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Publié par Le Mantois et Partout ailleurs

On l’oublie, mais les peuples d’Afrique se sont opposés farouchement à l’occupation coloniale française, notamment les Touaregs au Sud du Sahara. Ils furent même les derniers à avoir été vaincus par l’armée française. Et lors du tracé arbitraire des frontières par l’administration française entre l’Algérie, le Soudan français (aujourd’hui Mali), le Niger et le Burkina-fasso, et la Lybie d'autre part, ce peuple, traditionnellement nomade, ne peut plus se déplacer sans contrainte comme auparavant. Et ce partage de son ancien territoire, comme son occupation par l’armée française, apparaît comme un asservissement. D’où des révoltes, qui échouent, au Niger et au Mali (pays où la population touareg est la plus importante : 700 000 au Niger et 550 000 au Mali en 1994) et un état de guerre larvé entre deux.

 Lieux de vie des Touaregs

En 1957, le gouvernement français, dirigé par la SFIO (le PS de cette époque), fait la guerre en Algérie depuis 1954. Pour ne pas subir d’autres velléités d’indépendance dans ses colonies d’Afrique de l’Ouest, par la loi Deferre de juin 1956, ces territoires accèdent à un régime semi-autonome. C'est-à-dire, dirigés par des Africains mais toujours sous le joug de la puissance coloniale. Mais les Touaregs refusent cet état de fait.

Finalement, par la loi du 10 janvier 1957, le gouvernement français décide de créer l’Organisation Commune des Régions Sahariennes (OCRS). Cet espace correspond aux territoires des Touaregs (sauf la Lybie). Cette disposition doit « améliorer le niveau de vie des populations, assurer leur promotion économique et sociale », tout en tenant « compte de leur tradition. » En fait, l’administration coloniale française regroupe des zones riches en ressources minières et naturelles au bénéfice de sa seule puissance. Le Soudan français, qui voit toute sa partie nord lui échapper, refuse catégoriquement ; d’autre part, les Touaregs ne sont pas enclins, dans leur grande majorité, à accepter l’administration française qu’ils combattent depuis les débuts de la colonisation de l’Afrique. L’OCRS est abandonnée.


Mais dès 1959, un peu avant l’indépendance du Mali en 1960, une rébellion intervient. Elle va être jugulée militairement en 1964 avec l’appui du Maroc et de l’Algérie qui lui livrent les chefs sécessionnistes qui s’y étaient réfugiés.

Depuis, la zone touarègue va être fortement militarisée par le gouvernement « noir » de Bamako. Il va s’ensuivre une série de conflits et d’accords de paix. En effet, lors de l’indépendance, la France a confié le pouvoir aux sudistes au détriment des populations du Nord qui se voient peu éduquées et marginalisés, en particulier les Touaregs.


Placée sous une chape de plomb sécuritaire, la région du Nord Mali est victime de sécheresses dans les années 1970 et 1980. Beaucoup de jeunes Touaregs trouvent refuge en Libye, dans l'armée du colonel Kadhafi. Au Mali, malgré les arrestations massives, une caserne est attaquée et prise, le 28 juin 1986, par les Touaregs du Mouvement populaire de l’Azawad, de Iyad Ag Ghali, aujourd’hui chef d’Ansar Dine (Touaregs islamistes). En 1992, un nouveau  pacte national est signé. L'accord prévoit au Nord un statut administratif et politique particulier, avec une très large autonomie. Les combattants sont invités à rejoindre l'armée, la police et les douanes. Mais, le pacte ne sera pas appliqué en totalité.

Le Nord n'obtient pas le statut particulier. A cette frustration, s'ajoutent des investissements de tous ordres toujours faibles et la déception des jeunes de ne pas n’intégrer l'armée ou la police. En mai 2006, des Touaregs s'emparent de Kidal et Ménaka, pour dénoncer la non- application du pacte. De nouveaux accords sont signés à Alger, sous l'égide autoritaire de ce pays. Mais les antagonismes subsistent.


La région est à nouveau déstabilisée en 2007 avec l'arrivée d'Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) et toutes sortes de trafic à son profit.  Avec l'arrivée d'autres bandes fascistes islamistes, l'insécurité est à son comble, ce qui provoque le départ des ONG. A Bamako, les autorités maliennes, dont certains membres sont soupçonnés de tremper dans ces trafics, ne réagissent pas.

Mais le gouvernement construit de nouvelles casernes dans le Nord, ce qui accentue les frustrations des Touaregs.

 

Le retour, avec armes et bagages, des Touareg de Libye, après la chute de Kadhafi en octobre 2011, et l'arsenal à ciel ouvert que ce pays est devenu, vont achever de mettre le feu aux poudres. L’armée gouvernementale malienne est balayée du Nord. Pour la première fois, les Touaregs ont pris l’ascendant militaire sur le pouvoir de Bamako. Mais ils restent cantonnés dans le Nord et le MNLA (Mouvement national de libération de l'Azawad) y proclame l’indépendance le 6 avril 2012, que la France et les pays africains de l’Ouest ne reconnaissent pas.


Mais la rébellion Touareg est composée du MNLA et des islamistes d'Ansar Dine. Si les premiers décident la fin des opérations militaires, les seconds s’allient aux bandes fascisantes islamistes telle Aqmi. Ils vont combattre le MNLA et le chasser des villes et des villages. La charia imposée, va être projeté d’attaquer Bamako, la capitale du Mali, le 11 janvier 2013.


La France entre en guerre ce même jour et, il y a quelques jours, le MNLA s'est dit prêt à aider l'armée française "contre les forces djihadistes."

 

 

 

 

 
 

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