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Publié par Le Mantois et Partout ailleurs

     Deux journalistes, Raphaël Krafft et Alexis Monchovet, sur Rue89, après avoir rendu une visite aux salariés d'Arcelor-Mittal et à leurs syndicats, ont passé la frontière pour le Grand-duché du Luxembourg. Ils y ont rencontré Jean-Pierre et Josée, deux Français qui n'y travaillent pas, comme ces dizaines de milliers de frontaliers lorrains chassés de leur patrie par la crise. Jean-Pierre et Josée ne semblent pas avoir connu les turpitudes du chômage et les fins de mois difficiles. Ils disent s'être expatriés au Luxembourg parce qu'en "France, on se sentait agressés", mais pas par le gouvernement ni par les affres d'une vie prolétarienne. Non, ils sont partis dans l'un des paradis fiscaux de l'Union européenne, à cause du mauvais air qui plombe l'atmosphère de la France et que l'on devrait régénérer au karcher. C'est là, me semble-t-il, le résumé de leur interview, dont je vous délivre le contenu en entier:

 


Jean-Pierre et Josée dans leur résidence de standing au Luxembourg (Raphaël Krafft)

 

  Au Grand duché, la finance après la sidérurgie

  Le Luxembourg apporte une bouffée d'air aux habitants du nord de la Lorraine, région sinistrée par la disparition progressive de la sidérurgie depuis le début des années 80. Selon l'INSEE, en 2007, plus de 60 000 Français y travaillaient. C'est un flot continu de voitures immatriculées en Meurthe-et-Moselle, que l'on croise à l'heure de la sortie des bureaux au moment où nous passons la frontière par Dudelange.

   Là aussi, les hauts-fourneaux sont à l'abandon. La sidérurgie, qui fut pendant longtemps la locomotive de l'économie luxembourgeoise, a laissé la place à l'activité financière pour faire du Grand Duché l'un des pays les plus prospères au monde. Près de 30 000 y vivent. Nous sommes accueillis chez deux d'entre eux, Josée et Jean-Pierre, un couple de retraités à l'abri du besoin.

   La campagne à vélo épisode : chez Josée et Jean-Pierre, au Luxembourg
   "En France, il y en avait marre de l'impunité"

   Jean-Pierre a 86 ans. Résistant dans la région lyonnaise, il s'engage dans l'armée de Lattre en 1944. Et puis c'est l'Indochine, l'Algérie, destin de tant d'officiers passés par la France libre. De retour en métropole, il trouve une place chez un concessionnaire spécialisé dans les pneumatiques.

   Il y rencontre Josée, la fille du propriétaire. Ils se marient au début des années 70 et montent une société spécialisée dans la vente de bijoux aux comités d'entreprise. Jean-Pierre, plus âgé que Josée, prend sa retraite. Le couple s'installe sur la Côte d'Azur où Josée ouvre une bijouterie.

   Si le Luxembourg ne manque pas d'attraits fiscaux, notamment concernant l'impôt sur la fortune ou l'exonération de droits de succession en ligne directe, Josée et Jean-Pierre affirment s'y être installés pour une toute autre raison. Deux événements décisifs ont, selon eux, provoqué leur départ. Josée raconte :

« Un jour, alors que nous vivions encore sur la Côte d'Azur, un homme s'est pointé à la bijouterie et a avalé une chaîne en or alors que je lui présentais différents modèles. La police a mis une demi-heure à arriver – heureusement que nous avions un berger allemand pour le tenir en respect.

Il a finalement été emmené à l'hôpital pour une radio de l'estomac, preuve de sa culpabilité. Et il en est ressorti libre. On s'est alors dit qu'il y en avait décidément marre de l'impunité. »

   Jean-Pierre poursuit :

« Nous avons alors déménagé à Bordeaux. Un jour, nous avons pris le tramway place des Quinconces, en plein centre-ville. Il y avait trois jeunes basanés. Ils se sont mis à cracher. Là, j'ai dit à Josée : “Trop c'est trop, on fait les valises et on quitte la France.” »

   Le Luxembourg, pays du consensus

   Jean-Pierre aurait aimé s'expatrier au Maroc où il se sent « chez lui » pour y avoir servi dans la Légion. Ce n'était pas du goût de Josée qui n'aime pas trop ce « genre de pays ». Ils optent pour le Luxembourg, où Josée se sent enfin en parfaite sécurité :

« C'est propre ici, les gens sont respectueux, il n'y a pas d'incivilités. C'est l'ordre. »

   Jean-Pierre ajoute :

« C'est un pays où il existe un consensus permanent en politique, pas comme en France où l'on s'écharpe pour un rien. »

   Le lendemain, Josée et Jean-Pierre insistent pour nous présenter leur ville d'accueil. Face au palais grand-ducal, Josée s'émerveille :

« Ça ressemble à un château de princesse, non ? C'est un peu Disneyland ici. A chaque fois que je me promène dans les rues de la ville, j'ai l'impression de retomber en enfance. »

 

 

L'article se termine là et chacun jugera des propos dévidés par Jean-Pierre et Josée. Mais à mon avis, il est fort dommage de ne pas les avoir questionnés sur leur opinion politique, bien que j'ai une certitude sur leur état d'esprit.

Cela tombe bien, le gouvernement français des riches a instauré des députés pour les Français expatriés et nombre de ministres sont candidats pour les représenter. Nicolas Sarkozy ne dénomme pas ces expatriés des immigrés, sans doute pour ne pas les confondre avec les "peaux basanées" qui viennent croûter le pain blanc des purs gaulois de souche. En effet, le président-candidat et aussi la fille de Le Pen père ont des amis parmi les expatriés qui n'ont de patriotisme que leurs intérêts financiers. 

 

Le Luxembourg est l'un des pays confettis de l'Union européenne avec 550 065 habitants. Or, il ne compte pas pour rien à l'échelle de notre continent, comme dans le monde. il se situe juste derrière les USA comme place de fonds d'investissements. Il détient la première position en Europe en nombre de banques: 144 et 46% de son PIB dépend de son rôle financier. Il dénombre 550 065 habitants, mais 46% de sa population est d'origine étrangère et elle ne se compte pas dans les balayeurs de rues. De plus, il n'est un secret pour personne qu'il appartient au monde opaque des paradis fiscaux. Son premier-ministre, Jean-Claude Juncker, est également le président de l'Eurogroupe, les pays détenant l'euro comme monnaie. Tiens, ceci expliquerait-il tout cela?

 

Pour en revenir à Jean-Pierre et à son épouse, qu'ils restent bien au chaud dans le Grand-duché du Luxembourg. Oui, cela me gênerait fort qu'ils soient mes voisins de table dans les cantines que je fréquente et parmi le peuple de France que je côtoie chaque jour.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


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