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Publié par Le Mantois et Partout ailleurs

 

     Dix jours après celui de Rennes, un second cadre de la Poste se suicide à Trégunc, dans le Finistère, sur son lieu de travail, la plate-forme du centre de tri.

Photo d'illustration du logo de la Poste.

         Photo d'illustration du logo de la Poste. GILE MICHEL/SIPA

 

  Ouest-France cite ainsi les faits: "Selon la CGC, l’homme de 42 ans était en arrêt de travail depuis novembre dernier.  «C'est un cadre, postier depuis 20 ans (...) une personne fragile psychologiquement. Il avait déjà été arrêté en 2009, il avait des problèmes avec sa hiérarchie. Il était fragilisé, à fleur de peau», a déclaré le secrétaire territorial CGC Antoine Le Séguillon, joint par l'AFP. «Le fait qu'il soit revenu sur son lieu de travail n'est pas anodin. C'est un message qu'il a voulu envoyé à l'entreprise», a poursuivi Antoine Le Séguillon en précisant que le cadre avait écrit au PDG de l'entreprise Jean-Paul Bailly en novembre pour lui faire part de ses difficultés."

  La CGC s'alarme «une nouvelle fois de la situation de "mal être" qui existe dans l'entreprise et appelle la direction de La Poste à prendre en toute urgence toutes les mesures nécessaires pour empêcher que de nouveaux drames se produisent».

  Marié, père de deux enfants, il a laissé à son domicile de Quimper des écrits pour expliquer son geste.  Il a aussi envoyé un courrier électronique dimanche en milieu d'après-midi à la CGC, dont il était membre, «un mail un peu confus» mais dans lequel il n'annonçait pas son suicide, a précisé Antoine Le Séguillon."

 

  La Poste a confirmé que le postier était en «arrêt maladie depuis quatre mois, depuis début décembre 2011». «On a tout de suite mis en place une cellule de soutien psychologique», a-t-elle aussi indiqué. Une rencontre doit avoir lieu à 13h entre la direction et le secrétaire du  CHSCT pour l'ordre du jour du CHSCT, prévu le 13 mars, afin d'aborder ce suicide.

  Celui-ci intervient 10 jours après celui d'un autre cadre de 28 ans à Rennes, il y a 10 jours. Le jeune homme avait sauté du dernier étage de la Poste, en plein centre-ville de la capitale bretonne.

 

  Après ce suicide, dans un communiqué, la CGT avait exigé que la Poste et ses actionnaires, l'Etat et la Caisse des dépôts et de consignations "prennent toutes leurs responsabilités et changent de politique et de mise en oeuvre de leur stratégie". Le syndicat dénonçait vivement  "les suppressions de postes, les réorganisations et le management arbitraires, comme la recherche incessante de la rentabilité financière au détriment du personnel et du service public rendu aux usagers". Bis repetita, hélas...

 

  Communiqué de la fédération CGT-FAPT et du syndicat CGT-FAPT du Finistère sud:

  Un cadre supérieur de La Poste à mis fin à ses jours dimanche soir à Trégunc, dans le Finistère.

  Face à ce geste de désespoir, la CGT, ses militants pensent avant tout à sa famille, ses proches, ses collègues et tiennent à leur apporter tout leur soutien et leur solidarité.

  Bien que ce geste extrême ait eu lieu durant le week-end, le lieu « choisi », son service d’affection, ne peut-être anodin.

  Pour la CGT, toute la lumière doit être faite et les responsabilités doivent être révélées.

  Avec le drame de la semaine précédente à Rennes, ce nouveau suicide impose que la Direction de La Poste prenne la mesure de toutes les conséquences de ses choix.

  La CGT, depuis des mois et des mois, ne cesse de dénoncer les pressions faites sur les cadres et employés engendrées par des restructurations incessantes au nom de la rentabilité financière.

  Rien n’a été fait sinon que de continuer à développer une politique de suppression massive d’emplois, de réorganisations, regroupement de bureau qui engendre un mal vivre au travail.

  L’urgence est de replacer l’Humain au centre du travail.

  Pour La CGT, en tout premier lieu, la Poste doit prendre la décision de stopper immédiatement toutes ses réorganisations et ouvrir de véritables négociations pour revoir en profondeur la finalité, l’organisation et le contenu du travail, pour que cela change véritablement et durablement.

  C’est ce qu’elle réaffirme à nouveau auprès du Président de La Poste.

  Montreuil, le 12 mars 2012

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GALLOT 09/04/2012 21:30

La Poste « m’a tuer »

Je suis un fonctionnaire de 54 ans et je travaille à la Poste depuis 38 ans.
Durant toutes ces années, le Groupe La Poste m'a donné la possibilité de pouvoir évoluer au sein de l'entreprise dans différents métiers aussi passionnants les uns que les autres et qui m'ont
apportés beaucoup de satisfaction. Grâce à ma détermination et à ma volonté, j’ai eu un parcours professionnel exemplaire et j'ai su m'adapter aux différentes évolutions du Groupe La Poste.
Depuis ma prestation de serment à La Poste en 1974, j'ai toujours respecté les règles éthiques de mon entreprise en faisant preuve d'honnêteté et de probité.
Néanmoins malgré mon entière intégrité, depuis plus de 2 ans et demi, ma situation professionnelle est devenu un vrai cauchemar. Les conditions déplorables dans lesquelles je me trouve encore
actuellement je ne les ai pas voulues et ce n'est pas moi qui l'ai provoquées.
D'une manière arbitraire, sans motif apparent, je suis devenu l'homme indésirable. Du jour au lendemain sans aucune explication, mes responsables hiérarchiques de la télévente m'ont dépouillé de
l’ensemble de mes attributions liées à ma fonction de superviseur télévente créant chez moi un très grand désarroi.
La Direction Nationale de la Télévente avec à sa direction Mr Alain Drillet n'hésite pas à enfreindre les règles en vigueur à La Poste et à bafouer mes droits au travail pour arriver à leurs fins
et me voir partir tout cela malgré déjà un recours déposé au tribunal administratif.
Rien ne les arrête et le rouleau compresseur continue à m’écraser.
Tout au long de ces longs mois qui viennent de s'écouler, j'ai dû faire face une fois encore au mépris et à l'humiliation de mes responsables hiérarchiques. Petit à petit, je n'ai plus eu droit ni
au commissionnement ni aux formations. L'animateur des ventes chargée de monter en compétence les superviseurs, m'a dit que je ne faisais plus parti de sa sphère de compétence. Non seulement j'ai
été affecté sur une position de travail inexistant mais à deux reprises mon directeur des ventes m'a refusé de me muter sur des postes de travail vacants et de même niveaux, j'ai même pensé
fortement à mettre fin à mes jours alors que l'on m'avait confié en toute connaissance de cause la responsabilité d'une équipe d'assistants bien connus de toute la télévente pour leur état d’esprit
vindicatif et qui m’a valu 2 mois d’arrêt pour dépression. Mais ce qui m'a fait le plus mal, ce qui m'a fortement choqué, c'est lorsque mon responsable plateau m'a humilié à plusieurs reprises
devant mes collègues superviseurs qui sont restés impassibles en me disant que je ne n'étais plus superviseur, fonction que j'ai acquise avec le fruit de mon travail.
Mes collègues de travail qui durant des mois m'ont vu m'enfoncer dans la déprime ne sont jamais intervenus et ne m'ont jamais soutenu jusqu'a me reprocher de les ennuyer avec mes problèmes en me
demandant de ne plus intervenir en réunion et de me rapprocher d'un avocat. Cette attitude pourrait s'apparenter à de la non-assistance à personne en danger.
Face au mépris et au silence complice de l'ensemble du plateau télévente, j'ai demandé la mise en place d'un CHSCT extraordinaire pour dénoncer ces comportements odieux et retrouver mon honneur. A
plusieurs reprises, j'ai alerté tous les syndicats de La Poste pour leur faire part de ma situation dramatique. Hélas aucun syndicat n'est intervenu me laissant dans un profond désarroi. Quelques
jours avant la tenue du CHSCT, la représentante du personnel m'avait gentiment dit qu'elle n'interviendrait pas au cours de la réunion pour préserver ses intérêts professionnels à La Poste.
La procédure du CHSCT Extraordinaire mise en place en début 2010 n'ayant abouti sur rien, afin de défendre mes droits, mes intérêts et mon honneur il a fallu que je fasse appel à un avocat pour en
arriver au dépôt d'une plainte pour Harcèlement moral au tribunal administratif de Melun en décembre 2010.
Les relations avec la télévente sont devenues des rapports de force qui, à la longue, deviennent usantes. Je n’existe plus, je suis déjà rayé des cadres. En acceptant un détachement à l'université
du courrier comme formateur, cela a permis à la Direction Nationale de la Télévente à atteindre leur objectif de me voir partir de la Télévente. Je pensais bien y rester mais cela n'a fait que
renforcer ma précarité.
Depuis le début de mon stage à l'université du courrier de La Poste, je ne reçois plus aucune communication, plus aucune information, plus aucun courrier et documents administratifs émanant de la
télévente alors que j’en recevais régulièrement. Le renouvellement des lettres de mission qui n'ont aucun cadre légale, prouve bien la forte volonté de m'évincer alors que je ne suis pas en
reclassement. Ces lettres de missions ne servent qu’à mettre sur la touche les indésirables et à fournir une main d'œuvre bon marché au service prenant.
Tous ces faits portent une fois encore atteintes à mes droits, à ma dignité et mon avenir professionnel et financier est compromis. Ma situation physique et psychologique s'est détériorée. Je suis
dépossédé d'une partie de moi même ce qui me rend fragile; je suis séropositif depuis 28 ans.
Je ne comprends pas cet acharnement alors que j'ai toujours fait preuve d'un comportement et d'un travail irréprochable. Suis-je trop âgé, est-ce à cause de ma maladie ou alors parce que j'ai
refusé des avances sexuelles du responsable plateau ?
Toujours est-il, après 38 ans de bons et loyaux services je mérite plus de considération et de reconnaissance. Je suis encore bon pour le service et à 54 ans j'ai encore l'avenir devant moi et
beaucoup à donner.
Ces attitudes déplorables nuisent gravement à l'image de La Poste déjà ternie par d'innombrables suicides (le dernier suicide d'un cadre de la Poste à Rennes remonte au 29 février 2012) notamment
dû au stress et à la pression ce dont je souffre actuellement.
Faites ce que je dis, pas ce que je fais !!!. Telle serait la devise de Mr Bailly. Les décisions qu'il a pris dernièrement pour se donner bonne conscience n'est que de la poudre aux yeux. Le
dialogue sur le bien-être au travail que Mr Bailly souhaite ouvrir arrive bien tard, au prix de la vie de 75 collègues. En 2010 les médecins de La Poste dénonçaient déjà ce mal être à la Poste. La
nomination d'une médiatrice est un aveu d'échec alors qu'il existe déjà des organismes de soutien aux postiers tel que "soutien aux postier" "diversité-handicape". Les plaies ouvertes ont du mal à
se cicatriser.
A grand renfort de communication, Mr Bailly Jean-Paul qui a été reconduit dans ses fonctions à la Direction Du Groupe La Poste par le président de la république, fait l'éloge de la déontologie de
La Poste dans laquelle il est demandé à chaque postier d'avoir une attitude intègre, de se conformer aux lois et aux règlements, de respecter l'entreprise et les collaborateurs, d’être attentif à
la santé et à la sécurité de tous et de lutter contre toutes les formes de harcèlement et de discrimination.
Cette démarche déontologique du Groupe s’appuie notamment sur des textes de références comme La Déclaration Universelle des Droits de l’Homme de l’Organisation des Nations Unies (ONU), Les
Conventions fondamentales de l’Organisation Internationale du travail (OIT), ce qui n'est pas rien!!! En désespoir de cause, j'ai écrit au président de la République qui à ce jour ne m'a toujours
pas daigné me répondre.
La crise et les réorganisations internes n'excusent en rien de tels comportements et je ne veux pas être un bouc émissaire de ces bouleversements qui nous touchent tous. En ces temps difficiles qui
supposent du respect, de la tolérance, de l’humilité, il ne faut pas se laisser aller à des débordements qui remettent fondamentalement en cause mes droits de salarié, ma dignité d'homme et le
citoyen honnête que je suis.
Il me reste encore des batailles à gagner avant que je retrouve ma dignité pleine et entière et mon honneur en particulier :ma plainte au tribunal administratif déposé il y a un an et demi, le
protocole de harcèlement que j'ai entamé à l’encontre des assistants, les propositions d'indemnisations que j'ai réclamées auprès de mon DNT Mr Alain DRILLET concernant les lettres de missions ,
des sanctions que j'estime légitimes pour ces personnes qui ont portés atteinte à ma dignité et qui eux ont eu de la promotion.
Loin de me résigner, j'y mettrai là encore toute mon énergie.
Ma cause est juste, Ma volonté est forte !!!!
Jacques GALLOT

Le Mantois et Partout ailleurs 10/04/2012 08:16



Je fais passer votre lettre sur mon blog.


Cordialement


Roger Colombier