­peurs fran­çais, on aura tout vu.

 

Monsieur Barroso est donc sourd, sauf pour la musi­que. Il s’offus­que de la volonté de la France de pro­té­ger ses artis­tes et leurs CD, mais le sort de cer­tains êtres humains lui importe moins. Depuis des mois, il est pour­tant alerté par dif­fé­rents orga­nis­mes sur le trai­te­ment dis­cri­mi­na­toire que la France inflige aux Roms, la plus grande mino­rité eth­ni­que euro­péenne. En sep­tem­bre 2010, après la cir­cu­laire illé­gale contre les Roms, l’Europe avait fait sem­blant de taper du poing sur la table avec la sortie de Viviane Reding, qui elle aussi avait pro­vo­qué une vague d’indi­gna­tion en France.
Elle décla­rait à propos des expul­sions à répé­ti­tion : « j’ai été per­son­nel­le­ment cho­quée par des cir­cons­tan­ces qui don­nent l’impres­sion que des per­son­nes sont ren­voyées d’un État membre uni­que­ment parce qu’elles appar­tien­nent à une cer­taine mino­rité eth­ni­que. Je pen­sais que l’Europe ne serait plus le témoin de ce genre de situa­tion après la Seconde Guerre mon­diale ». Depuis, plus rien. Pas un mot, pas une pro­tes­ta­tion.

Au pre­mier tri­mes­tre 2013, d’après un rap­port de l’AEDH, le nombre d’expul­sions de Roms de leur lieu de vie a aug­menté de plus de 30 % par rap­port à la même période de 2012.
En 2012, le nombre d’expul­sions d’étrangers du ter­ri­toire fran­çais a lui aussi battu tous les records : 36 822, parmi les­quels plus de 12 000 Roms. En mars 2013, Manuel Valls qui pense se donner une sta­ture pré­si­den­tielle en pour­chas­sant des ter­ro­ris­tes fan­tô­mes et en tapant sur les Roms, mul­ti­plie les décla­ra­tions racis­tes contre cette mino­rité en toute impu­nité : « les occu­pants de cam­pe­ments ne sou­hai­tent pas s’inté­grer dans notre pays pour des rai­sons cultu­rel­les ou parce qu’ils sont entre les mains de réseaux versés dans la men­di­cité ou la pros­ti­tu­tion » .


La poli­ti­que ségré­ga­tion­niste de la France socia­liste contre les Roms touche également les enfants et se tra­duit par des clas­ses ghetto, comme à Ris-Orangis où des enfants vont en classe dans un gym­nase. A Saint-Fons, la séna­trice-maire socia­liste, madame Demontès, innove en créant une classe eth­ni­que spé­ciale réser­vée aux enfants Roms d’un bidon­ville. La salle de classe se situe dans le même bâti­ment que la police natio­nale et la police muni­ci­pale. Là, au moins, ils sont bien gardés, ces futurs délin­quants. En revan­che, ils n’ont pas fait beau­coup de pro­grès en fran­çais et pour la mixité, on repas­sera.

La répres­sion poli­cière contre les Roms atteint elle aussi des som­mets. A Saint-Fons encore, la police orga­nise une expé­di­tion puni­tive pour se venger d’un jet de pierre et va gazer des enfants, sac­ca­ger des caba­nes, jeter des chiens poli­ciers contre des vieillards. [6]
La police s’amuse également à placer en garde-à-vue des nour­ris­sons, ne sachant ni parler, ni mar­cher en les accu­sant … de men­dier…

Chaque jour, les arres­ta­tions au faciès se mul­ti­plient, les expul­sions vers la Roumanie conti­nuent et la chasse aux Roms va repren­dre de plus belle avec la tor­peur de l’été enfin ins­tallé.

 

Alors M. Barroso qua­li­fie la France de réac­tion­naire et il a raison. Le score du Front National aux der­niè­res élections, notam­ment celles de Villeneuve-sur-Lot prouve que de plus en plus de fran­çais, pour des rai­sons mul­ti­ples, se tour­nent désor­mais sans com­plexe vers l’extrême droite et se reconnais­sent dans le dis­cours de haine de Le Pen.

En qua­li­fiant aussi dure­ment la France pour sa poli­ti­que cultu­relle, Barroso montre clai­re­ment les prio­ri­tés de cette Europe qui met à genoux des popu­la­tions entiè­res afin de pré­ser­ver les ban­ques, mais qui est inca­pa­ble de pro­té­ger une mino­rité per­sé­cu­tée dans tous les pays où elle croit trou­ver refuge.
Pour mon­sieur Barroso, on peut stig­ma­ti­ser une popu­la­tion toute entière, pour­chas­ser des femmes, des enfants et des vieillards en raison de leur appar­te­nance eth­ni­que, lais­ser la police se livrer impu­né­ment aux pires vio­len­ces, pas de pro­blème. Vous pouvez comp­ter sur son silence. En revan­che, pas touche au busi­ness.

Tapez sur vos Roms, Barroso se tait, pro­té­gez vos CD, Barroso pro­teste.

Bienvenue dans l’Europe des mar­chan­di­ses et des ban­quiers.

Philippe Alain

Lu sur le blog de hobo-lullaby

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