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Publié par le Mantois hier et aujourd'hui

     C'est une vérité juridique en France, quoique beuglent les intégristes de toutes les religions établies sur le territoire de la République française. Et le projet de loi (instituant le blasphème comme un délit), déposé par le député UMP Eric Raoult, n'a jamais été débattu au Parlement.

     On a oublié de célébrer l'anniversaire de la loi du 9 décembre 1905 instituant la séparation des Églises et de l'Etat, comme si on désirait puiser des voix dans le fanatisme religieux pour rentrer sous les ors du palais de l'Elysée.

     Contrairement aux idées reçues, cette loi ne sépare pas la seule religion catholique de la République, mais toutes les Églises, c'est à dire toutes les religions pratiquant un culte. Par la promulgation de cette loi, la religion est donc considérée comme une association de droit privé qui ne doit jamais interférer dans la sphère de l'Etat. La loi sur la séparation des Églises et de l'Etat n'a jamais été abrogée et ses articles premier et second restent de ce fait d'ordre public:

     article 1: la République assure la liberté de conscience (...).

     article 2: la République ne reconnaît, ne salarie ni ne subventionne aucun culte.

     La liberté de conscience entend donc la liberté de croire ou de ne pas croire; sur le second article, il n'est pas appliqué en Alsace et en Moselle, redevenues françaises en 1918 mais restant soumises à la législation allemande sur les cultes.

 

     A la Libération de la France, la laïcité est entrée dans la Contitution de 1946. En 1958, la Ve Constitution française institue: "La France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale". Cet article précède la lecture du texte constitutionnel. C'est à dire qu'il supervise toute la Constitution et que la République française, dans tous ses actes, doit absolument répondre aux caractères d'un état laïque.

 

     Cependant, la société française subit une crise profonde et l'action politique pour la résoudre n'est pas vue par nombre de nos concitoyens comme une solution. Et dans ce mauvais air que l'on respire, les intégristes de tous poils sortent du bois, qu'ils se reconnaissent chrétiens ou musulmans. Pour l'occasion, ils beuglent à la christianophobie et à l'islamophobie, se drapant derrière le faux voile de la liberté d'expression. Ils aboient chaque jour et les Églises officielles, toutes les églises officielles, dont ils se disent fidèles croyants, ne contrarient pas leurs clameurs nauséabondes. Comme pour ne pas séparer le bon grain de l'ivraie. Comme si en France, on devrait être croyant, sinon rien et donc s'asseoir sur la liberté de conscience contenue dans la loi de la République.

 

     La Révolution de 1789, dans sa "Déclaration des droits de l'homme et du citoyen"  avait supprimé déjà la notion de blasphème. Mais il a fallu ensuite les luttes acharnées d'hommes et de femmes à la pensée libre (croyants ou athées) pour en arriver à une République laïque.

     En 2011 et pour les siècles des siècles, la France est républicaine et un état laïque dans lequel le blasphème n'est pas un délit. Notre pays doit le rester. A moins de vouloir ressembler à la cruauté peinte, en 1728, dans ce tableau "Le blasphémateur lapidé".

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