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Publié par Le Mantois et Partout ailleurs

1945: Amère fin de guerre    

Par Philippe Dumartheray sur le journal suisse 24 Heures

Vendeur de la <i>Feuille d’Avis de Lausanne</i> dans les rues de la ville le 8 mai 1945: la guerre est finie. Vendeur de la Feuille d’Avis de Lausanne dans les rues de la ville le 8 mai 1945: la guerre est finie.
Image: WALTER SCHWEIWILLER/PHOTOPRESS-ARCHI

 

La capitulation des forces allemandes est signée le 7 mai 1945. A Lausanne, dès la nuit tombée, les édifices publics s’illuminent et nombreux sont les habitants à se rendre dans les églises de la ville. Le lendemain, on trouve ce commentaire dans la Feuille d’Avis de Lausanne: «Ce sentiment de soulagement n’avait point un caractère égoïste, on pensait à tous les peuples qui avaient souffert, qui avaient été brimés, asservis et pour qui l’heure de la libération était enfin venue.»

Et le général Guisan de déclarer: «Sans l’armée, nous aurions été exposés à souffrir les misères qui nous furent évitées; la guerre, l’occupation, la destruction, la captivité et la déportation.»


La paix qui se profile ne soulève pourtant pas l’enthousiasme. Car, si la Suisse fait figure de miraculée, elle se retrouve isolée face à des Alliés qui lui demandent des comptes. Et elle a des choses à se reprocher. En 1938, le pays passe un accord avec Berlin afin que l’Allemagne marque d’un «J» les passeports des Juifs allemands. Et, à partir de 1942, il se montre encore plus restrictif avec sa politique dite de la «barque pleine». Plusieurs dizaines de milliers de réfugiés, en majorité des Juifs, ont été refoulés.


La Suisse sert aussi de refuge aux capitaux que ses banques auront de la peine à restituer aux héritiers des victimes de la Shoah. Le problème des fonds en déshérence reviendra d’actualité en 1995 suite aux révélations de journaux israéliens. Le Conseil fédéral nommera alors la Commission Bergier, chargée de faire toute la lumière sur l’attitude de la Suisse durant la Seconde Guerre mondiale.


Entreprises sur liste noire

Les Alliés ne vont pourtant pas retenir contre elle son attitude envers les réfugiés mais bien celle face à l’Allemagne nazie. Ils l’accusent d’avoir contribué à la prolongation du conflit avec l’octroi de crédits et les transactions sur l’or allemand. De plus, 1200 entreprises ayant commercé de trop près avec l’Allemagne se retrouvent sur liste noire. Le 19 janvier 1945, le président Roosevelt adresse une lettre au président de la Confédération pour l’inviter à négocier dès le 8 mars.


Berne joue un drôle de jeu en signant parallèlement une convention secrète avec la Reichsbank, qui sera mise au jour par les Alliés. Les Etats-Unis exigent alors des sanctions contre la Suisse, qui parvient à s’en sortir. Français et Anglais choisissent de la ménager. En mai se signent les Accords de Washington. Berne peut conserver 50% des avoirs allemands, mais doit s’acquitter de 250 millions de francs pour la reconstruction de l’Europe, en compensation de l’or allemand acheté par la Banque nationale. En échange, les Alliés libèrent les avoirs suisses et suppriment les fameuses listes noires. Quant aux banques, elles sauvent le secret bancaire! La Suisse s’en sort à bon compte. Un sentiment partagé par un des négociateurs, William Rappard, qui, dans un message envoyé au conseiller fédéral Max Petitpierre, écrit que «les Alliés se défendaient difficilement d’avoir été roulés».


Le cas est différent avec l’Union soviétique. Près de 10 000 soldats se sont réfugiés en Suisse durant la guerre. En avril, Moscou critique la politique d’internement suisse. Les Soviétiques prennent alors en otage une délégation du CICR à Berlin. Le petit pays doit négocier et donne l’ordre aux Russes de partir. Mais ils craignent pour leur vie à leur retour là-bas. L’opération se déroule jusqu’en 1949 avec le renvoi de Soviétiques musulmans, de leurs épouses suisses et des enfants. Dès les années 1947-48, les accusations de l’étranger perdent de leur virulence, ce qui permet d’écarter ce thème de discorde du débat public. Malgré quelques rebondissements – comme le scandale des 200 personnalités ayant demandé la mise au pas de la presse suisse hostile à l’Allemagne – qui écornent l’image d’une Suisse résistante face au pouvoir nazi.


Source: La Suisse face à la Seconde Guerre mondiale, Luc van Dongen, Société d’histoire et d’archéologie de Genève, 1998.

 

Note de ma pomme: Ah, oui, la Suisse et son grand coeur, grand comme un coffre-fort pourrait-on dire, prête à accueillir, pas toutes les misères du monde, non, mais surtout le fric des dictatures comme celui des fraudeurs fiscaux notamment gaulois. Allo, Johnny, qu'en pensez-vous?

 

 

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