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Publié par Le Mantois et Partout ailleurs

  Alors que débute le procès des laboratoires Servier, du nom de son fondateur Jacques Servier (docteur en médecine et en pharmacie) qui les dirige toujours, quelques rappels:

Mediator-Aspartam

  Ce médicament, fabriqué par les laboratoires Servier et commercialisé de 1976 à 2009, a été utilisé comme coupe faim, alors que ce n'était pas du tout son but thérapeutique, avec l'aval des autorités sanitaires. De ce fait, il est soupçonné d'avoir causé la mort de plusieurs centaines de personnes (2 000 selon certaines estimations) et de graves problèmes de santé sur des milliers d'autres patients.

  Servier est le premier groupe pharmaceutique français et le 2e au niveau mondial. Son chiffre d'affaires consolidé 2008-2009 est de 3,6 milliards d'euros. Jacques Servier est la 9e fortune de France avec une fortune estimé à 3,8 milliards d'euros en 2009. Qui a dit qu'il n'y avait pas de fric en France?

  Tout naturellement, Jacques Servier a toujours été proche des gouvernements de droite. Nicolas Sarkozy, président de la République, le décore Grand-croix de la Légion d'honneur en 2008, lequel Nicolas Sarkozy fut longtemps l'avocat des laboratoires Servier.

  Une fois que le scandale sanitaire a éclaté, Jacques Servier, lors des voeux à son personnel en 2011, déclare: "Le médiator, ce n'est que trois morts". Circulez, il n'y a plus rien à voir. Et lorsque le procès a débuté, ses avocats ont déposé des incidents de procédure (dont la question prioritaire de constitutionnalité), à seule fin de retarder que la justice se fasse. Oui, dans le milieu des affaires, on ne s'embarrasse pas de morale et encore moins de compassion envers les victimes...

 

  Dès le vendre 21 janvier 2011, la CGT avait fait la déclaration suivante:

  "L’affaire du Médiator réinterroge l’organisation de notre système de santé et la place que le service public doit y jouer.

  Les scandales sanitaires se succèdent. Après l’affaire du sang contaminé, des hormones de croissance, c’est la campagne surdimensionnée de la grippe qui a occupé le devant de la scène pour le plus grand bénéfice des laboratoires pharmaceutiques.

  A chaque enquête, l’influence de l’industrie du médicament et des produits de santé est mise en cause, révélant que des décisions politiques ou administratives sont prises dans le sens de l’intérêt de cette industrie avant celui de la santé publique.

  Cette succession de scandales sanitaires relance le débat sur la place centrale que doit reprendre le service public en matière de formation des professionnels de santé, de recherche en santé, de publication scientifique, d’information et d’éducation des malades, de contrôle public, de la place de l’Assurance maladie dans l’organisation du système de santé, d’un pilotage politique et administratif indépendant et désintéressé.

  La CGT rappelle l’urgence de remettre de la démocratie sociale au centre de l’organisation du système de santé et de protection sociale.

  C’est à l’Assurance maladie avec les représentants des assurés sociaux et à l’Etat garant des droits que revient le devoir d’informer et de protéger la santé de tous.

  Notre association de consommateur INDECOSA s’engage déjà dans l’organisation de victimes du Médiator.(...)"

 

  Dès lors, INDECOSA CGT soutient 4 victimes lors de ce procès contre les laboratoires Servier.

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justice22006 12/12/2016 03:30

Merci de ces informations de première main qui complètent avec précision le film "La fille de Brest" (une œuvre bouleversante).Je suis consterné par les pouvoirs exorbitants de pseudo scientifiques au petit pied comme par le manque de courage de responsables politiques adeptes du mot d'ordre "pas de vague".Il faudrait rappeler les 10 critères énoncés dans le Code de Nuremberg (conditions dans lesquelles les expérimentations médicales peuvent être menées sur les sujets humains)tout comme la célèbre phrase du Pr Jean Bernard « Tout ce qui n’est pas scientifique n’est pas éthique ».Ces évidences ignorées sans doute des médecins grassement rémunérés par de puissantes firmes pharmaceutiques soulignent que cette sinistre affaire « Servier/Mediator » a un parfum d’abjection.Quid du procès au pénal de gens qu'il est très difficile de ne pas qualifier de criminels (le mobile est évident,la stratégie tout autant,le modus operandi hélas bien connu aussi) ?Cette impunité dont jouissent des gens parfaitement méprisables fait du tort à l’industrie pharmaceutique comme à la médecine.Cette impunité est indigne d’un pays de droit.A moins que le déclin du pays de Condorcet et de Buffon soit irréversible ?Nous ne pouvons nous y résoudre.