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Publié par Le Mantois et Partout ailleurs

     Non et plutôt le contraire, le Concordia des croisières Costa. C'est même un monstre des mers, long de plus de 290m, haut de 17 ponts dont 14 réservés aux 3 780 passagers qu'il peut embarquer, pour un équipage de 1 100 personnes. La nuit du naufrage, 3 206 passagers et 1 023 membres d'équipages étaient à son bord.

     Costa croisières est une filiale du groupe américain Carnival Corporation & pic, le plus important opérateur sur le marché de la croisière. Il fait dans le gigantisme sur les flots et le Concordia n'est pas le plus petit de sa flotte, même avec ses 1500 cabines, 5 restaurants, 13 bars, 4 piscines, un gymnase, un terrain de sports, des thermes, un casino, un cinéma et un théâtre sur 3 étages, ect. La brochure publicitaire parle du bien-être des passagers et loue la magnificence du navire. Bon, c'est sûr, qu'elle ne va pas évoquer les dividendes engrangées par Carnival Corporation & pic, ni pourquoi tant de nationalités composent son équipage et à quel taux elles sont rémunérées pour leur labeur à bord.

     Costa croisières s'est toutefois fendue d'un communiqué après le naufrage du Concordia, précisant qu'il y avait 40 nationalités à bord, toutes parlant parfaitement l'anglais, dont environ 300 Philippins, 200 Indiens et 170 Indonésiens. C'est dire que plus de la moitié de l'équipage est Asiatique, embauchée parce que, effectivement, les salaires sont très bas sur ce continent. Mais chut, ne le répétez pas! Quant à savoir parler correctement la langue de Shakespeare, peut-être. Mais ne vaudrait-il pas mieux qu'ils parlent les idiomes en vigueur sur la Méditerranée, au cas où un incident grave à bord surviendrait.

 

     Incident, il y a eu avec le naufrage sur des récifs de nuit, la pagaille à bord, des victimes et la fuite du capitaine à terre avant que le dernier passager n'ait quitté le bord selon la justice italienne.

     Hier soir, sur France 5, l'émission C dans l'air, animée par Laurent Bazin en lieu et place d'Yves Calvi, ne déparait pas d'une info libre et non faussée au goût du libéralisme le plus avancé. Pas le représentant d'un quelconque syndicat de marins! Mais 4 invités: la déléguée générale des Armateurs de France (les patrons de la mer quoi), un ex-président de l'Institut de la mer, armateur à titre personnel et actuel big boss des acteurs de l'économie maritime française, un chercheur de l'Institut catholique de Paris sur la mer (ma foi bien gentil avec tous) et un amiral à la retraite. Hormis les trois premiers, semble-t-il à tu et à toi, l'ex-militaire fut le seul à soulever la question des procédures pour assurer la sécurité sur un tel géant des mers. Rendez-vous compte: presque personne pour encadrer 3 780 passagers et qui, malgré leur dévouement, ne parlait pas tous la langue de ces derniers. Quant à leur formation. Le patron des acteurs de l'économie maritime française a éludé vite l'inconvenant, pour dire en gros: "Les philippins sont de très bons marins et s'il est vrai qu'ils sont moins rémunérés que les marins européens, leurs salaires ne comptent pas pour rien dans leur pays d'origine". Et le chercheur de l'institut catholique de ne pas insister non plus, par charité chrétienne sans doute.

 

     Bref, une pantalonnade de plus à C dans l'air, sauf à tomber à bras raccourcis sur le commandant du Concordia. Sans relever, qu'il n'était pas le seul dans la cabine de commandement et que le fait de s'approcher tout près des récifs de la côte, sirène hurlante et navire illuminé tel un sapin de Noël, est une coutume connue des autorités locales italiennes. Même que l'ex-président de l'Institut de la mer y a assisté, à l'été 2011, a-t-il précisé devant les caméras, sans qu'on lui demanda pourquoi il n'avait alerté personne sur ce danger.

 

     La CGT des marins du Grand Ouest a dénoncé avec force le dumping social et "la responsabilité des Etats européens de l'organisation maritime internationale qui autorisent à mettre à bord des navires des équipages à bas coût". Sur 1 850 000 marins recensés dans le monde, 4 sur 5 viennent des pays pauvres.

     On comprend pourquoi C dans l'air (chaîne de tv publique) n'ait pas invitée la CGT.

 

bateau019

                   Armateur de croisières cherchant le super-profit

 

 

 

 

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