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Publié par Le Mantois et Partout ailleurs

Impôt

 

Light, voilà comment la CFDT juge les revendications du patronat dans les discussions qui s'ouvrent sur la sécurisation de l'emploi. Si je ne m'abuse, light signifie allégé en français et c'est donc ainsi que le syndicat de François Chérèque juge le détricotage de la loi sur le contrat de travail. Car, que veulent à cor et à cri les patrons: augmenter la durée de la période d'essai (un cdd qui ne dirait pas son nom en somme), réduire le montant des dommages et intérêts en cas de licenciement abusif, conclure des cdi de "mission" que le boss pourrait rompre en cas de non-réalisation de "l'objet pour lequel il aurait été signé". Par exemple, le salarié X est embauché par le salariant Y sur la base des 35h. Le jour d'une baisse d'activité, Y vire X sans procéder à un licenciement économique et sans lui accorder les indemnités qui vont avec.

C'est cela que la CFDT trouve light et François 2, depuis l'Elysée, a d'ores et déjà qualifié ces discussions entre patrons et syndicats "d'historiques entre les partenaires sociaux" qui devraient aboutir sur un "accord donnant-donnant".

 

Il n'y a pas plus de partenaires sociaux dans le monde du travail que de beurre en branche. Selon les dictionnaires de la langue française, partenaire a pour synonymies: acolyte, adjoint, aide, allié, associé, camarade, collègue, compagnon, complice, second.

Quant à un accord donnant-donnant, je m'en réfère à l'histoire sociale de la France. Les accords Matignon de 1936 (augmentations salariales, congés payés, conventions collectives, réduction du temps de travail, ect) ne furent signés par le Medef de l'époque que sous la contrainte des travailleurs en grève et non par une discussion feutrée entre complices. A la Libération, les lois nouvelles en droit du travail, la Sécurité sociale, la nationalisation de l'énergie, des banques et de certaines industries eurent lieu, là aussi, sans accord donnant-donnant. A cette époque, le patronat, dans sa plus grande majorité, sortait d'une collaboration avec l'économie de guerre de l'Allemagne nazie et d'un soutien effectif au régime de Vichy.

 

Et aujourd'hui, alors que le patronat licencie à tour de bras, pille les fonds sociaux, fraude l'impôt, organise le marché d'une main d'oeuvre clandestine, délocalise, accumule les profits et paie les salariés toujours plus bas, on parle de revendications "light" de sa part et d'un probable "accord donnant-donnant" entre partenaires sociaux et donc complices ?

Merde alors!


 

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