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Publié par Le Mantois et Partout ailleurs

Le 10 mai, le parquet de Bordeaux, par la voix de son procureur général André Ride, signait un non-lieu en faveur d'Eric Woerth mis en examen pour "trafic d'influence" par les juges d'instruction Jean-Michel Gentil, Cécile Ramonatxo et Valérie Noël.

Le communiqué du parquet signifiait, pour étayer son réquisitoire, "que le lien de corrélation entre les deux faits – condition nécessaire à la caractérisation du délit – n'est pas formellement démontré". En clair, il n'y a plus rien à voir, circulez!

 

Or Le Monde révèle que le parquet, du moins une magistrate, avait décidé d'envoyer l'ancien ministre de Sarkozy devant le tribunal correctionnel. Pour mémoire, il était reproché au sieur Woerth d'avoir décoré de la Légion d'honneur Patrick de Maistre, (lequel bossait pour madame Bettencourt) qui avait embauché son épouse précédemment. La magistrate s'appuyait sur un dossier fort de 70 pages qu'elle remit à son supérieur Claude Laplaud, lequel en a parlé à André Ride, procureur général près de la Cour d'appel, le plus haut gradé dans la hiérarchie judiciaire à Bordeaux.

 

In fine, comme ils disent dans les prétoires, ledit Laplaud aurait demandé à sa magistrate subalterne de modifier carrément le dossier, ce qu'elle a refusé. Bon serviteur de la Justice, ni une ni deux, Claude Laplaud a réécrit le réquisitoire sous la gouverne, toujours selon le Monde, de son patron le procureur général de la République. Et voilà que sort d'un chapeau de magicien, un fameux lapin, c'est à dire un non-lieu pour Eric Woerth. Interrogé par le journal, le procureur général n'a pas démenti en avoir discuté avec le procureur Laplaud. Mais en tout bien tout honneur et toujours selon les dispositions de la loi.

 

On dit aussi que monsieur le procureur général est classé à droite, qu'il fut le conseiller justice d'Alain Juppé lorsque celui était premier ministre en 1995 et qu'il côtoya dans ce même cabinet Eric Woerth, conseiller, lui parlementaire, du premier ministre. Croyez-vous que ça ait eu une incidence?

 

En tout cas, ce passe-passe juridique a scandalisé les magistrats. Les 3 juges d'instruction ont écrit le 14 mai, au président de la chambre de l'instruction, puis le 15 mai, à la première présidente de la Cour d'appel, pour dénoncer la teneur de ce communiqué, qu'ils assimilent à une "pression" sur la justice. Et le Syndicat de la magistrature s'est aussi émue le 22 mai dans un long communiqué.

 

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