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Publié par Le Mantois et Partout ailleurs

  Ce n'est pas une enquête sociologique du vote blanc ou nul, encore moins un sondage. C'est tout simplement une image des raisons de 10 électeurs qui ont voté ainsi. Dimanche dernier, 5,8% des votants n'ont choisi ni François Hollande ni Nicolas Sarkozy. les chercheurs en sciences politiques ont peu étudié cet électorat, écrit Rue89.

  Alors à défaut d'une analyse, seulement 10 impressions :


L'un des riverains de Rue89 a glissé le bulletin de Schivardi de 2007 dimanche 6 mai

 

 

1. « Il faut du changement. Je ne voyais pas d’autre choix pour l’exprimer »

 

"Cela m'a fait mal au cul, mais j'ai voté Le pen au premier tour. Il faut du changement et je ne voyais pas d'autre choix pour exprimer ça. Si, allez, Mélenchon ou dupont-Aignant peut-être. Là, c'est vote blanc. Pas question de voter pour Sarko ou pour Hollande. Le Parti socialiste est le parti le plus endormi.

Dans les quartiers, on veut que ça bouge. Pas du laxisme et encore moins de l’assistanat. Et au rayon islam, je ne vois pas ce que les autres partis, en particulier le PS, ont fait pour la condition des musulmans. Donc sur ce point, aucun cas de conscience. »

Jamel Djamel, 22 ans, technicien supérieur au chômage, à Chanteloup-Les-Vignes (Yvelines)

 

2. « Pas possible de voter pour quelqu’un qui m’inspire si peu »

 

« Je me situe plutôt à gauche sur l’échiquier politique. J’ai voté Eva Joly au premier tour, blanc au second pour exprimer un certain mécontentement.

Le virage très à droite pris par Nicolas Sarkozy me révulse et me fait fuir, alors que la personne de François Hollande ne me convainc pas du tout. Même si son programme et ses idées se rapprochent de mes convictions, je ne le sens pas capable de diriger convenablement la France à l’heure actuelle, au vu des énormes difficultés auxquelles le pays fait face.

Pour moi, il n’a pas la stature d’un homme d’Etat, et il ne m’était juste pas possible d’envisager voter pour quelqu’un qui m’inspire si peu. C’est donc pour toutes ces raisons que j’ai opté pour le vote blanc, et je suis bien contente que son taux soit assez important pour que tous les médias en parlent aujourd’hui. Peut-être cela va-t-il enfin conduire les politiques à s’interroger et à se remettre en question ? »

Charlotte, étudiante en troisième année à l’Institut d’études politiques de Lyon

 

3. « Je ne fais plus confiance aux socialistes »

 

« J’ai voté Poutou au premier tour, blanc dimanche. J’étais sûre que Hollande passerait et, évidemment, je suis content que Sarkozy s’en aille. Mais vu la campagne, ça va surement être pire dans cinq ans. Je ne fais pas confiance aux socialistes.

Le vote blanc, c’est aussi un geste libertaire : il y a une fatalité depuis des années, je refuse cette opposition entre deux types pas très éloignés l’un de l’autre.

Ce qui est étonnant, c’est que mon entourage, qui a voté Hollande, ne m’a pas fait pression cette année : en 2007, j’avais fini par voter pour Ségolène Royal. Si j’avais senti dimanche que c’était ric-rac, j’aurais fait pareil.

En 1981, j’avais voté Mitterrand mais c’était différent. On arrivait de très loin, il avait ses 100 propositions dont l’abolition de la peine de mort, le vote des immigrés... Le soir, j’étais pas très loin de la Bastille, même si je me faisais aucune illusion. Dans l’Histoire, les socialistes ont toujours trahi leurs électeurs. Mais si Hollande règle certains problèmes, il est possible que je vote pour lui la prochaine fois. »

Louis, 61 ans

 

4. « J’avais grand espoir en DSK »

 

« Voici plus ou moins dans l’ordre, pourquoi j’ai voté blanc au second tour :

- ni l’un ni l’autre des candidats ne m’a totalement convaincue durant la campagne ;

- j’aime la politique économique de Sarkozy mais pas du tout sa politique sociale ;

- j’aime la politique sociale de Hollande mais pas du tout sa politique économique ;

- j’ai voté Bayrou au premier tour et il n’était pas au second tour (mais même s’il avait été au second tour, je ne suis pas sûre que j’aurais voté pour lui) ;

- j’ai voté Sarkozy en 2007 et j’ai passé quatre ans et neuf mois à le regretter pour beaucoup de promesses non tenues, de réformes non faites et d’espoirs jamais assouvis. Même si je suis plus proche de la droite, je ne pouvais pas voter pour lui ;

- j’ai hésité à mettre les deux bulletins dans l’enveloppe, car finalement, je trouve qu’un mix des deux hommes pourrait être pas mal. Finalement, je n’ai rien mis puisqu’au final le vote blanc compte comme une abstention...

- j’avais grand espoir en DSK avant que toutes ses affaires avec la justice le sortent de la course à la présidentielle. Dès ce moment, j’ai plus ou moins su que je voterai blanc ;

- j’ai détesté le mot d’ordre de la gauche pendant la campagne qui, avant un programme, avait pour but battre la droite en général et Sarkozy en particulier ;

- j’ai détesté le rapprochement de l’extrême droite de Nicolas Sarkozy. »

Marina Failliot, 34 ans, chargée de clientèle à Saint-Aubin-de-Crétot (Seine-Maritime)

 

5. « Je ne voulais pas que l’écart Sarkozy-Hollande soit trop grand »

 

« C’est la première fois que je votais car j’ai eu 18 ans en mars. Au premier tour, j’ai voté Bayrou. Pour le second tour, j’étais en désaccord avec les programmes de Sarkozy et d’Hollande : Sarkozy, surtout concernant l’immigration, Hollande, parce qu’économiquement, on est dans une situation de crise et qu’il ne propose pas de solutions.

J’avais quand même une préférence pour Hollande. C’est aussi familial : une partie de ma famille est plutôt à gauche. Si j’avais voté pour François Hollande, cela aurait été un vote par défaut et je n’en avais pas envie. Je savais qu’il allait passer. Je ne voulais pas que l’écart soit trop grand et je voulais que la droite conserve une place importante et qu’elle reste forte car la confrontation est essentielle. J’ai hésité jusqu’au dernier moment, même dans l’isoloir.

Mon vote a été utile car j’ai réduit l’écart entre Sarkozy et Hollande. J’ai toujours trouvé que les idées du centre étaient bonnes. Les idées de Bayrou sont les plus en accord avec ma façon de voir la politique. »

Clémentine Scohy, 18 ans, Montpellier, lycéenne en terminale scientifique

 

6. « Le vote blanc est symbolique »

 

« Je vote par conviction. Je déteste le fait de voter pour s’opposer, j’estime qu’on vote car on adhère aux thèses du candidat. Ici, nous avions le choix entre deux candidats qui ne m’intéressaient pas. Les deux programmes sont très dangereux, ils n’imposent pas une bonne direction pour le pays.

J’ai voté Mélenchon au premier tour car c’est la personne qui me semblait pouvoir imposer une direction plus saine pour l’avenir (même si je n’adhère pas à toutes ses idées, l’important est bien la tendance future et non les mesurettes).

Pour terminer, je considère que le vote blanc est symbolique. Il a perdu (ou n’a jamais eu) sa vraie valeur, à savoir la reconsidération des candidats dans le cas d’un vote blanc majoritaire. Cependant, si nous nous abstenons, le message devient ambiguë... Un vote blanc ne doit pas avoir d’autre sens que : “Virez moi ces gens-là et proposez nous une autre liste”. »

Jérémy, 24 ans, Castelnau-le-Lez (Hérault)

 

7. « Aucun ne m’a fait reprendre confiance en l’avenir »

 

« Mes idées sont généralement plus orientées à droite qu’à gauche mais monsieur Sarkozy n’a pas su faire taire son instinct de survie pour rassembler les partisans du FN et a eu des paroles inacceptables. Quant à monsieur Hollande, n’étant pas assez informée sur ce qu’il avait fait précédemment, et à la vue de certaines idées délirantes que contenait son programme (60 000 postes dans l’enseignement,etc.), j’ai finalement opté pour le vote blanc.

J’ai voté en premier pour Bayrou, qui me semblait être le plus honnête (même si je ne voyais pas le personnage président de la République). En 2007, si j’avais pu voter, j’aurais choisi Sarkozy : il incarnait un idéal. Plus maintenant.

Aucun des finalistes dimanche ne m’a fait reprendre confiance en l’avenir (surtout celui réservé au jeunes) et je n’en ai trouvé aucun des deux honnête, capable de dire que la France était réellement mal partie face à cette crise. »

Marie


8. « Il faut une refonte de notre système »

 

« J’ai voté nul au second tour car les deux candidats étaient similaires dans leurs projets : l’austérité.

Ce n’est pas des mesurettes qu’il nous faut mais une refonte de nos systèmes, notamment financiers et économiques. Notre système est dans une impasse et on a comme l’impression que les politiciens au pouvoir (UMP et PS mais pas que) essaient de profiter jusqu’au bout de ce système (regardons de plus près leurs rémunérations et les relations très douteuses qu’ils ont avec les décideurs économiques et les médias).

Mais ce qui m’a particulièrement dégoûté, c’est comment la campagne a été orchestrée par les médias qui, dès la primaire, avaient déjà leurs candidats et qui n’ont présenté aucune alternative a Hollande-Sarkozy que Le Pen. Nous avions donc en finale, deux “candidats par défaut”.

Je me considère de gauche, plutôt altermondialiste (j’ai voté Montebourg à la primaire, et je soutenais Melenchon et Joly à la présidentielle). Pour les législatives, je voterai Front de Gauche pour forcer le PS à mettre de l’eau dans son vin et à tenir ses engagements. »

B. Fisher, 19 ans, étudiant en BTS à Nantes

 

9. « J’en ai marre... »

 

« FN au premier tour, blanc au second. J’en ai marre de recevoir des immigrés pour les traiter comme des esclaves ensuite. C’est inhumain, mais arrangeant pour les politiques. J’en ai marre de l’euro aussi. Tu vas à la boulangerie, le pain dépasse 1 euro.

Pendant le débat, ils ont parlé de tout sauf des “vrais” soucis des Français. Alors oui, Hollande m’a étonné mais en même temps, avec un tel bilan, Poutou aurait pu se défendre contre Sarkozy. »

Kevin, 23 ans, chômeur

 

10. « Ne pas céder au vote utile »

 

« Je vote Bayrou depuis “toujours”. Le fait qu’il ne soit pas au second tour m’engage à voter blanc. J’avais déjà fait cela sur le coup de Chirac-Jospin.

Bayrou avait dans son programme la reconnaissance et le comptage du vote blanc. Je suis pour une proportionnelle, avec les dangers qu’elle comprend, c’est le seul moyen de sortir de ce marasme et de cet immobilisme et de cette blague géante droite-gauche.

Je pense que le seul moyen de faire évoluer la politique sclérosée de la France est de ne pas céder au vote utile. Ce concept est la plus grande arnaque électorale. La démocratie n’est-elle pas plus de voter pour qui l’on croit que contre celui qu’on ne veut pas ? »

Jean-Noël, 30 ans, publicitaire à Saint-Denis (La Réunion)

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caroleone 10/05/2012 09:40

Bonjour Roger,

C'est intéressant d'avoir tous ses témoignages, très parlant....on a du pain sur la planche.
Amitiés

caroleone