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Publié par Le Mantois et Partout ailleurs

Les accords du Perreux, en banlieue parisienne, le 17 avril 1943, scellent donc la réunification de la CGT. Les confédérés de Léon Jouhaux sont représentés par Robert Bothereau et Louis Saillant, les unitaires de Benoît Frachon par Henri Raynaud et André Tollet.

  Fiche de police

 

Cette marche vers l'unification a été difficile. L'histoire montre qu'elle provient plus de la volonté de ceux qui avaient été exclus de la confédération en septembre 1939, que de la tendance Jouhaux. Elle eut lieu aussi parce que certains parmi cette dernière s'engagèrent, à titre personnel, fortement dans un mouvement de résistance. Enfin, Vichy lançant des arrestations contre des dirigeants confédérés, dont Léon Jouhaux, accéléra le processus.

 

S'unir pour combattre

 

Les unitaires de Benoît Frachon n'ont aucune arrière-pensée en soutenant dès le début de l'Occupation la réunification de la CGT. Le mot d'ordre "S'unir pour combattre" s'affiche dans les premières Vie Ouvrière clandestines. En décembre 1942, la Vie ouvrière déclare "vouloir regrouper les forces ouvrières pour la lutte libératrice et la liberté contre les envahisseurs et leurs larbins". Mais le journal clandestin, le 1er août 1943 s'adresse aussi aux syndicalistes chrétiens "qui ne sont pas les derniers à mener le combat héroïque contre l'ennemi". De ce fait, est carrément proposée une réunion organique de la CGT et de la CFTC. La centrale chrétienne la refusera sous l'Occupation ainsi qu'à la Libération. C'est là un marqueur important dans l'histoire du syndicalisme français et de  sa division présente et à venir.


Cependant, la réunification de la CGT et les combats unitaire avec la CFTC vont renforcer le poids du mouvement syndical dans la conduite des luttes populaires. Outre les sabotages dans les entreprises, des grèves témoignent de l'efficacité de cette guerre intérieure contre l'économie nazie: les mineurs du Nord et du Pas-de-Calais en octobre 1943 et ceux de la région de Saint-Etienne le mois suivant.

En décembre, la CGT appelle au "sabotage systématique de la production de guerre nazie et à la lutte armée contre l'envahisseur", notamment en créant "dans les entreprises, les villes et villages, leurs groupes de milices patriotiques".

 

 

Image - Viaduc saboté


Pour autant, si la CGT retrouve son unité par les accords du Perreux, est minimisée la place que tiennent les unitaires depuis le début dans la Résistance. En effet, le bureau confédéral clandestin va comprendre 5 membres de la tendance Jouhaux et 3 de la tendance Frachon. Mais "l'unité pour le combat et pour vaincre l'ennemi" est une constante dans l'esprit des unitaires.


Marche vers l'unification de la CGT difficile, mais aussi arrières-pensées à Londres de de Gaulle et parmi certains de la résistance intérieure. On y constate, avec déplaisir, le poids dominant du mouvement ouvrier communiste dans la CGT, comme le nombre de leurs participants dans les actes de résistance.

Enfin, les syndicalistes, qui avaient animé le Comité d'Etudes Économiques et Sociales (voir chapitres précédents), se retrouvant dans la CGT réunifiée, éditent un journal Résistance ouvrière. En décembre 1945, la publication Force ouvrière, autour de Léon Jouhaux, prend le relais de ce journal fondé dans la clandestinité. C'est également là un marqueur important dans la division du syndicalisme CGT en 1947.

 

A suivre et fin, l'influence de la CGT dans le Conseil National de la Résistance.

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