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Publié par Le Mantois et Partout ailleurs

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A Nantes, pour cause de disette budgétaire dans la recherche publique et au mépris de la loi républicaine. 32 ans, mariée et mère de 2 enfants, cette ingénieure dans la recherche médicale a bossé 11 ans en CDD "au sein d'une seule et même équipe de recherche médicale", mais avec plusieurs patrons pour contourner la loi: association de recherche du centre hospitalier universitaire (un an) ; Inserm (deux ans) ; CHU (trois ans); CNRS (six mois) ; puis encore l'Inserm (quatre ans et demi). Elle est virée depuis le 23 septembre 2012.

 

Il n'y a plus un rond et vous avez trop trop d'ancienneté pour un énième CDD, a-t-on répondu à celle qui menait une étude clinique importante sur 200 patients au sein du service de réanimation du CHU de Nantes. 

   Ce programme tendait à prouver "l'efficacité d'un traitement pour redonner un système immunitaire compétent à des personnes accidentées de la route", sujettes parfois à de graves infections. Après son départ, le programme a tangué, de l'aveu même d'un membre de l'équipe. Oui, il faut du temps pour retrouver un chercheur capable de prendre sa suite et de le former à un programme de recherche spécifique.


Le 5 octobre 2012, l'ingénieure a saisi le tribunal administratif de Nantes, qui a enjoint à l'Inserm de procéder au réexamen de son dossier. La requête est restée lettre morte. L'avocat de la congédiée a aussitôt écrit à Geneviève Fioraso, ministre de tutelle de l'Inserm, pour qu'elle exerce son autorité hiérarchique.

 

 Lise Caron, chercheuse au CNRS et secrétaire régionale du Syndicat national des travailleurs de la recherche scientifique CGT a aussi interpellé la ministre, dénonçant "les dégraissages" dans les établissements publics "afin d'éviter de passer en CDI les précaires. Nos laboratoires vont se vider de personnels qualifiés et expérimentés. Plus de 15 00 salariés précaires à Nantes participant à des programmes de recherche pointus pour le compte de l'Inserm, du CHU ou de l'université de Nantes et les laboratoires comptent jusqu'à 40 % de contractuels".

 

Ôtez-moi d'un doute, Nantes n'est-elle pas la ville dont Jean-Marc Ayrault était le maire avant de passer grand chambellan de l'Elysée? Et la ministre qui ne répond toujours pas. Ah, ça la fout vraiment mal pour un gouvernement en ordre de bataille pour l'emploi durable, non?

 

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