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Publié par Le Mantois et Partout ailleurs

Toujours dans les Chemins de faire, ceci:

Absence

 

Une vigne c'était et sa gorge de flamme

Toute épanouie d'argent, d'or et de carmin,

  Tendre, sucrée et parfumée comme une femme:

Mes lèvres l'ont croquée, butinant son chemin.

 

Un soir, j'en suis parti quand s'effraie l'hirondelle,

Je m'en suis allé, qui préserverait mon nid?

L'ombre s'est accumulée sur une tonnelle

Et sur de vieilles traces jusqu'à l'infini.

 

Je suis revenu. Étais-je toujours le même?

Où s'en est allé le muscat hier déployé?

Le ciel d'Occitanie s'est noirci d'anathèmes,

Comme j'ai perdu la clé de mon vieux foyer.


 

Où es-tu

 

Vigne, vigne, où es-tu

Dans cette poussière morte

Que le Cers mauvais emporte

Et me laisse dévêtu,

Telle une âme sans vertu

Sur un devant de porte?


 

Douleur

 

Quand tout commence ou tout s'achève

L'oeil de la vie comme l'espoir

Une chanson en moi s'élève

Parfois à l'heure où point le soir.

 

Souvent je pleure de l'entendre

Encore et dépassant la nuit

Des fois qu'on veuille la pourfendre

Dans mon exil l'air est sans bruit.

 

Mais mes sanglots sont que peut-être

Je ne vois plus la vigne en fleurs

Et que derrière ma fenêtre

Je n'aperçois que ma douleur.

 

fleur de vigne

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caroleone 05/05/2013 14:29

Bonjour Roger,

Quel magnifique poème, c'est un germe de vie à lui seul, on a envie de venir faire les vendanges et de soulager ton coeur en peine.
Ton écriture s'embellit d'écrit en écrit, on dirait que les mots se libèrent, ils retournent au pays d'Oc, de miel et de cigales, de vin et de soleil.

Merci beaucoup pour ces moments rares...et forts

caroleone