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Publié par Le Mantois et Partout ailleurs

     En fait, ce ne sont pas du tout mes amis et ne m'accablez pas d'un quelconque racisme à leur encontre. Il s'agit-là  du roi d'Arabie saoudite et de celui du Maroc. Et en fait de chers amis, ils le sont du palais l'Elysée et de son locataire, aussi de sa cour et de tous ceux qui ont des intérêts dans ces deux  monarchies.

 

     Concernant le premier nommé, Nicolas Sarkozy l'honore ainsi: "Sous l'impulsion de sa Majesté, l'Arabie saoudite développe une politique de civilisation". Bon, il en avait chanté autant envers la dictature de Tunisie, de celle d'Egypte ou de Lybie. Et il est vrai, en ce qui concerne ces trois pays, ils furent des champions en matière de liberté, de démocratie et des droits de l'homme! Pour autant, s'ils me semblent s'engager sur une mauvaise pente dans leur présent, l'Arabie saoudite n'y est pas pour rien, comme cette monarchie absolue attise des braises déjà ardentes en Syrie. Oui, les souverains saoudiens, du passé ou au quotidien, tirent les ficelles dans tout le Moyen-Orient et ailleurs, avec la bénédiction suprême des USA et de la très française patronne du FMI, laquelle vient juste de souligner "le rôle important joué par l'Arabie saoudite dans la stabilisation de l'économie mondiale". Oui, l'argent sale des dictatures précitées et tombées dort sur ses deux oreilles dans les banques du roi Abdallah. Oui, ses chars ont écrasé la révolte populaire du Bahreïn voisin. Oui, à Ryad, une balle, le noeud coulant, le fouet ou l'amputation sont les seuls articles de lois que connaît la justice dans ce royaume ami de la France. Quant au sort des femmes, leurs droits à la plus simple expression dans la société n'existent pas: enchaînées dès leur naissance comme servantes aux hommes par leur tribu, leur famille, la religion et le gouvernement.

 

     Au Maroc, c'est Mohammed Vi qui règne. Il est le fils de Hassan II, lequel avait demandé à la France de faire écarteler l'écrivain Gilles Perrault, coupable d'avoir écrit un ouvrage (Notre ami le roi) sur ses crimes commis avec la bienveillance des élites françaises (socialistes ou conservatrices) à son égard. Le fiston, comme son frère d'Arabie saoudite, fait aussi dans la religion et l'absolutisme. Il dirige le conseil militaire, celui de la justice; en sa qualité de Commandant des croyants, il détient les pleins pouvoirs religieux, ce qui lui permet de promouvoir les lois et de punir toute atteinte à sa personne sacrée et à son régime, puisque descendant du Prophète. De ce fait, par exemple, pour avoir manifesté simplement afin d'obtenir de meilleurs conditions d'études, le jeune étudiant Ezedine Erroussi est incarcéré, depuis le 1er décembre 2011, dans la prison de Taza (numéro d'écrou 7000096), où il subit les pires conditions de détention.

     Mohammed VI fait aussi dans les affaires, comme son confrère saoudien. Première fortune du royaume, il est aussi l'une des plus grosses au niveau de la planète, quand le Maroc se situe à la 130e place, sur 193 pays recensés à l'ONU,  pour le développement économique et social. Oui, business is business au Maroc, pas d'impôt sur la fortune ni de droit de succession, un paradis fiscal dans lequel, en toute quiétude, on peut gérer son patrimoine même à distance. Cerise sur le gâteau, le ministère français de l'économie ne publie rien sur les exilés fiscaux établis de ce côté de la Méditerranée. Renault y a trouvé son compte: il vient de construire toute une usine, va sous-payer les ouvriers du pays tout en exportant 90% de sa production en France pour la vendre au prix du marché intérieur. Tout bénéf, tout en profitant des largesses fiscales de l'Etat Chérifien. Mais les particuliers gaulois privilégient aussi cette destination, comme le révèle le Canard enchaîné de cette semaine, à faire de Marrakech le "XXIe arrondissement de Paris". Toute une élite hexagonale entretient des liens avec Mohammed VI, sa cour, ses ministres et ses hommes d'affaires. Et le journal de citer: Jacques Chirac, Dominique de Villepin, Nicolas Sarkozy ou Philippe Douste-Blazy pour la droite, Hubert Védrine, DSK, Elisabeth Guigou ou Manuel Valls pour les socialistes...

 

     Mes très chers amis, dit l'actuel président de la République française à Abdallah d'Arabie Saoudite ou à Mohammed VI du Maroc, lui et beaucoup d'autres. Oui, on a les amis que l'on mérite, sans doute. En tout cas, ce ne sont pas les miens!

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Sommet pour l'Union de la Méditerrannée: l'actuel dictateur de Syrie et l'ex d'Egypte. Le Maroc et l'Arabie saoudite y étaient aussi et Nicolas Sarkozy les a également chaleureusement salués...

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