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Publié par le Mantois hier et aujourd'hui

     Avant d'être maire de Neuilly-sur-Seine, président du conseil général des Hauts-de-Seine, député de ce département et président de l'EPAD, cet organisme dont il voulut nommer son fils Jean comme patron, Nicolas Sarkozy fut avocat d'affaires.

     Ce n'est pas un hasard. En France, le droit et la politique sont extrêmement liés. D'ailleurs, 11 présidents de la République sur 25 furent avocats. Et le gouvernement actuel en dénombre 13 dans ses rangs. Sans compter les anciens ministres qui le furent et qui le sont redevenus en retrouvant leurs sièges au Parlement.

     Les classes laborieuses ne côtoient le droit que contraintes, comme victimes ou comme coupables. A l'inverse, dans les milieux favorisés, l'accès à la culture juridique intervient dès l'enfance, au sein de la famille dans la gestion de ses affaires ou par le cercle rapproché des amis conseillant le clan familial.

     En 1981, le locataire actuel de l'Elysée fourbit ses premières armes d'avocat auprès du Bâtonnier de l'ordre de Paris (pas moins), près du parc Monceau. En 1987, il s'associe pour fonder son cabinet, toujours dans un prestigieux quartier du non moins bourgeois 8e arrondissement. Être maire, président de conseil général, député ou autres fonctions à hautes responsabilités, sont compatibles avec sa profession. Travailler plus pour gagner plus, pourrait-on croire. Or, à ces postes importants, si l'on en perçoit de précieuses dividendes, un ou plusieurs collaborateurs suent sous le burnous à votre place. De plus, tous ces sièges électifs permettent d'agrandir un confortable carnet d'adresses pour les affaires, et sûrement pas pour défendre uniquement la pauvre veuve et l'orphelin.

     En revanche, devenu ministre, Nicolas Sarkozy est obligé de se faire "omettre", c'est à dire qu'il ne peut plus exercer tant qu'il détient un maroquin ministériel.

     En 2001, Lionel Jospin, alors premier ministre, crée les "Selas" (société d'exercice libéral par actions simplifiés), une disposition loin des soucis quotidiens des classes laborieuses. Pourtant, grâce à celle-ci, un ministre, avocat "omis", peut désormais toucher des honoraires sous forme de dividendes de la part de son cabinet. Il faut préciser, qu'à cette époque, certains ministres sont avocats, le plus célèbre étant celui des Finances, économiste renommé devenu patron du FMI. Presque aussitôt, le cabinet Arnaud Claude-Nicolas Sarkozy se transforme en "Selas", lorsque ce dernier redevient ministre. (Pas folle la guêpe).

     Ainsi va le sens des affaires. Mais, bon prince, président de la République en 2007, Nicolas Sarkozy, déclare renoncer aux dividendes de son cabinet, malgré les dispositions légales en sa faveur. Bon, il s'augmente son salaire de locataire de l'Elysée de 140%, me direz-vous pour compenser la perte de sa rente d'avocat.

     Oui, mais voilà que aussi la Selas Arnaud Claude-Nicolas Sarkozy modifie ses statuts et devient Arnaud Claude et Associés. Par un tour de passe légal, ainsi, tout associé de ce cabinet pourra louer ses actions. le Président de la République en détient 34% du total, qu'il va louer à Arnaud Claude; ce dernier, usufruitier, en touche les dividendes, mais paie aussi en retour un loyer à Nicolas Sarkozy. Naturellement, dans le monde opaque des affaires, libre et non faussé, nul ne  connaît le montant de cet argent de poche, ni s'il est fixe ou variable en rapport avec les résultats du cabinet.

     Pour autant, le site claude-associés.com montre que ledit cabinet ne brûle pas la chandelle par ses deux bouts. Il annonce fièrement, parmi la clientèle dont il défend les intérêts, des collectivités territoriales, des sociétés d'économie mixte, des grandes entreprises, des banques et des établissements de crédits, des compagnies d'assurances, des constructeurs automobiles, sans compter les particuliers qui, eux non plus, ne tirent pas le diable par la queue pour vivre.

 

     Vous avez dit qu'il faut se serrer la ceinture ou ai-je mal entendu le premier ministre du gouvernement des riches?

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le Mantois hier et aujourd'hui 08/11/2011 20:13


article formidablement bien informé, fouillé qui éclaire un peu plus( si besoin était)la pourriture du monde des riches
franchement cher roger tu pourrais devenir un journaliste d'investigation, et la justice serait peut être un peu plus sûre
tu mets le doigt sur le manque d'éducation juridique de tout un chacun,quand le peuple délégue au lieu de prendre en mains ses propres intérêts
ce qu'il faut absolument faire évoluer