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Publié par Le Mantois et Partout ailleurs

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    Oui, celui, qui passa son baccalauréat en 1973, ne brilla pas particulièrement, comme le rappelle Claude Lelièvre, historien de l'éducation, dans Médiapart du 5 mars 2012. Le jeune Nicolas obtint 142 points sur 300 et dut se coller à l'épreuve de rattrapage, avec deux notes frisant la correctionnelle: 8/20 en mathématiques (coefficient 3) et 7/20 en français (coefficient 2). Ah, j'entends déjà les mauvaises langues prétendent que c'est cette dernière faiblesse qui le pousse à faire écrire sa prose par Henri Guaino!

 

     Mais là n'est pas mon propos du jour. Claude Lelièvre a relevé que le président-candidat à sa réélection a fait un discours musclé sur l'obtention du baccalauréat, lors de sa grand-messe de Montpellier. Pour résumer: suppression du collège unique, moins d'options et moins d'épreuves facultatives, des notes éliminatoires dans les disciplines fondamentales...

     L'historien de l'éducation relève finement qu'avec cette notion de notes éliminatoires, le petit Nicolas n'aurait même pas franchi le cap du rattrapage et aurait redoublé sa terminale. Du coup, je me suis mis à rêver que l'histoire aurait pu changer...

     Plus important, l'article sur Médiapart signale l'oubli du président-candidat au sujet des 3 baccalauréats existant dans le pays qu'il régente (hélas) depuis cinq: le général, le technologique et le professionnel. Oui, dans son discours, le locataire de l'Elysée gomme carrément les deux derniers qui représentent pourtant respectivement 23,6% et 26,2% des candidats et dont les titulaires du bac techno sont désormais majoritaires dans l'enseignement supérieur. Et que dire d'oublier les futurs techniciens découlant des bacs techniques ou professionnels?

 

     Pour ma part, cette omission n'est pas le fait du hasard, mais de la volonté élitiste de Nicolas Sarkozy de ne former qu'une certaine partie de la jeunesse. C'est bien connu, la classe ouvrière, les employés n'existent plus en France pour les partisans de la pensée unique, et leurs enfants comptent encore pour moins dans leur scolarité. Alors, pourquoi se tracasser l'esprit avec un collège unique dans lequel les gosses des couches populaires côtoieraient les autres?

     Dans son programme sur l'éducation, lors du meeting UMP de Montpellier, le candidat des riches et du patronat n'avait pas chaussé sur son nez ses lunettes noires qu'il use normalement et qui l'empêcherait de lire quelque ligne de son discours. Il n'avait pas plus ses grandes oreilles bouchées (celle de son chapeau d'âne d'autrefois) pour ne pas entendre le désarroi des couches populaires sur l'avenir de leurs gosses dans le système éducatif français. Non, les inégalités sociales sont le credo de Nicolas Sarkozy, les patrons du CAC 40 et les syndicats patronaux ses amis. Il n'oublie pas plus qu'il est un avocat d'affaires et que dans la société qu'il appelle de ses voeux, on ne privilégie que les riches et la chair de leurs chairs.

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