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Publié par Le Mantois et Partout ailleurs

Alors que la bande de Gaza est sous les bombes de l'armée israélienne, la Cisjordanie est dévorée par une colonisation intensive et un système d'apartheid. Ci-dessous la carte de la Cisjordanie (fin 2011) publiée par Le Courrier International.


Malgré cela, Mahmoud Abbas, chef de l'Autorité palestinienne reconnue par l'ONU, va demander à l'organisation internationale, le 29 novembre, le statut d'état non-membre. Il lui faut pour cela une majorité de voix lors de l'Assemblée générale, alors que pour être membre à part entière, le veto des USA au Conseil de sécurité l'en empêche.

Et la France dans tout ça, cette patrie des droits de l'homme? Elle n'a pas pris position et des sources proches de l'Elysée affirment que François Hollande suivrait les pas d'Obama.

 

Ce qui fait réagir François Bonniface, le président de l'Institut des Relations Internationales et Stratégiques, en date du 15 novembre 2012:

 

La Palestine sera-​​t-​​elle reconnue offi­ciel­lement par l’ONU le 29 novembre ?

Le 29 novembre, l’Assemblée générale de l’ONU va exa­miner la demande d’admission comme "État non membre" de la Palestine. Israël a déjà menacé l’Autorité pales­ti­nienne de graves rétor­sions si elle conti­nuait de vouloir plaider sa cause devant l’ONU. Les États-​​Unis ont exercé de très fortes pres­sions pour qu’elle renonce à cette démarche.

Cette der­nière per­drait toute cré­di­bilité si elle y cédait. La voie de la négo­ciation qu’elle a choisie depuis 20 ans n’a jusqu’ici conduit à aucune véri­table percée poli­tique ni même à une amé­lio­ration des condi­tions de vie quo­ti­dienne des Pales­ti­niens. Renoncer à la démarche onu­sienne serait donner un for­mi­dable argument au Hamas.

 

François Hollande a-​​t-​​il seulement la volonté de reconnaître la Palestine ?

Quelle sera l’attitude de la France ? Elle ne semble pas encore être fixée aujourd’hui.

Au cours de la cam­pagne élec­torale, François Hol­lande avait pris l’engagement de recon­naître l’État pales­tinien. Une fois élu, il sem­blait être revenu sur cet enga­gement. Lors de la Confé­rence des ambas­sa­deurs du 27 août, il ne parlait plus que d’autodétermination. Le terme d’ "État pales­tinien" ne figurait pas dans son dis­cours. Il sem­blait aller moins loin que Nicolas Sarkozy, pourtant considéré comme proche du gou­ver­nement israélien.

Dans son dis­cours devant l’ONU le 25 sep­tembre, déclarant qu’il était urgent de trouver une issue au conflit israélo-​​palestinien, il indi­quait que la France contri­buera de toutes ses forces à "res­taurer les bases d’une négo­ciation devant déboucher sur la coexis­tence de deux États". De nouveau, il évitait de se pro­noncer sur la recon­nais­sance à l’ONU

Lors de la visite de Benyamin Neta­nyahou début novembre, François Hol­lande exprimait des diver­gences sur la pour­suite de la colo­ni­sation des ter­ri­toires pales­ti­niens, sans n’en tirer aucune consé­quence concrète. Il parlait de la "ten­tation" pour l’Autorité pales­ti­nienne d’aller chercher à l’Assemblée générale des Nations unies ce qu’elle n’obtient pas dans la négo­ciation : "Seule la négo­ciation pourrait déboucher sur une solution défi­nitive à la situation de la Palestine."

Cela consti­tuait un grave recul vis-​​à-​​vis des posi­tions du can­didat. Penser qu’une négo­ciation entre l’actuel gou­ver­nement israélien de Benyamin Neta­nyahou et son allié Avigdor Lie­bermann pourrait déboucher sur une solution, c’est vraiment croire aux miracles qui ne sont plus de mise dans la région.

Comment expliquer le repli de François Hol­lande, qui sem­blait s’aligner sur les posi­tions de Neta­nyahou et du CRIF en France ? Voulait-​​il com­mencer son action dans la région en tentant de séduire le Premier ministre israélien et faire tomber son hos­tilité vis-​​à-​​vis de la gauche au pouvoir ? S’agissait-il de recon­quérir le CRIF, qui avait ouver­tement fait cam­pagne pour Nicolas Sarkozy et de le refaire "passer à gauche", comme l’espèrent certains ?

Dans la confé­rence de presse du 13 novembre, interrogé par Domi­nique Brom­berger sur le vote de la France à l’ONU, il répondait qu’il pré­férait tou­jours la négo­ciation mais que la démarche pales­ti­nienne "pouvait être une pression en ce sens". Il pré­cisait que la France regardera la réso­lution et prendra sa décision en consé­quence. Cela veut donc dire que sa position n’est pas arrêtée, et que le débat reste ouvert.

 

La France ne doit pas manquer ce rendez-​​vous avec l’Histoire

Hol­lande doit-​​il mesurer les posi­tions amé­ri­caines et des autres Euro­péens ? Dans le passé, sur le Proche-​​Orient, la France s’est déter­minée en fonction des prin­cipes qui étaient les siens, sans se soucier de copier sur le voisin. Est-​​il motivé par des consi­dé­ra­tions de poli­tique inté­rieure en voulant séduire le CRIF ?

Certes, la grande majorité des Français est favo­rable à la création d’un État pales­tinien. Mais pour la plupart d’entre eux, c’est une cause parmi d’autres, les incon­di­tionnels d’Israël sont mino­ri­taires, mais ils en font un critère majeur de décision.

Selon Charles Enderlin, malgré la viru­lente cam­pagne de l’Aipac en faveur de Mitt Romney, 69 % des juifs amé­ri­cains ont voté Obama. La poli­tique à l’égard d’Israël n’a été déter­mi­nante dans le choix des can­didats que pour 10 % des juifs amé­ri­cains. À bien des égards, une com­pa­raison (leurs orien­ta­tions, l’importance qu’on leur accorde et la réalité de leur d’influence) peut être faite entre le CRIF et l’Aipac.

François Hol­lande peut se dire que 134 États ont déjà reconnu la Palestine. Donc la voix fran­çaise n’apporte pas grand-​​chose. Mais la France peut-​​elle rester à l’écart de ce vote his­to­rique ? Elle y per­drait le prestige acquis de longue date sur ce point.

Sur un sujet aussi emblé­ma­tique, concernant le droit des peuples à dis­poser d’eux-mêmes, qui a un tel impact dans les opi­nions mon­diales, la France per­drait beaucoup de son rayon­nement inter­na­tional en étant à rebours de l’Histoire.

 


Carte de la Cisjordanie

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