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Publié par Le Mantois et Partout ailleurs

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  Notre histoire sociale le montre, les conflits dans le monde du travail l'ont emporté sur les compromis entre patronat et syndicalisme. Mais aujourd'hui, comme si la société actuelle était juste et apaisée, sans aucune exploitation des plus forts sur les plus faibles qui sont la multitude, politologues, sociologues ou économistes en chambre s'en prennent à ceux qui feraient primer le conflit, ces rétrogrades. Par contre, les mêmes louent le réformisme charpentant certains syndicats français prêts, non pas pour changer l'état de la société, mais à humaniser le capitalisme. Oui, nous sommes au 21e siècle et l'histoire s'est arrêtée avec la chute du mur de Berlin. Plus de luttes de classes ni de drapeaux rouges de la contestation violente, mais l'Union sacrée autour d'une table pour sauver l'entreprise et donc le pays.

 

  C'est oublier que, particulièrement en France, les tenants du pouvoir et le patronat, qui naît pour s'établir en maître absolu, ont réprimé par le sang, la prison, les amendes, l'exil ou la déportation tous ceux se réclamant de l'émancipation du genre humain. Pour aller vite, il y eut la loi Le Chapelier de 1791 interdisant la grève et le syndicalisme, le livret ouvrier de Napoléon qui lui survivra longtemps en imposant au travailleur d'être constamment fiché par les forces de l'ordre. il y a la légalisation des syndicats en 1884, mais ses dirigeants doivent se dénoncer toujours aux forces de l'ordre; le syndicalisme est interdit dans la Fonction publique jusqu'à la Libération; et, lors d'une manifestation ouvrière, les organisateurs doivent se faire connaître à la police.

  Il faut 1968 et les évènements sociaux du printemps pour que le droit syndical soit enfin reconnu à l'entreprise. Encore faut-il savoir qu'il est toujours obligatoire de distribuer un tract syndical à "l'entrée et à la sortie du personnel". Et récemment, les syndicalistes cités en justice par le patronat ou les préfets de la République ne sont pas une vue de l'esprit.

 

  Aujourd'hui, les réunions entre employeurs et délégués du personnel ne sont pour la plupart qu'une chambre d'enregistrement du mal-être du monde du travail que les premiers ignorent complètement. Dans les grandes entreprises, les CE ne sont consultés (quand ils le sont) que quand le mal est fait. Dans les petites entreprises (la majorité en France), aucun droit institutionnel, même le plus mineur.

  Oui, le patronat reste hégémonique en France et entend conserver cette autorité absolue. Oui, dans notre pays, on est plus attentif aux groupes du CAC 40 qu'au sort des salariés.

  Dans cette situation sociale de la France, dès lors, rechercher un compromis (même positif) à tout prix, entre exploiteurs et exploités, est comme un emplâtre sur une jambe de bois.

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