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Publié par Le Mantois et Partout ailleurs

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   Oui et on se demande pourquoi en plein débat sur l'Europe de la concurrence libre et non faussée, chère à Bruxelles, au FMI et  à tous les gouvernements (qu'ils soient conservateurs ou sociaux-démocrates).

     Pourtant, ce n'est pas rien ce qui s'est déroulé dans cette république insulaire (mais européenne) de l'Atlantique nord, entre le Groenland et l'Ecosse. Peuplée de 320 000 habitants, une révolution vient de s'y produire et d'y renverser le gouvernement installé à Reykjavik, la capitale. 

     Puisque Jean-Marc Sylvestre, Alex de Tarné, et bien d'autres encore, n'en ont rien dit, voici quelques faits:

     - 2008, la principale banque de l'Islande est nationalisée. L'Etat essaie de faire payer sa faillite et ses spéculations hasardeuses par l'argent public et donc par le peuple. Mais cela ne suffit pas, les places financières européennes s'en mêlent (ah, cette Europe sociale) et la monnaie islandaise s'effondrant, la Bourse suspend ses activités. Le pays est en banqueroute. Oui, je sais, on vous bassine avec la Grèce à longueur de journée, pour mieux asphyxier son peuple, alors que d'autres sont bien plus endettés par rapport à leur PIB: le Japon, par exemple, mais aussi à cette époque l'Islande...

     - 2009, les protestations citoyennes dans les rues entraînent la démission du gouvernement et des élections anticipées, lesquelles remplacent Pierre par Paul. Sans changement du tout, puisque une loi propose le paiement d'un total 3 500 millions d'euros (chaque mois, à un taux de 5% et durant 15 ans) payé par toutes les Islandais. Oui, toutes les banques du pays avaient contracté des dettes énormes auprès de la Grande-Bretagne et de la Hollande, lesquelles voulaient faire rendre gorge sur-le-champ à ces mauvais payeurs. D'où la loi pour faire casquer le peuple à la place des affairistes et des spéculateurs, ben voyons...

     - 2010, le peuple islandais revient envahir les rues et revendique qu'un référendum soit organisé pour ou contre la loi. La parole au peuple souverain en quelque sorte, qui devrait inspirer les caîds de l'UE... Le président de la république d'Islande, dont le seul rôle est de parapher les lois concoctées par le gouvernement, annonce qu'il ne signera pas la loi sur le remboursement et qu'il est favorable à une consultation populaire. Et comme la rue, renforcée, gronde de plus en plus massivement, un référendum est organisé en mars 2010: résultat, 93% contre la loi scélérate.

     Du coup, pressé toujours par la rue, le gouvernement modifie sa politique: des banquiers et des cadres supérieurs de l'administration sont arrêtés; certains réussissent à s'enfuir, à leurs trousses Interpol; les banques sont nationalisées. Une assemblée Constituante est élue pour rédiger une nouvelle constitution qui doit tenir compte des leçons apprises de la crise.

     - Février 2011, l'assemblée consituante a débuté ses travaux. Elle soumettra un projet de Grande Charte à l'avis du Parlement actuel, mais la Constitution sera définitivement approuvée après les prochaines élections législatives.

 

     Voilà, tout ceci sans la moindre effusion de sang et sur notre vieux continent.

     Attention, tout ne va pas pour le mieux en Islande et le capitalisme est toujours là. Mais de cette belle leçon de souveraineté d'un peuple, qu'en ont dit les médias français de la pensée unique: 0+0= la tête à Toto!

     "Peuple esclave, debout, debout", chante toujours l'Internationale. Elle est de notre temps pour chasser le vieux monde.

 



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