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Publié par Le Mantois et Partout ailleurs

L'église catholique de France, après sa charge du 15 août contre les couples homosexuels et la liberté de chacun, récidive. Après la prière inventée à cet effet par le cardinal André Vingt-trois, boss des évêques français, voici la voix non moins céleste de monseigneur Barbarin. Cet ecclésiastique en appelle au Parlement de Dieu qui surpasserait celui élu par les citoyens de notre pays. Il s'est fendu d'un interwiew dans le Progrès auquel Jean-Paul Bourgès répond dans Médiapart du 16 août. Les surlignages sont de ma pomme.

Un Parlement de Dieu ?

Laïcité-bis

En une du journal « Le Progrès » daté du 14 août, figure une déclaration ahurissante du Cardinal Philippe BARBARIN : « Le Parlement n’est pas Dieu le Père ».

Ce propos annonce l’interview situé en pages intérieures où le Prélat tente laborieusement d’expliquer d’une façon alambiquée et chantournée pourquoi il est légitime que les évêques de France demandent aux croyants de prier le 15 août pour la préservation des « valeurs familiales », c'est-à-dire pratiquement contre l’intention du Gouvernement de soumettre au Parlement un projet de loi autorisant les mariages homosexuels et l’adoption d’enfants par ces nouveaux couples officiels.

Comme je l’avais développé dans un précédent billet sur le sujet de la laïcité il y a quelques semaines et dans les échanges auxquels il avait donné lieu avec plusieurs lecteurs, je suis suffisamment tolérant pour admettre les points de vue de chacun et je comprends que certains soient viscéralement attachés à une conception traditionnelle du mariage.

Les Catholiques, évêques mitrés en tête, ont tout à fait le droit d’exprimer individuellement ou collectivement leur opinion sur ce point du mariage homosexuel. Le problème pour eux c’est que le nombre de ceux qui les écoutent fond de plus en plus vite … même chez les Catholiques.

Par contre ce qui me choque profondément c’est tout d’abord la limite posée par Philippe BARBARIN au domaine dans lequel le Parlement peut légiférer. Où et depuis quand a-t-il trouvé que la loi ne pouvait pas aborder certains aspects de notre vie en société … qui seraient « réservés à Dieu » ? Mais, ce qui est beaucoup plus grave c’est que ce n’est pas Dieu qui s’exprime … aux dernières nouvelles … mais l’Assemblée des Evêques de France, autrement dit le Parlement du Catholicisme en France (Compte tenu du mode de désignation de ses membres, on peut douter que le terme de « parlement » soit tout à fait adapté à cette structure uni-sexuée de personnages nommés par un Souverain basé à l’étranger … il me semble, cependant, que cet aréopage joue le rôle d’une assemblée délibérante pour ses fidèles mais sans avoir le droit d’interférer avec la loi républicaine). La prise de position des évêques est donc l’expression d’un conflit de légitimité démocratique qui contrevient fondamentalement à la loi de 1905. Comme toute violation de la loi elle devrait donner lieu à des poursuites judiciaires.

La réforme du droit du mariage sera votée, des couples homosexuels … y compris de conviction catholique … en bénéficieront, la place politique et morale de l’Eglise Catholique apparaîtra une fois de plus pour ce qu’elle est … c'est-à-dire plus grand-chose.

Mais il ne faudrait pas que se répètent trop souvent de telles atteintes à la loi de séparation des églises et de l’Etat car on pourrait être tentés de revoir la loi de 1905 dans le sens d’un durcissement, d’autant que les Catholiques ne sont pas les seuls à interpréter de façon aussi inacceptable la notion de loi républicaine..


Jean-Paul Bourgès 15 août 2012

 

L'Eglise catholique prépare son attaque contre les droits homos

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