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Publié par Le Mantois et Partout ailleurs

     D'un côté, il y a eu le courage de 93 ouvrières et leur lutte exemplaire pour sauver leurs emplois et leurs vies. Et durant cette lutte exemplaire de plusieurs mois, la CGT s'est engagé résolument dans ce combat menée par 93 femmes.

     Aujourd'hui, un repreneur s'est fait connaître pour cet atelier d'Yssingeaux, en Haute-Loire. Il arrive dans les fourgons de Laurent Wauquiez, ministre du gouvernement des riches. On ne va pas faire la fine bouche. "Une victoire sociale", commente la CGT textile de Haute-Loire. "Pour autant, il faut garder la tête froide." Oui, confirme une déléguée CGT de Lejaby: "Il faudra discuter de nos conditions de travail, de nos salaires. On est contentes, mais on est tellement habituées à entendre des promesses."

 

     En effet, les impostures ont été nombreuses de la part des patrons successifs de Lejaby que du gouvernement de Nicolas Sarkozy.

     Lorsque le Tribunal de commerce de Lyon (juridiction française uniquement composée d'employeurs) annonce la liquidation judiciaire de Lejaby, ça ne moufte pas du côté de l'Elysée. Laurent Wauquiez, le jour même, en ce 18 janvier 2012, maire UMP du Puy-en-Velay, un voisin quoi de Lejaby se résigne:"Nous allons faire le maximum dans les prochains jours pour que l'on accompagne au mieux chaque salariée pour retrouver un emploi le plus vite possible". Et son pote du gouvernement, Xavier Bertrand, lui en charge du chômage, de se féliciter ainsi: "Il y a un contrat de sécurisation professionnelle qui a été mis en place qui va garantir aux salariés pendant un an d'avoir 98% de leur salaire". Fermez le ban!

     Du côté de la fille à son père, ça n'a pas bronché non plus. Pourtant, il y avait de quoi, on sacrifiait 93 emplois sur la terre de France, au profit de la société ISALYS, conduite par Christian Brugnon, qui délocalisait sur-le-champ en Tunisie. En effet, le Tribunal de commerce de Lyon retenait pour unique repreneur une société en droit tunisien dirigée par des patrons français. Voilà peut-être la cause du silence de la candidate Fn à la présidentielle. Pour la petite histoire, qu'aucun média de la pensée unique, ne vous a narré, ISALYS fut fondée en 1992 dans le pays du dictateur Ben Ali par Brugnon père, boss de Lejaby jusqu'en 1996. Ensuite, pour se faire du fric sur le dos de l'emploi français, Brugnon père a vendu Lejaby France à l'Américain Warnaco, lequel pour se faire toujours du pèze au détriment de l'industrie française l'a revendu à l'Autrichien Palmers. Chacun dégraissant au passage les effectis. Allo, Les Le Pen, je ne vous entends toujours pas contre le capitalisme international qui n'a ni coeur ni frontière!

 

     Pour en revenir au gouvernement, Sarko, au plus bas dans les sondages, a réagi. Et voilà Wauquiez qui déniche un repreneur, un copain à lui, du terroir de la Haute-Loire, petit sous-traitant de Louis Vuitton. Wauquiez l'avait sûrement perdu de vue, pour ne pas lui avoir dit d'aller voir du côté du Tribunal de commerce de Lyon comme éventuel repreneur. Bon, le pdg de la Sofama sous-traite la maroquinerie de luxe que Vuitton refourgue sur le marché à prix d'or. Et Louis Vuitton appartient au groupe LVMH (Louis Vuitton-Moët-Hennesy), leader mondial et bien connu aussi pour fabriquer sa marchandise dans des pays où les salariés sont payés avec 3 fois rien. Et LVMH est dirigé par Bernard Arnault, un très cher ami de l'Elysée, tellement qu'il a été fait Grand officier de la Légion d'honneur, le 13 juillet 2011.

 

     Coincidences que tout cela, me direz-vous. Ou conséquences qu'il faut des voix à un président candidat à sa réélection? Bon, Sofama reprend 93 ouvrières, et leur lutte, comme la médiatisation de leur combat, ne fut pas rien non plus dans cette affaire.  

     Mais garder la tête froide et dire qui sont les coupables de la crise, oui, les femmes de Lejaby et la CGT textile ont mille fois raisons.

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