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Publié par Le Mantois et Partout ailleurs

Madame la députée-maire PS de Rosny-sur-Seine et monsieur le maire UMP de Mantes-la-Jolie ont décidé de s'unir pour édifier un nouveau quartier en bordure de la Seine (laquelle n'a pas besoin d'une concentration supplémentaire de population pour être polluée) et entre ces deux communes, en bordure du Val-Fourée, quartier dit "sensible" pour les gens qui se cachent la vérité. Il sera un éco-quartier.

 

En effet, pas moins de 5 000 logements seraient construits dans un bout du Mantois particulièrement sinistré par le chômage, la précarité et le mal-être.

5 000 logements alors qu'aucun projet sérieux de créations d'emplois n'est soutenu par les deux municipalités. 5 000 logements, ce sont 15 000 habitants supplémentaires à qui il faudra fournir des infrastructures éducatives, sociales et sportives, quand Mantes-la-Jolie a appliqué une augmentation de 38% de ses impôts locaux. 5 000 logements, c'est pour le moins 10 000 véhicules supplémentaires dans une zone où la circulation s'engorge fréquemment entre Rosny-sur-Seine et Mantes-la-Jolie. Et le tarif excessif des transports urbains en commun n'en est pas l'unique cause.


Mais pas de référendum sur un projet qui engagerait la ville, ses habitants et ce bout du Mantois sinistré pour 30 ans et plus.

Les moins de 20 ans ne sauraient connaître l'histoire du Val-Fourré (8 200 logements au total, la plus grande cité d'Europe) qui devait posséder moult équipements et moult commerces pour sa population, mais qui, finalement, pour combler son déficit, s'est vu édifier à la place des barres d'HLM en veux-tu en voilà, avec la mal-vie qui va avec lorsque la désespérance s'y installe durablement. (Extraits de mon article du 19 11 2012 sous le titre Rosny-sur-Seine Mantes-la-Jolie: la folie des grandeurs)

 

Marc Jammet, conseiller municipal PCF de Mantes-la-Jolie, dans son blog de ce dimanche (à découvrir ici link ), écrit l'article suivant :

7 juillet 1958. Le Conseil municipal approuve le plan-masse prévoyant 5.780 logements (1).

La naissance du Val-Fourré ou « un air d’éco-quartier ».

 

Dès le départ, par la voix de René Martin, le groupe communiste au Conseil municipal s’oppose à l’ampleur de cette opération.

Les élus communistes acceptent la construction de 3.000 logements pour répondre aux besoins (hébergement des sans-logis, des mal-logés et des jeunes désirant établir un foyer).

Par contre, ils s’opposent fermement aux 6.000 logements prévus dont une grosse partie servirait à faire venir une population extérieure à l’agglomération.

Le bilan financier à terme l’inquiète également.

Les faits devaient lui donner rapidement raison.

 

LE NOMBRE DE LOGEMENTS PREVUS AUGMENTE TRES RAPIDEMENT.

 VF

Cliquez deux fois sur l'image pour l'agrandir.

 

Le 3 septembre 1962, le maire, Jean-Paul David (droite), fait approuver le bilan du Val-Fourré établi par la SERM (société d’économie mixte de la région mantaise créée à cette occasion) et le plan-masse.

Le nombre de logements y est passé à 7.074 pour équilibrer financièrement l’opération.

Mais ce n’est pas fini. Il atteindra ensuite le chiffre de 7.500 puis 8.230 en 1971.

 

LA RECHERCHE DU MOINDRE COUT.

 

La construction s’engage dans cet esprit : logements en bande et surtout en hauteur pour édifier à moindre coût le maximum d’appartements sur un minimum de surface.

Ce fut la grande époque de la réalisation d’éléments préfabriqués en béton qu’il suffisait d’assembler pour obtenir soit des barres, soit des tours.

 

DES CONSEQUENCES FINANCIERES GRAVES POUR LA VILLE.

 

Pour le maire, Jean-Paul David, les dépenses seraient couvertes par la SERM et la part de la Ville se limiterait à sa participation obligatoire pour les groupes scolaires (il fallait tout de même plus de 200 classes).

En réalité la commune dut payer non seulement 50% des dépenses scolaires mais dut également participer aux espaces verts, à la voirie, à la construction de la Poste pour 150.000 francs …. Nombre de dépenses que le bilan financier n’avait pas prévu au départ.

 

En 1978, le bilan de la SERM (que la droite avait caché avant les élections municipales de 1977) montrera que la Ville avait participé pour près de 6 milliards de centimes – soit cinq fois plus que prévu.

 

Après la défaite de la droite en 1977 et l’arrêt de la construction au Val-Fourré, il fallut terminer les constructions en cours et, en particulier, les équipements sociaux et culturels non réalisés (mairie-annexe, bureau d’aide sociale, bibliothèque, Assedic, CIO, SERM, centre médico-pédagogique, inspection du travail, l’agence commerciale des PTT, la caisse d’allocations familiales, le stade nautique…) avant d’engager des réhabilitations (de façades) sur un bâti qui avait (vite) mal vieilli… avant d’affirmer que « maintenant, il fallait détruire ».

 

Une affirmation que la droite locale a repris à son compte dès son retour au pouvoir avec Pierre Bédier en 1995 : 400 millions d’euros ont été consacrés à détruire plus de 1.200 logements sociaux au Val-Fourré.

Et la dette, les impôts locaux, d’opération en opération, n’en finissent pas d’exploser !

 

AUJOURD’HUI L’ECO-QUARTIER FLUVIAL ?

 

Le maire de Mantes la Jolie, qui n’avait jamais voulu prendre en compte le nombre de mal-logés (2.000) le met brusquement en avant pour justifier cette opération.

De 3.000, le nombre de logements prévus est passé à 5.000 – voire 6.000 un moment.

 

« Il n’y aura aucune incidence financière » nous assurent le maire (UMP) de Mantes la Jolie et la maire (PS) de Rosny sur Seine ». De quoi rassurer les Mantais sans doute !

« Un peuple sans mémoire est un peuple sans histoire » avait écrit Karl Marx. A méditer …

 

Source. «  Mantes et Mantes la Ville de 1789 à nos jours » (GREM)

 

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