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Publié par Le Mantois et Partout ailleurs

 

laicite2[1]

La France, ma France, c'est celle de la séparation des églises et de l'Etat de 1905. Dans cette France que j'aime ainsi, coexiste donc la liberté de croire et aussi celle de ne pas croire. Pour ma part, je préfère croire en des lendemains qui chantent dans l'existence, plutôt que d'espérer, dans ma tombe, un monde meilleur. Et écrire cela n'est pas blasphémer, car le blasphème n'existant pas en France, il n'est pas un délit sanctionné par la loi républicaine.

C'est une vérité juridique, même si j'entends beugler les intégristes de toutes les religions établies sur le territoire de la République. 


Et voilà qu'en ces circonstances actuelles, on oublie de rappeler la loi du 9 décembre 1905 instituant la séparation des Églises et de l'Etat dans les hautes sphères de notre état républicain et laïque. On oublie de rappeler que cette loi ne sépare pas la seule religion catholique de la République, mais toutes les Églises, c'est à dire toutes les religions pratiquant un culte. Par la promulgation de cette loi, la religion est donc une association de droit privé qui ne doit jamais interférer dans la sphère commune de l'Etat. Et les articles premier et second restent de ce fait d'ordre public:

article 1: la République assure la liberté de conscience (...).

article 2: la République ne reconnaît, ne salarie ni ne subventionne aucun culte.

Oui, la République ne reconnaît aucun culte et la liberté de conscience entend la liberté de croire ou de ne pas croire et de penser ce que l'on veut des religions.

 

A la Libération de la France, la laïcité est entrée dans la Contitution de 1946. En 1958, la Ve Constitution française institue: "La France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale". Cet article précède le texte constitutionnel. C'est à dire qu'il supervise toute la Constitution et que la République française, dans tous ses actes, doit absolument répondre aux caractères d'un état laïque.

 

Cependant, la société française subit une crise profonde et l'action politique pour la résoudre n'est pas vue par nombre de nos concitoyens comme une solution. Et dans ce mauvais air que l'on respire, les intégristes sortent du bois, qu'ils se reconnaissent chrétiens, musulmans ou d'une autre chapelle. Pour l'occasion, ils beuglent à tout va, se drapant derrière le faux voile de la liberté d'expression. Ils aboient comme si en France, on devrait être croyant, sinon rien et donc s'asseoir sur la liberté de conscience contenue dans la loi de la République.

 

La Révolution de 1789, dans sa "Déclaration des droits de l'homme et du citoyen" a supprimé la notion de blasphème. Mais il a fallu ensuite les luttes acharnées d'hommes et de femmes à la pensée libre (croyants ou athées) pour en arriver à une République laïque.


En 2012 et pour les siècles des siècles, la France est républicaine et un état laïque dans lequel le blasphème n'est pas un délit. A moins de vouloir ressembler à la cruauté peinte, en 1728, dans ce tableau "Le blasphémateur lapidé".

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