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Publié par Le Mantois et Partout ailleurs

     Les agences de notation ne datent pas du début de cette crise et cette dernière n'est pas la première qui frappe les peuples. Rien que sur le continent européen et pour le XXe siècle, entre 1930 et 1939, la Hongrie, l'Autriche, l'Allemagne, la Bulgarie, la Roumanie, la Yougoslavie et la Pologne sont déclarées en faillite. Dans les années 1978 à 1989, ce sont la Turquie, la Pologne, la Roumanie et la Yougoslavie qui connaissent pareil désastre économique et social.

     Aucune agence de notation n'est pas plus tombée du ciel. Et celle qui dégrade le triple A de la France, Standard & Poor's, fondée en 1860 (oui, le capitalisme ne date pas de la dernière pluie), tient pignon sur rue par le monde. Le 9 décembre 2011, elle a tenu sa conférence annuelle et son chef économiste pour l'Europe est bien de chez nous: le Français Jean-Michel Six. Standard & Poor's est l'une des 3 principales sociétés de notation financière; à Wall Street, son indice boursier de référence dépasse celui du Dow Jones ou le Nasdaq, dont les économistes nous abreuvent pour noyer le vrai poisson.

     Dans cette machine de guerre au service du profit et de la spéculation, on ne travaille pas pour l'euro symbolique. Les états (avec l'argent public), les entreprises, parfois les collectivités territoriales (re-argent public), crachent largement au bassinet pour se faire noter. De ce fait, en 2010, le chiffre d'affaires de Standard & Poor's est de 2,9 milliards de dollars, première du top 3 des agences de notation. Le salaire annuel moyen d'un de ses analyste financier est de 45 000 euros, celui d'un manager, 66 000 euros. On ne connaît pas les salaires des dirigeants et des membres du Consel d'administration.

agence

 

     En décembre 2011, lors de la conférence annuelle de Standard &Poor's de Paris, le journaliste de l'Huma a interrogé Jean-Michel Six sur la récession imposée par Nicolas Sarkozy, l'UE et le FMI. "Si vous allez trop loin dans l'austérité généralisée, vous avez moins de croissance", fut-il répondu. Puis, l'économiste en chef pour l'Europe, conscient de la portée de cet aveu, déclara dans une pirouette: "La solidarité européenne, cela peut vouloir dire un partage des rôles. On n'est pas obligé de faire partout de l'austérité de la même façon".

     Outre le fait que l'agence confirmait que l'austérité entraînait une récession économique et donc sociale, elle avouait que, (pour tromper l'opinion), elle ne devait pas avoir la même forme partout, même si elle était mise en application partout dans l'UE.

 

     La France dégradée et nous?

     Nicolas Sarkozy a beau jeu d'émettre chaque jour ses voeux d'autosatisfaction et que ses valets le congratulent à longueur de médias. Chacun l'aperçoit dans son quotidien: flambée du chômage accentué par la contre réforme des retraites; augmentation des prix; blocage des salaires, des pensions, des prestations sociales; blocage demain du taux d'intérêt du livret A; ect. Moins de pouvoir d'achat, c'est obligatoirement moins de consommation et moins de production nationale. Moins d'emplois, c'est moins de ressources aussi pour l'Etat, ce qui crible de dettes plus son budget. On le voit, la spirale est infernale.

     Pire, la dégradation de la note française implique un argent plus cher avec des taux d'intérêts plus élevés, des coupes budgétaires drastiques dans les ménages et au niveau de l'Etat, l'alourdissement des impôts et des taxes afin de compenser le déficit public.

     La Grèce (mais d'autres pays de l'UE à des degrés divers), sous cette perfusion placée par un gouvernement d'union socialiste-conservatrice-extrême-droite, s'enfonce chaque jour davantage. Ce qui ne réussit pas chez nos voisins, serait-il le veau d'or en France? Et pourquoi privilégier le sort des banques plutôt que celui du peuple qui consomme ?

 

     Hier soir, le Front de gauche appelait à un rassemblement devant les locaux parisiens de Standard & Poor's. En effet, Chirac et de Sarkozy ont résolument placé le financement de la dette publique dans la gueule des marchés financiers et des fonds étrangers. Et les Bayrou, Morin et autre De Villepin, lorsqu'ils étaient aux affaires, ont cautionné cela et avec enthousiasme.

     On peut penser ce qu'on veut du Front de gauche. Il n'empêche que le rassemblement et les luttes pour chasser le capitalisme sont les seules solutions pour un monde meilleur.

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