Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Publié par Le Mantois et Partout ailleurs

      Ce n'est pas moi qui le dit, mais François Krug, journaliste de rue8, le 9 mars 2012. Extraits:

Dans les nouvelles nominations au Conseil économique, social et environnemental, des proches du pouvoir. Vous avez dit copinage?


Nicolas Sarkozy au Conseil économique, social et environnemental, le 14 janvier 2011 (Philippe Wojazer/Reuters)

 

     (...)Sur ses 233 membres, le Cese comptait déjà 40 personnalités qualifiés. Ces membres-là ne représentent pas les « corps intermédiaires » – associations, syndicats. Ils sont nommés par l'exécutif, « en raison de leur expérience ».

     Une nouvelle sous-catégorie vient de faire son apparition, avec un décret paru mercredi : 72 personnalités associés. (...) Il ne restait plus qu'à établir la liste des heureux élus – enfin, des heureux nommés –, selon un subtil panachage des compétences.

     Nommés, donc, des universitaires comme l'économiste Etienne Wasmer ou le politologue Gilles Kepel, mais aussi Jean-Marc Plantade, ancien journaliste du Parisien et conseiller en communication de Christine Lagarde à Bercy, qui apportera son expertise à la section dédiée à l'économie et à la finance.

     Nommé aussi, pour plancher sur l'agriculture, la pêche et l'alimentation, Eddy Puyjalon, secrétaire général de Chasse, pêche, nature et traditions. Notons que le parti vient de se rallier à Nicolas Sarkozy et que le Conseil compte déjà deux représentants de la Fédération nationale des chasseurs.

     Nommé encore,Thierry Cornillet, avocat, ex-député européen, ancien vice-président du Parti radical et toujours membre de son bureau national. Nicolas Sarkozy lui avait déjà remis en personne la légion d'honneur cet automne, à l'époque où les centristes hésitaient entre lui et Hervé Morin. Aucun rapport, nous explique Thierry Cornillet :

« On a dû penser qu'en matière européenne, j'avais un passé politico-administratif suffisant pour donner mon analyse [...]. C'est vous qui m'avez appris ma nomination. »

     Étrangement, les autres « personnalités associées » que nous avons contactées n'avaient pas non plus été prévenues. Catherine Soullié travaillera sur l'Europe, comme Thierry Cornillet :

« Si je n'avais pas une amie qui lit le JO [Journal officiel, ndlr] tous les matins, je n'aurais pas su que j'étais nommée. »

     Elle était entrée au Parlement européen grâce à Brice Hortefeux : à peine élu en 2009, il avait démissionné pour rester ministre, libérant une place. Elle avait dû la lui rendre en mars 2011, lorsqu'il avait quitté le gouvernement. « Ça fait plus d'un an » : pourquoi imaginer qu'après tout ce temps, Brice Hortefeux soit intervenu pour lui trouver une petite place au Cese ?

     L'ancien ministre de l'intérieur se montre pourtant très attentionné. Anne Courtillé est conseillère municipale UMP à Clermont-Ferrand, « une terre de mission pour la droite ». Aux municipales de 2008, elle s'était dévouée quand Brice Hortefeux avait renoncé. Deux ans plus tard, il ne lui avait pas trouvé de place sur sa liste aux régionales :

« On avait discuté ensemble. Je lui avais dit que si je n'étais plus au conseil régional, je serais affaiblie dans mon groupe à la mairie. Il m'avait dit qu'on pourrait peut-être envisager une nomination au Conseil économique, social et environnemental. »

     François Fillon sait aussi reconnaître les compétences. Au Cese, la section de l'aménagement durable des territoires » pourra ainsi compter sur celles d'Alain Destrem, patron de la société immobilière du Théâtre des Champs-Elysées et, accessoirement, élu UMP dans le XVe arrondissement de Paris. L'intéressé n'ayant pas répondu à nos messages, on ne se hasardera pas à imaginer que sa nomination ait le moindre rapport avec son soutien au Premier ministre contre Rachida Dati. On s'en gardera aussi pour une autre élue UMP du XVe, Joëlle Cherioux de Soultrait, nommée dans la section de l'environnement du Cese.

      Le gouvernement ne facilite pas la tâche de Jean-Paul Delevoye, le président du Conseil, qui s'est promis de rétablir la crédibilité et l'influence de son assemblée. Il y a un an, interrogé par rue89, il essayait tant bien que mal de relativiser :

« De toute façon, il y a toujours eu du copinage. »

 

 

NB: Les surlignages sont de ma pomme.

Commenter cet article