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Publié par Le Mantois et Partout ailleurs

  La retraite à 60 ans pour celles et ceux qui ont commencé à travailler très jeunes vient d’être rétablie par décret. Mais les inégalités devant la mort – et donc la retraite – demeurent : les ouvriers vivent en moyenne six ans de moins que les cadres. L’espérance de vie sans incapacité a diminué en France. En Allemagne, où les bas salaires se massifient, les plus pauvres ont même perdu deux ans d’espérance de vie alors qu’ils travaillent plus.

  

  Le gouvernement de Jean-Marc Ayrault a promulgué un décret pour revenir partiellement à la retraite à 60 ans. Un premier pas, mais avec trop de contraintes et donc nettement insuffisant. Or rigueur européenne oblige, le président de la République ne rétablira pas la retraite à 60 ans pour tous (votée sous François Mitterrand et abrogée par Nicolas Sarkozy), puisque effectivement ce n'était pas dans son programme de candidat. Qu'en disent les socialistes qui ont manifesté sous les banderoles syndicales contre la réforme Sarkozy et les dirigeants du parti à la rose ayant pris position publiquement contre ce recul?

   En France, l’espérance de vie en bonne santé diminue.

   Reculer l’âge de départ à la retraite pénalise avant tout les travailleurs les plus pauvres, qui vivent moins longtemps que les autres, alors même que l’espérance de vie générale continue d’augmenter. Une étude de l’Insee soulignait fin 2011 la constance des inégalités sociales face à la mort. Un homme cadre supérieur de 35 ans peut aujourd’hui espérer vivre jusqu’à 82 ans en moyenne, un ouvrier du même âge a une espérance de vie de seulement 76 ans, soit six ans de moins.

   L’écart entre cadre et ouvrier atteint même 10 ans pour l’espérance de vie en bonne santé, qui a baissé de presque un an en France entre 2009 et 2010 : 61,9 ans pour les hommes. L’écart est moins marqué chez les femmes, avec trois années de différence d’espérance de vie entre cadres et ouvrières. Mais les disparités demeurent : une ouvrière de 2012 est au même niveau qu’une cadre dans les années 1980.

   Le risque de mourir plus tôt que la moyenne est aussi très différent selon les catégories sociales. Un ouvrier de 35 ans a, par exemple, deux fois plus de risque de mourir avant 60 ans qu’un cadre du même âge (13 % de risque contre 6 %). Ces écarts restent les mêmes depuis un quart de siècle. Vous avez dit progrès social?

 

  De cela, la campagne pour les élections législatives n'en a pas fait ses choux gras. Après, l'on peut toujours pleurnicher sur l'abstention massive des classes populaires, quand certains de ses électeurs ne se sont pas englués dans le marigot brun marine. Selon les enquêtes, 2 jeunes de moins de 25 ans sur trois (la plus forte catégorie de chômeurs), 53% des employés et 49% des ouvriers (le plus grand nombre de salariés français) se sont abstenus.


 

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