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Publié par Le Mantois et Partout ailleurs

C'est BFM business qui a enquêté et c'est déjà un petit miracle. Mais ne boudons pas notre plaisir et voyons toutes les ficelles employées par Ikéa France pour payer moins au fisc gaulois, en fonction de la loi française qui le lui permet et des paradis fiscaux dans lesquels la société investit.


Profitant de la loi Girardin de 2003 (sous Sarkozy) permettant de déduire des impôts en investissant outre mer, la filiale française d'Ikéa a elle-même une filale Finvest qui détient six centrales photo-voltaïques à La Réunion, un ferry en Nouvelle-Calédonie, un ensemble de villas à Tahiti baptisé "les Jardins de Paea" et des parts dans le navire méthanier M32 appartenant à GDF-Suez. Elle possède aussi une autre filiale, Finpart, dans le câble sous-marin entre Tahiti et Hawaï.

Attention, en France, Ikéa , oui toujours le marchand de meubles suédois, détient un airbus 340 utilisé par Air France, trois fermes d'éoliennes dans l'Aisne et l'Indre, et des panneaux photo-voltaïques. Ceci lui permet de vendre à EDF l’énergie ainsi produite avec un surcoût


Les royalties de tout ce montage financier sont versés à une société néerlandaise Inter Ikea Systems BV, qui a touché en 2011 789 millions d'euros provenant du monde entier.

Cette société est détenue par une société luxembourgeoise: Inter Ikea Holding SA. Celle-ci paye très peu d'impôts (18 millions d'euros en 2011), bien qu'elle réalise un chiffre d'affaires conséquent (2,4 milliards d'euros).
La société luxembourgeoise est elle-même détenue par une fondation au Lichtenstein, baptisée Interogo.


Vous suivez ou pas? Bon pour faire court, Ikéa France précise  "avoir toujours payé ses impôts dans le respect de la législation fiscale française". Et comme Les Pays-bas, le Luxembourg ou le Lichtenstein ne sont pas des paradis fiscaux, pourquoi se gêner?

La télévision suédoise affirme que le groupe Ikéa utilise aussi des filiales dans d'autres paradis fiscaux, comme la Suisse, Curaçao, les îles Vierges britanniques ou Chypre. Mais c'est peut-être une mauvaise langue et que l'enquête sur Ikéa France n'est pas un miracle, mais un vulgaire mirage.

 

D'alleurs, je n'ai jamais entendu Nicolas Sarkozy, pardon Nicolas Doz, le chroniqueur patenté en économie de BFM business, qui officie aussi chaque matin sur BFMtv dire du mal de la concurrence libre et non faussée en particulier ni du capitalisme en général.  

 

Ps (post-scriptum et pas parti socialiste, le parti de Jérôme Cahuzac, ministre chargé de traquer la fraude): Le géant suédois de l'ameublement Ikea a publié mercredi des résultats montrant son excellente santé.  Le bénéfice net a augmenté de 8,0% à 3,202 milliards d'euros. Le chiffre d'affaires est ressorti en hausse de 9,8% à 27,6 milliards d'euros sur la même période. C'est la plus forte croissance depuis l'exercice 2005-2006.

 La marque, née en Suède en 1943, a acquis une renommée mondiale en snobant la Bourse et les bénéfices, qui ne sont pas réinvestis, vont à la famille du fondateur Ingvar Kamprad. Celui-ci, à 86 ans, l'un des plus riches Européens, détient une fortune estimée entre 31 et 32 milliards d'euros par le magazine suisse Bilan. Mais tout ceci est peut-être aussi une connerie.

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