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Publié par Le Mantois et Partout ailleurs

A qui la faute, semble se demander ce jeune enseignant, vu sa situation qu'il a décrite sur Rue 89:

 

 

Toutefois, je savais bien qu’il fallait en profiter, car si l’année de stage se déroule souvent près du lieu d’étude originel, une fois titularisé, pour ceux qui ne sont pas mariés/pacsés/parents (et encore parfois cela ne suffit pas), la destination est bien souvent la même : la région parisienne.

Je ne peux pas dire que j’étais aux anges lorsque j’ai appris en mars dernier que l’Académie de Versailles m’était destinée – le dernier choix de ma liste de vœux.

48 heures pour se préparer

J’ai également appris, quelques mois plus tard, que je serai TZR dans cette académie. TZR, c’est Titulaire sur zone de remplacement : c’est-à-dire qu’on a bien le Capes, qu’on a les mêmes compétences que les autres enseignants, mais qu’on n’a pas de poste fixe, on est appelés au gré des besoins, que ce soit congé maternité, maladie, ou tout simplement un poste vacant.

Le rectorat de l’académie gère tout cela, et nous informe par téléphone ou via le site prof de notre affectation, et nous avons 48 heures pour nous préparer à ce nouveau poste : prise de connaissance des lieux, des manuels, des classes, etc.

C’est un statut qui me semble plutôt difficile à gérer, étant donné qu’il demande d’être extrêmement flexible :

  • il est nécessaire de pouvoir se déplacer d’un établissement à l’autre (on peut faire plusieurs remplacements à la fois, dans plusieurs établissements) ;
  • de jongler d’un niveau à l’autre (on peut très bien devoir enseigner à la fois en collège et lycée) ;
  • de s’adapter rapidement aux nouveaux établissements et à leur fonctionnement.

J’avoue que du haut de ma simple année de stage, où je n’ai enseigné qu’en collège, tout cela m’effraie un peu. On est donc remplaçant sur une « zone » relativement floue, d’autant plus que l’on peut très bien être amené à faire des remplacements sur des zones limitrophes. Evidemment, refuser un remplacement équivaut à un abandon de poste, avec les conséquences que cela implique.

J’ai donc du préparer mon déménagement, sauf qu’il me manquait une information de la plus grande importance : ma fameuse zone de rattachement, qui m’a été confiée fin juillet. Hélas, aucune idée de mon affectation, c’est-à-dire de l’établissement dans lequel j’enseignerai, ni des niveaux que j’aurai (potentiellement de la sixième à la terminale) : pas évident, dès lors, de préparer sa rentrée.

Lire les tweets des autres

Le jour de la rentrée, je me suis donc présenté dans mon établissement de rattachement administratif, celui qui gère mon dossier, en espérant savoir enfin où j’enseignerai. En vain.

Quand un professeur TZR n’a pas de poste, il doit tout de même ses heures à l’Education nationale, et peut donc faire du soutien, ou des cours à des classes dédoublées. Là où l’ironie est cinglante, c’est que j’avais demandé une année de disponibilité afin de préparer l’agrégation, chose qui m’a été refusée pour la raison suivante :

« La situation de l’académie dans votre discipline en terme de personnels est trop tendue pour nous permettre d’accorder des départs, et conduit à privilégier prioritairement les besoins pédagogiques des élèves. »

En attendant, je n’ai toujours pas de logement ni de poste, et fais donc ma rentrée en lisant les tweets de mes collègues. Ce que j’ignore, par contre, c’est comment l’académie choisit entre employer un TZR et un « contractuel », c’est-à-dire une personne sans qualification, qui est tout de même catapultée devant une classe.

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