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Publié par Le Mantois et Partout ailleurs

   Je ne suis plus très jeune, mais l'espoir d'un monde meilleur reste toujours dans mon coeur. Aussi, je ne peux que me réjouir de la plainte collective contre l'Etat activée par 15 jeunes, étudiants, salariés, chômeurs, lycéens ou artistes. Ils dénoncent avoir subi, dans la patrie républicaine des droits de l'homme, des contrôles de police fondés sur des critères racistes.

  Soutenus par le Syndicat des avocats de France (SAF) et le Collectif contre le contrôle au faciès, ils poursuivent l'Etat en s'appuyant notamment sur une étude du CNRS (entre octobre 2007 et mai 2008) établissant que les Noirs étaient 6 fois plus contrôlés et les Arabes 8 fois plus que les Blancs. Cette propension présumée d'une certaine partie de la police est aussi dénoncée par nombre d'organisations internationales, comme l'ONG américaine Human Rights Watch en janvier 2012.  

Photo : stoplecontroleaufacies.fr

 

   Ils sont donc 15 jeunes citoyens français, de Villeurbanne, Lille ou St-Ouen, aux profils divers et tous ont été la cible de la police nationale, simplement à cause de leur apparence. Selon le Code de procédure pénale, cela constitue une violation des droits fondamentaux, puisque un contrôle policier ne peut se fonder que sur un comportement fautif et non sur une quelconque apparence. Le procès pourrait se tenir d'ici un ou deux ans. Plutôt deux, car comme disent souvent ceux qui nous régentent en ce moment, il faut laisser du temps à la justice pour qu'elle passe, surtout si on est puissamment concerné...

   Le SAF, quant à lui, soulève le fait que le contrôle de police ne donne lieu à aucun acte de procédure écrit qui serait remis à la personne contrôlée, une méthode présentée comme un remède possible aux abus. Et répondant à Human Rights Watch en janvier 2012, la Direction générale de la police nationale a nié tout racisme et assuré que les comportements illégaux étaient réprimés. Rien que ça voulait dire donc qu'il y en avait, non?

 

   Il faut que cette situation cesse et ce débat doit entrer de plein pied dans cette campagne électorale pour l'avenir prochain de notre pays. Il ne peut pas y avoir en France des citoyens d'apparence coupable à cause de leur couleur de peau ou de leur origine.

  N'avons-nous plus de mémoire sur les années noires de l'occupation nazie et du régime de Pétain? Avons-nous tous oublé l'étoile d'infamie qui frappait les citoyens de notre pays de confession israélite? Moi, je n'oublierai jamais qu'à cette même époque, on traitait ma mère et ses soeurs de sales petites espagnoles dans les rues de Narbonne, parce qu'elles étaient d'apparence étrangère.

   Oui, en 1950, je suis né dans un quartier de cette ville où par le fait du hasard (c'est que les élites me soutenaient alors), était concentrée la population espagnole, immigrée ou naturalisée française. Et je peux témoigner que pour un oui ou pour un non, les paniers à salade des flics de cette époque venaient roder dans notre clos de vie et de misère...

 

   Allez, jeunesse de France, demain, faisons se lever le jour. Nadim, Armel, Bocar, Karim ou Anthony, luttez pour votre dignité et votez aussi pour la liberté, l'égalité et la fraternité pour tous les coeurs de France.

 

Commenter cet article

C
C'est très bien dit ça Roger, j'adhère totalement et tu sais, mon gamin qui est bien français, blond aux yeux bleus s'est fait contrôler au faciès X fois, à cause de son look de jeune des
cités...d'ailleurs dans le monde du travail et du lycée, ça le fait pas non plus.
Même ici à Magnanville, j'en connais pas mal des jeunes qui se sont fait arrêter pour ça !!*
C'est honteux et m'a toujours révolté, alors c'est bien que des jeunes ne se laissent pas faire.

Amicalement

caroleone
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