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Publié par Le Mantois et Partout ailleurs

     Un naufrage passé presque comme une lettre à la poste (quand le service public fonctionnait bien).

     Il n'y avait pas que Jean-Luc Mélenchon et le Front de gauche à la Bastille dans l'actualité. Oui, comme l'écrit Médiapart dans son édition du 19 mars, cette "omnipotence médiatique a failli nous empêcher de voir le cadeau de M6 pour son anniversaire": le naufrage du candidat Nicolas Sarkozy lors de l'émission Capital. J'avais lu l'article et trouvé qu'on n'y allait pas avec le dos de la cuillère concernant la prestation télévisée du président-candidat à sa réélection. Et non, comme, il citait ses sources, j'ai pu revoir l'émission. Aussi, le copier-coller de Médiapart:

 

 

 

 

  Le 18 mars, la chaîne avait invité Nicolas Sarkozy à Capital. Une émission qui marque la déroute du candidat de l'UMP. Sarkofrance en a fait un résumé frappant de vérité.

  La présentation de l'émission indiquait que Capital proposait une "émission exceptionnelle" pendant laquelle Nicolas Sarkozy serait  "confronté aux problèmes quotidiens des Français à travers des enquêtes inédites de Capital ".

  Nicolas Sarkozy répondit donc (ou non) aux questions de Thomas Sotto. Pitoyable.

 

   Juan, de Sarkofrance, a en fait le résumé:

  "Après le fiasco médiatique de vendredi dernier, cette soirée fut quasiment exemplaire.

  Le premier reportage montra une famille qui vivait à 4 euros près. Tout y passa: l'endettement pour se loger, le coût des transports publics, l'envolée des prix de l'eau, le manque d'enseignants dans l'école publique et les conséquences de la suppression de la carte scolaire. 

  Un second reportage traitait de la surcharge des hôpitaux. Voici Capital qui nous décrivait les ravages de la réforme hospitalière. Un nouveau coup dur. 

  Un autre reportage figurait un certain Frédéric qui s'endettait pour se refaire les dents. Sarkozy grinçait des dents en direct.

  Un quatrième reportage traitait du chômage des seniors. Des quinqua témoignaient de l'absence d'offres d'emploi. On vit aussi un avocat d'affaires détailler les bonus particuliers d'un patron en cours de recrutement.

  Face à cette avalanche de mauvaises nouvelles, diffusées en direct et à une heure de grande écoute, Nicolas Sarkozy sombra littéralement. Le candidat sortant parut désemparé. C'en était gênant.


    Florilège:

  1. Le candidat sortant commença par s'agacer du nombre des normes. Et il promit, juré craché, que s'il était réélu, il supprimerait deux normes chaque fois qu'une nouvelle serait créée. Après la boulimie législative des 10 ou 5 dernières années, l'annonce avait de quoi surprendre. Ce n'était plus une volte-face mais une abdication !

  2. Sur l'éducation, Nicolas Sarkozy expliqua qu'il proposait des heures supplémentaires pour les enseignants. Mais rien d'obligatoire, s'étonna le journaliste. Non, reconnut le candidat. Sarkozy dériva sur l'immigration qui, selon lui, était l'une des sources du problème de l'école, et qu'il y avait trop d'élèves à l'école. On croyait rêver. « Vous placeriez votre enfant dans une école publique ?» Sarkozy refusa de répondre.

  3. Sur la santé, le candidat sombra. « En France, se soigner est gratuit ». Il oubliait que 5 millions de Français n'avaient pas de mutuelles complémentaires.

Quand le journaliste Thomas Sotto lui demanda s'il ne fallait pas jouer sur les tarifs médicaux, le monarque répond à côté, tout en expliquant que les médecins ne gagnaient que 23 euros par consultation.A Thomas Sotto qui lui demanda s'il comptait forcer les médecins à s'installer dans les déserts médicaux, le candidat répondit: « Vous iriez voir un médecin qu'on a forcé à aller à Morlaix?» Il venait de perdre les faveurs du Finistère. 

  4. Confronté au reportage sur ce commercial contraint de se refaire une dent pourrie, Sarkozy eut cette réponse étonnante: « Franchement, est-ce que vous croyez que le moment est venu à l'annonce de dépenses nouvelles ?»  Et d'ajouter : « Il faut bien comprendre que notre assurance maladie est en déficit. »

  Le journaliste Thomas Sotto était interloqué. Sarkozy évoqua d'autres soins jugés plus prioritaires, comme le cancer et Alzeihmer. Il faudrait réduire les soins dentaires au profit de la lutte contre le cancer, s'interrogea Sotto.  « Mais certains malades ont besoin des deux soins, pour les dents et contre le cancer » répondit Sarkozy. Devant notre poste, nous étions tétanisés.

  5Sur le chômage, la bataille de chiffres fut réglée en quelques secondes, au profit de Thomas Sotto, il y avait bien un million d'inscrits supplémentaires à Pôle emploi. Mais Sarkozy expliqua que les chômeurs de catégories B et C n'étaient pas vraiment des chômeurs puisqu'ils travaillaient à temps partiel.

  6A propos des seniors, Nicolas Sarkozy pensait avoir la réponse à un reportage encore une fois accusateur: « Depuis 2007, il y a 520.000 seniors de plus au travail.» C'était faux. Sarkozy parlait d'actifs. Certains, nombreux, étaient inscrits au chômage. Il pensait aussi avoir l'annonce du jour: il proposa l'exonération en charges sociales pour toute embauche de personne au chômage de plus de 55 ans embauchée en CDI ou en CDD de plus de 6 mois, une idée partiellement pompée chez... François Hollande.

  Nous avions compris. Si Nicolas Sarkozy tardait tant à présenter son programme, c'est il attendait de recopier les mesures des autres candidats, de gauche comme d'extrême droite. 

  7. Quelle solution pour le chômage qui explose ? Thomas Sotto lança un reportage sur la surcharge de Pôle Emploi, surtout dans les quartiers populaires. Je pensai à mon épouse.« On a augmenté de 3000 le nombre de salariés de pôle emploi. » s'excusa Sarkozy, mal en point. C'était faux. Il n'avait augmenté que de 1.850 CDD les effectifs de Pôle emploi, début 2009 et sous la pression des manifestations. Puis de 1.000 CDD nouveaux annoncés le 18 janvier dernier. Mais Sarkozy avait la formule: la formation. « Il faut former ». Le journaliste s'inquiète: « Il est où le stock d'emplois après la formation ? » #Sarkopipo répond: « Ben partout ».

  On a compris que le candidat sortant envisageait de récupérer une fraction du budget de formation professionnelle pour les chômeurs, mais sans préciser combien. Tout cela restait flou, bien flou.

  8. En fin d'émission, Sarkozy fut interpellé par un jeune patron qui venait de créer son restaurant. Le candidat sortant se félicita de la baisse de TVA sur cette activité. Le patron n'en parlait pas. Pour aider les PME, Sarkozy dégaina trois propositions: « Je vous annonce ce soir que nous allons demander à Oseo d'avancer le crédit d'impôt-recherche. » Ah... C'était tout.

  Puis, il promit d'obliger les grands groupes « d'emmener des PME avec eux à l'export ». C'était bien flou. Et enfin, pour les PME, il allait « supprimer le privilège du Trésor Public.» Accorder aux banques une priorité de remboursement des créances en cas de faillite sur le trésor public, quelle mesure !  Pour enfoncer son point, il rappela sa menace, l'un des ultimatums nombreux qu'il avait lancé à l'Europe depuis 6 jours: « j'ai donné un an à l'EUROPE pour donner la priorité aux PME.» « L'Europe à 27 ? » s'étonna Sotto... A Berlin, Merkel devait trembler...

  9. Séquence Fouquet's, un reportage s'attarda sur ces bonus de patron qui ne connaissent pas la crise. « Mais ils n'ont pas été interdits, les Golden parachutes ? » s'inquiéta Thomas Sotto. Sarkozy s'embrouilla « Mais si si » Mais non, mais non. Un peu plus tard, Sarkozy rempile, et oublie de tacler les abus: « Les actions gratuites, c'est pas ce qui me choque le plus ». Sur Twitter, même Jean-Michel Aphati de RTL s'agaçait: « 12 millions d'euros d'actions gratuites à un PDG dans une entreprise ne choquent pas N.»  Le journaliste insista sur la fiscalité, et notamment la proposition de Sarkozy de taxer les exilés fiscaux: « Ils perdent la nationalité, les exilés fiscaux ? »... Le candidat sortant écarquilla les yeux: « ben non ».

  10. Beaucoup de dépenses, mais peu de recettes. Sarkozy rappela ses deux seules idées du moment: taxer d'un impôt minimum les grands groupes du CAC40, sans plus de précision. Et taxer les exilés fiscaux. « Mais c'est symbolique tout ça ! » s'étonna le journaliste. Sarkozy masquait.

  11. Le quasi-coup de grâce était pour la fin, sur les prévisions de croissance: « vous êtes plus optimiste que François Hollande » demanda Sotto.  « C'est votre référence » répondit, méchant, le candidat sortant.

La soirée était gâchée. "

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